L'antre Noire

Un monde de passions et de ténèbres...
 
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 The dark side of the moon et la suite....

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Un humble sondage sur une humble fic par une humble auteur:
Je dois vraiment dire ce que je pense? C'EST NUL!
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Tu écris ça en allant aux toilettes? Parce que c'est là que devrais finir ton torchon!
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Bon, c'est pas trop mal....
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J'aime bien, y'a quelque chose.
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Je suis complétement accros!!
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Livia666
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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Mar 14 Juin - 17:19

chapitre 15: suite




La grande pendule de la salle à manger égrena douze coups. Ce fut le signal. Toutes les personnes réunies autours de la table se levèrent d’un même mouvement, s’embrassant, se serrant la main, riant au milieu des « Joyeux Noël » fusant de toutes parts. Severus ne savait plus où donner de la tête, emporté dans l’allégresse générale au milieu de la famille de son hôtesse au grand complet. Il finit par se retrouver dans les bras de Livia, des papillons dansant une farandole dans son estomac. Il se perdit dans son regard moussu, un même sourire étirant leurs lèvres avant de fusionner en un tendre baiser. Autours d’eux Célia applaudit à tout rompre en riant.
Puis les parents des deux filles revinrent de la cuisine, les bras chargés de paquets. Severus regarda doucement sa petite amie et lui tendit un paquet recouvert de papier pourpre.
-Joyeux Noël, mon amour ; chuchota t’il.
Livia ouvrit le papier cadeau d’une main fébrile, ayant elle-même remis son présent à son amant.
La jeune fille eut une exclamation joyeuse lorsqu’elle découvrit un bracelet en argent représentant un serpent taillé dans ses moindres détails dont les yeux s’ornaient d’une petite pierre rouge.
Severus découvrit avec plaisir une ravissante cape noire aux reflets argent et vert, s’agrafant par une sorte d’écusson gravé à ses initiales.
Le couple s’embrassa une seconde fois, plus heureux que jamais.




Livia observa le jeune homme qui dormait paisiblement contre elle. Il semblait tellement vulnérable ainsi, tellement innocent que la jeune fille esquissa un sourire attendrit. Il était si beau avec ses cheveux qui encadraient son visage comme deux fleuves d’ébène.
La lumière de la lune filtrant par la fenêtre éclairait doucement son visage calme.
-Je t’aime Severus Rogue ; murmura t’elle en l’embrassant légèrement sur les lèvres.
Prenant bien garde à ne pas le réveiller, Livia se coula sans un son hors du lit et ouvrit la fenêtre, la repoussant derrière elle et s’installant sur le rebord de brique.

Elle frissonna, resserrant sa robe de chambre autours de ses épaules. Le froid était vif malgré la clarté et la beauté de cette nuit de décembre.
Elle ressentait la rigueur hivernale de manière intense mais elle ne faisait rien pour s’y soustraire. Elle ressentait avec une sorte de fascination la morsure du vent sur sa peau nue.

-Si tu acceptais de t’abreuver, le froid ne t’atteindrait plus ; souffla une voix dans sa tête.
-Non ; chuchota Livia. Je ne veux pas avoir recours à ce moyen.
- C’est pourtant la seule chose qui te contentera, la seule qui pourra t’apaiser.
-Severus m’apaise.
-Il t’apaise mais te livre à Voldemort.
-Il n’avait pas le choix, répliqua posément Livia.
-Peut-être mais pense à ce Vampire qui croupi dans cet horrible lieu. Je te mets en garde, cet homme te détruira.
-Tant pis. Toi tu vivras, moi non. Tu es ma partie Immortelle, je suis Mortelle. Mais pour échapper à Tu-Sais-Qui, il faudrait que je m’éloigne de Severus et cela je ne le veux pour rien au monde. Je n’ai pas peur de mourir.
-Je le sais.
-Si je mourais, le protégerais-tu ?
-Si tu le souhaites. Je pense qu’oui.
-Est-ce que tu l’aimes toi aussi ?
-Bien sûr ! Tu es moi et je suis toi, ne l’oublie pas. Nous ne sommes qu’une et seul la mort peut nous dissocier. Je ne suis que ta part de ténèbres, le Vampire.



Livia leva les yeux vers le ciel, arrimant son regard à la lune en son dernier quartier, faisant sourire le ciel nocturne à la plus chère de ses enfants.



-Oui ; dit-elle, pensive. Un peu comme la face cachée de la lune.

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Mar 14 Juin - 17:20

Chapitre 16 : Une page se tourne :





Ce matin là, Livia se réveilla de très bonne heure. La tête encore emplie des images d’un rêve aussitôt oublié, elle regarda le velours des rideaux de son lit à baldaquins comme pour graver leurs ondulations familières dans son esprit. Elle écarta lentement les pans d’étoffe, sentant leur douce texture sur sa peau sensible.
Le ciel commençait à s’éclaircir, les étoiles palissant peu à peu pour céder leur place à l’astre du jour. D’un geste machinal, la jeune fille porta à sa bouche l’amphore en verre miniature qui ne la quittait jamais. Comme d’habitude, elle se leva et se faufila dans la salle de bain, s’habillant sans hâte, chaque geste s’orchestrant dans un ballet longuement répété.
Tout se déroulait suivant un scénario inlassablement réitéré depuis six ans.
Mais cette belle ordonnance n’était qu’une façade, la tristesse était bien là, l’atmosphère était imperceptiblement alourdie.
Revenant dans la chambre, les yeux clairs de Livia accrochèrent la forme sombre de sa malle. Close.
Une année s’achevait, une année comme toutes les autres sauf que…
Sirius, James, Remus et même le maladroit et pleurnichard Peter, tous allaient partir, partir sans retour.
Et puis il y avait Severus maintenant.
Severus et son mystère et sa façade de froideur.
Severus et sa douceur.
Severus et son amour.
Ils partaient tous… Tous… Sauf elle.



Severus serra dans sa paume le coffret de velours noir pour l’énième fois depuis son réveil.
Il ne voulait pas partir. Jamais Poudlard ne lui avait paru plus beau qu’en ce matin. Le dernier matin.
Son esprit vagabonda au grès de ses souvenirs, de sa mélancolie. Il se revit enfant, perdu dans cet immense château, terrifié. Mais un Rogue n’avait pas peur, un Rogue n’affichait pas ses émotions.
Il songea à la bande des Maraudeurs. A ces quatre garçons qu’il haïssait parce qu’ils étaient beaux, aimés de tous et par-dessus tout parce qu’ils étaient quatre amis inséparables.
Et puis il y avait eut Livia. La jolie Livia aux yeux pareils à un lagon vert, celle qui le détestait et le méprisait. Et puis sa vie avait soudain basculé. Pour elle… Par elle…



Sirius fixait le mur face au canapé d’un air amorphe, Ange pelotonnée contre lui. La Salle Commune était presque vide. Le matin commençait tout juste à poindre derrière les hautes fenêtres. Les deux jeunes gens ne disaient rien. Les mots étaient inutiles. Aucunes de leurs émotions n’étaient exprimables. Ils ne voulaient pas ce jour. Il le rejetait de tout leur être. Ils s’aimaient tendrement, sans grands serments ni pleurs et l’heure du départ était pour eux comme un poignard qui diviserait leur paisible entente. Ils avaient planifié leurs vacances, projetaient de se voir mais la déchirure était la même. Intense.




Remus, James et Peter achevaient de se préparer. Pour eux, pas de larmes, pas de cris mais un peu de nostalgie. Rien ne les atteignait. James avait décidé de se mettre en ménage avec Lily, voulant tous deux devenirs Aurors au ministère afin de traquer les Mangemorts et œuvrer pour la chute de Voldemort.
Peter, lui, n’avait rien à perdre. Il était le seul qui n’éprouvait aucun sentiment vis à vis de ce tournant dans sa vie. Il était un block de glace sous ces airs timides et gentils.
Remus était assit sur sa malle, près de la porte du dortoir, le visage fermé et songeur. C’était mieux pour lui de quitter le château cependant il avait vécu tant de bon moments ici, des moments inoubliables. Lui, le paria, le loup-garou avait eut les meilleurs amis qu’on puisse avoir. Des amis qui l’avaient soutenu lors de ses métamorphoses à chaque pleine lune allant jusqu’à devenir des animagus pour mieux l’aider. Seulement, aujourd’hui, il voulait partir pour oublier celle qui détenait son cœur. C’était sûrement mieux ainsi, se consolait-il.

Après tout, tout doit se finir un jour.




Une foule bruyante se pressait sur le quai étroit. Encore une fois, Livia se retrouva parmi le flot d’élèves en compagnie de Célia, James, Lily, Ange, Sirius, Peter et Remus comme si l’histoire prenait un malin plaisir à se répéter inlassablement.
La jeune fille tournait la tête en tout sens, cherchant Severus des yeux mais celui-ci n’était nulle part. Elle avait les larmes aux yeux, totalement désemparée. Elle voulait tellement profiter un peu encore de sa présence avant l’ultime instant de la séparation. Elle avait l’impression que son âme était noyée par la tristesse du moment quelle subissait. Tout ce temps passé à ses côtés, tous ces mois trop vite enfuis la brisait. Une horrible pensée tournoya dans son esprit.
« Il aurait mieux valu que tu ne le rencontre jamais. »
Sans vraiment comprendre comment elle était arrivée là, elle se retrouva dans un compartiment en compagnie de son groupe d’amis. Où était Severus ?
Livia renifla pitoyablement, sentant l’eau de ses pleurs glisser sur ces joues. Elle aurait tellement aimé être avec lui pour lui dire au revoir.
Mais étais-ce bien un au revoir et pas un adieu ?




Severus se colla contre la fenêtre de son compartiment. Vide. Aussi vide que lui. Il s’en voulait tellement de ne pas avoir été capable d’aller voir Livia depuis le matin. Il ne savait comment agir. C’était fini, Poudlard ne serait jamais plus son foyer mais elle… Livia… Son amour… Elle resterait encore un an en ce lieu. Un an sans elle. Un an à pleurer chaque seconde de son absence. Que resterait-il de leur couple lorsqu’elle finirait ses études ? Un petit souvenir d’une époque révolue ? Une grande déchirure que rien ni personne ne saurait refermer ?
Et puis l’oublis viendrait avec le temps… Beaucoup de temps, des années peut-être pour lui.
Non ! Il ne voulait pas le perdre. Pas maintenant. Jamais. Il voulait la sentir contre lui lorsqu’il s’éveillerait le matin, apprendre par cœur tous les petits défauts et les qualités qui forment une personnalité, l’aimer, veiller sur elle et se perdre encore et encore dans la verdure apaisante de son regard.



L’ambiance était sombre, triste. Les Maraudeurs ne soufflaient mots, trop accablés chacun à leur manière pour dire quoi que ce soit. Les couples se blottissaient étroitement contre leur partenaire. Livia, le front collé à la vitre se taisait, fixant le paysage ensoleillé. Si le ciel avait dû refléter son état d’esprit, un ouragan aurait déchiré le calme paisible de ce début d’après midi estival. Chaque bruit en provenance du couloir la faisait sursauter, ranimant en elle l’espoir de voir son amant paraître dans l’encadrement de la porte. Pourtant celle-ci demeurait close.
Un bref regard de la part d’Ange signifia à son amie qu’elle comprenait, qu’elle-même éprouvait cette angoisse, cette souffrance, bien qu’atténuée par les bras de Sirius autours d’elle. Mais combien de temps encore ces bras la serraient comme cela ?
Livia avait envie de hurler. Elle se sentait comme amputée d’une partie d’elle-même. Son cœur las saignait, déchiré, malmené et meurtrit.
Elle ne voulait pas le quitter, l’oublier ou pire, le remplacer. Elle allait devenir folle par amour.



Severus appuya son front sur la vitre froide. Il ne voulait pas la perdre. Mais qu’y pouvait-il ?
Tout à coup, un hiboux volant tant bien que mal parmi les remous d’air déplacés par le train, attira son attention. Le jeune homme ouvrit la fenêtre, laissant la voie libre à l’oiseau. Celui-ci alla se percher sur la banquette avec reconnaissance, tendant sa patte sur laquelle était fixée un parchemin. Intrigué, Severus le détacha de la patte de l’animal, le déroula et commença sa lecture.
« Cher Monsieur Rogue ;
J’ai l’honneur de vous informer que Luc Evane, professeur de Potions au Collège Poudlard, vient de prendre sa retraite.
Par conséquent, nous sommes actuellement en mesure de vous proposer ce poste. Vos appartements seront disponibles dès demain si vous acceptez.
En comptant sur une réponse positive de votre part.
Bien à vous.
Minerva Mcgonagal ;
Directrice adjointe. »


Severus étouffa un véritable rugissement de joie. Se saisissant d’une plume et d’un parchemin vierge, il inscrivit de sa plus belle écriture :
« Madame la directrice adjointe ;
J’accepte d’assumer le poste d’enseignant à Poudlard et arriverais là bas demain dans l’après-midi.
Respectueusement.
Severus Rogue. »
D’un geste fébrile, il attacha le parchemin à la patte du hiboux et ce dernier s’élança aussitôt par la fenêtre, emportant avec lui tous les espoirs du jeune Rogue.
Machinalement, sa main se porta à la poche du jeans qu’il arborait pour se fondre dans la masse des Moldus à la gare.



Le train finit par ralentir. Imperceptiblement d’abord puis de plus en plus jusqu’à son arrêt final en gare de King Cross. Quelques secondes plus tard, le groupe était sur le quai, pleurant, s’embrassant les uns, les autres, se jurant de se revoir. Livia se jeta dans les bras de Sirius, le serrant contre lui. Celui-ci l’embrassa doucement sur le front et lui chuchota :
-N’oublie pas ton Sirius, petite sœur.
-Jamais.
-Ne t’inquiète pas, on se reverra tous. Sèche tes larmes, ça ne te va pas.
-Oui ; dit Livia, déterminée, passant sa manche sur ses yeux.
Puis la jeune fille se tourna vers James et le serra dans ses bras à son tour puis elle fit de même avec Lily. Ensuite vint le tour de Remus. Les deux amis restèrent un moment à quelques pas l’un de l’autre, à se regarder avec mélancolie puis Livia vint se blottir contre le garçon, laissant le loup-garou la serrer contre lui à la briser, enfouir le visage dans ses cheveux et l’embrasser sur la joue avec plus de tendresse que jamais.
-Tu vas me manquer ; sanglota t’il.
-Toi aussi. Mais on se reverra.
-Tu as raison. Sois heureuse, d’accord ?
-Promis. Toi aussi, sois heureux.
Ils se séparèrent sur ces derniers mots. Enfin, il ne resta plus que Peter. Livia, s’avança vers lui et le serra à son tour contre elle.
-Toi aussi, Peter, tu vas me manquer ; avoua t’elle, le cœur lourd. Je ne te l’ai peut être pas beaucoup montré durant ses six années mais tu compte aussi pour moi. J’espère que tu réussiras à faire ta vie comme tu la souhaite. Tu es quelqu’un de très gentil et tu mérite tout le bonheur du monde.
-M… Merci… balbutia le garçon, peu habitué à ce qu’on lui montre son attachement.
Livia se sépara de lui et quelque chose dans le cœur du Maraudeur s’éteignit encore un peu plus, le mal étendait déjà son emprise dans son âme.
Finalement, chacun partit de son côté. Célia rejoignit sa mère et toutes deux allèrent attendre Livia dans la voiture, comprenant la déchirure qui l’habitait.
Cette dernière sentit les larmes inonder son visage mais elle ne fit rien pour les retenir. Elle était seule sur le quai désert. Enfouissant son visage dans ses mains, elle éclata en âpres sanglots de découragement. Une page de sa vie venait de se tourner irrémédiablement.

Brusquement, une main frôlant ses cheveux la fit se retourner dans un sursaut.

Il était là.

Severus Rogue.

Celui qu’elle aimait par-dessus tout.

Et il l’examinait avec douceur et passion.

-Désolé de m’être fait attendre ma princesse… murmura t’il avec un petit sourire en coin qu’elle ne lui connaissait pas.

Lentement, très lentement, le jeune homme plia un genou à terre, sortit de sa poche le petit coffret de velours noir, l’ouvrit et déclara d’une voix solennelle :

-Epouse-moi Livia.

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Mar 14 Juin - 17:20

Chapitre 17 : Le chant funèbre de la Terre :




~ trois ans plus tard, le 31 octobre 1990 ~



Severus se cala confortablement dans un fauteuil de son bureau avec un soupir d’aise. Le banquet d’Halloween venait de prendre fin et il n’avait plus qu’un seul souhait : être au lendemain pour rentrer au manoir familial où l’attendait sa femme et son tout jeune fils.
Cela faisait maintenant trois ans qu’il était devenu professeur de Potions à Poudlard. Livia et lui s’étaient mariés à la fin des études de la jeune fille, deux ans auparavant et un fils était né de cette union il y avait bientôt un an ; Eric Rogue.

Livia était devenue un Chasseur de Vampire réputé et le ministère faisait souvent appel à ses services, au grand dam de son mari. Pour l’heure la jeune femme se trouvait chez les Potter, ses deux vieux amis s’étant mariés la même année qu’elle et leur fils, Harry avait à peine un mois de plus que le sien.

Le petit Eric faisait la fierté du jeune couple. C’était un enfant fin, aux grands yeux noirs et aux cheveux très blonds, presque blancs. Sa naissance avait été un rayon de soleil même si un lourd fardeau reposait sur les épaules de ses parents. Lors de sa mort, l’enfant deviendrait inéluctablement un Vampire à moins que son corps soit entièrement réduit en cendres mais pour l’heure, Eric jouait avec Harry dans la chambre de ce dernier et les deux amis s’inventaient des histoires tout en riant ensemble.

Lily et James avaient invité Livia à fêter Halloween chez eux et avaient décoré toute leur maison suivant la tradition. La soirée était belle et étoilée, plutôt douce pour la saison et les trois adultes discutaient gaiement autours de la cheminée du salon, repus et agréablement somnolents.



Cependant, dans ce tableau presque idyllique, une ombre s’étendait, omniprésente, effrayante.
Lord Voldemort.
Le Mage Noir était alors au sommet de sa puissance, la terreur qu’il inspirait n’avait aucun nom et l’on murmurait partout qu’il cherchait les Potter, Aurors réputés qui avaient considérablement éclaircit les rangs des Mangemorts aux côtés de l’Ordre du Phénix et échappé par trois fois déjà au Seigneur ténébreux.
Mais les deux Aurors n’avaient aucune inquiétude. Ils avaient leur gardien du secret qui les protégeaient des recherches du Lord même si celui-ci s’étaient aventurés jusque dans leur jardin. Ils avaient une confiance aveugle en cet homme qui pouvait pourtant les tuer par un seul mot.




Severus se versa un verre de Brandy et se cala plus confortablement dans son fauteuil. Il avait vraiment hâte de rentrer chez lui. Il sirota l’alcool ambré du bout des lèvres, paisible.
Brusquement les flammes de sa cheminée prirent une teinte émeraude et se mirent à ronfler furieusement lorsque Lucius Malefoy apparut dans l’âtre.
-Severus, comment vas-tu ? dit il d’une voix doucereuse.
Le brun le salua d’un signe de tête un peu sec.
-Que me vaut l’honneur de ta visite ?
Le visiteur s’avança vers son hôte en époussetant les revers de sa longue cape vert sombre.
-Je suis venu te chercher, le Maître à enfin découvert où ces vermines de Potter se cachent.

Le maître des potions blêmit soudainement. Livia lui avait dit qu’elle passait la soirée chez eux.

-Severus ! Allons-y ! ordonna le Mangemort.
-Mais… Comment le sait-il ? Comment à t’il pu connaître l’endroit où ils habitent ?
Lucius eut un ricanement méprisant.
-Leur gardien du secret vient de les trahir…Allons, le Maître nous réclame, l’attaque est pour bientôt.
Severus dissimula un long frisson et entra dans la cheminée à la suite du blond et tous deux disparurent dans un tourbillon de flammes vertes.




-Alors finalement tu as choisi Peter comme gardien du secret ? Tu as eut raison je pense. Tu-Sais-Qui n’imaginera jamais que c’est lui ; affirma doucement Livia.
-Je l’espère, Livia. Je veux que mon fils grandisse en sécurité. J’aimerais tant que cet homme disparaisse. Cette guerre incessante me pèse de plus en plus. De nombreuses personnes sont mortes dans les rangs de l’Ordre ; murmura Lily, posant son regard triste sur les photos de son fils encadrées sur les murs.
-Severus dit que Tu-Sais-Qui a torturé les Londubat jusqu’à leur faire perdre toute trace de raison. Ils sont à Sainte Mangouste. Leur fils à été prit en charge par la mère d’Alice. Pauvre enfant, il a à peine l’âge d’Eric et d’Harry… Je suis toujours si inquiète pour Severus lorsque le Lord Noir l’appelle à lui, j’ai tellement peur qu’il le torture ou le tue…
-Et toi ? Tu prends aussi des risques considérables en jouant sur ce terrain glissant. Il suffirait que Voldemort découvre notre amitié et tu périrais aussitôt.
Livia grimaça à l’entente de ce nom qui l’effrayait.
-Je suis consciente des risques Lily. Pour le moment j’ai réussi à ne jamais tuer pour lui mais j’ignore quand il me demandera de faire mes preuves. Je sens qu’il se doute de quelque chose et lui offrir mon sang le rend, malgré moi, plus fort. Il sera bientôt Immortel, ce n’est plus qu’une question de temps avant que l’alchimie ne soit totale.
Lily regarda son amie avec tristesse et murmura :
-Que le ciel nous préserve de ce jour…



La sombre masse des Mangemorts s’étendait sur la campagne, avançant inéluctablement vers leur but. Voldemort marchait en tête, ses yeux de sang braqués sur son objectif : une petite maison comme les autres, en bordure d’un joli village campagnard et d’un petit bois. Les lumières de la bâtisse scintillaient doucement dans la quiétude de la soirée. Ombre parmi les ombres, Severus sentit son cœur se serrer. Sa femme était en danger, il devait faire quelque chose. Mais quoi ?
Tout à coup la noire silhouette de Voldemort s’arrêta, imprimant son mouvement à ses serviteurs silencieux. Lentement, il se tourna et ses yeux accrochèrent ceux du jeune professeur dont le visage, comme celui de ses compagnons était dissimulé par un masque blanc de tragédie.
-Viens à moi… siffla la voix du Lord.
Obéissant, Severus approcha mais à peine était-il arrivé à la hauteur de Voldemort que celui-ci pointa sa baguette sur lui et lui jeta le sort impardonnable de doloris, créant dans le corps de l’homme la pire douleur de son existence.
Severus s’effondra à genoux en hurlant, le supplice intense traversant chacun des atomes de son être d’un éclair de douleur fulgurante, du métal en fusion sembla couler dans ses veines pour mieux le brûler de l’intérieur. Il roula sur le flanc, hurlant, agité de terribles convulsions tandis que le cercle des Mangemorts se resserrait autours de lui. Lorsque le sort cessa à ce qu’il lui parut une éternité, Severus gémit faiblement :
-Pourquoi…
Le Mage éclata d’un rire terrible, le rire d’un dément.
-Parce que tu es un traître… Tu vas mourir Severus mais avant tu vas connaître l’enfer. Je vais tuer ta misérable compagne et ton bâtard de fils, puis je te laisserais à ton désespoir avant de t’achever lentement.
Sur un geste de la main de leur mentor, deux silhouettes encagoulées agripèrent Severus par les bras et, d’un mouvement de leur baguette le lièrent à un arbre de manière à ce qu’il ne puisse pas détourner la tête de la petite maison en contrebas de la colline.




James revint à pas de loup dans le salon où devisaient les deux femmes.
-Je viens de coucher nos deux petits monstres. Ils dormaient déjà sur le tapis.
Livia sourit avec attendrissement puis rit doucement :
-Tu es un parfait papa poule, James ! Qui aurait crut ça de toi à l’époque où nous étions au collège ?
-Et oui, certaines choses changent, que veux-tu ; répliqua t’il en entourant sa jeune épouse de ses bras et s’asseyant près d’elle.


Livia allait répondre quand soudain quelque chose en elle se glaça. Nerveuse, elle se leva et tourna la tête de tous côtés.

-Qu’y a t’il ? s’inquiétèrent en cœur ses deux amis.
-Je ne sais pas, j’ai un très mauvais pressentiment. Quelque chose arrive, quelque chose qui…
Mais elle ne put finir sa phrase, la porte d’entrée explosa dans un souffle dévastateur.
Se précipitant dans le hall, les trois adultes découvrirent avec horreur la forme plus noire que la nuit elle-même.
Lord Voldemort était là.

Les maisons du village s’embrasaient une par une, dans un gigantesque incendie déclenché par les Mangemort surexcités.

-Bonsoir à vous Monsieur et Madame Potter ainsi que toi, Livia… souffla le Lord de sa voix menaçante.

Les trois Sorciers brandirent aussitôt leurs baguettes, près à se défendre.
-Lily ! cria James. Prends Harry et Eric ! Sauve toi ! Je vais le retenir. Fuyez toutes les deux !
Livia, apercevant le feu qui commençait à envahir le hall, émit un cri de détresse, son âme de Vampire la suppliant de fuir au plus vite. Cependant, elle se rua à l’étage, pendant que Lily et James repoussaient bravement Voldemort hors de la maison. La pelouse et les massifs de fleurs s’embrasèrent sous l’effet des sortilèges fusant de toutes parts.
Livia entra en suffoquant dans la chambre des deux enfants, qui criaient, réveillés par la lutte et les cris des suppliciés montant du village. Les saisissant dans ses bras, la jeune femme dévala l’escalier déjà dévoré par les flammes insatiables. L’air était chargé de fumée et de braises incandescentes. Elle déposa les deux enfants dans le jardin et soudain elle aperçut derrière elle le corps sans vie de James que le feu dévorait déjà.

Avec un hurlement de désespoir, elle se rua vers l’intérieur de la maison, tentant dans un geste de folie dérisoire d’extirper le corps inerte de son ami. Une poutre de bois s’effondra derrière elle, lui barrant le passage.

Dehors, Lily se battait contre le mage Sombre, contrant ses attaques mais son attention fut soudain détournée par son fils qui avançait maladroitement vers elle en pleurant. Comme au ralentit, la baguette de son ennemi se leva et le jet de lumière verte fusa droit vers le petit Harry mais il n’atteignit jamais son but car sa mère venait de se jeter entre le sort mortel et le fruit de sa chair, s’effondrant sur le côté, morte avant d’avoir touché le sol.
A travers la vitre brisée par la chaleur du brasier, Livia vit le Mage Noir pointer son arme de mort sur les deux enfants qui pleuraient.
-Nooooooooooooooooooon ! ! ! hurla t’elle.

Elle vit les lèvres de l’homme bouger alors qu’il prononçait la formule, l’éclair de lumière jaillir de la baguette et frapper son fils, puis se diriger droit sur Harry, à genoux derrière lui.
Dans un effort surhumain, elle s’arracha aux flammes qui l’environnaient, plongeant par le carreau brisé et courant éperdument vers les deux bébés.
Tout à coup, le temps sembla se figer, le sort était immobile, suspendu en l’air. Voldemort lui-même était comme pétrifié. La Sorcière se plaça entre le sort et Harry. Elle l’avait fait, elle avait réussit à atteindre la vitesse de mouvement d’un Vampire. Mais le sortilège avançait toujours vers sa cible première même à une vitesse infinitésimale. Alors la jeune femme étendit ses bras en croix vers le ciel et cria :
-Terra mea. Terra tua.
Le temps reprit instantanément son cours normal et le sort mortel la traversa de part en part mais lorsqu’il atteignit Harry, il ricocha et fusa de nouveau sur Livia qui concentra tous ces pouvoirs et les mêla à l’éclair, signant sa mort par ce sacrifice.
S’effondrant à genoux, la vue brouillée, le corps déchiqueté et chaque os de son corps brisé, elle entendit à peine le hurlement démoniaque poussé par Voldemort, atteint par le sortilège et distingua comme au travers d’un épais brouillard le corps disloqué du plus terrible des Sorciers dont le sang presque noir souillait la terre roussie par le combat qu’elle avait accueilli.
La jeune Vampire se sentit glisser au sol, les yeux levés vers les étoiles. Qu’elles étaient belles… Elle ne ressentait plus aucune douleur, c’était si doux. Plus aucun son lui parvenait au travers du brouillard qui obscurcissait ses deux joyaux verts.

C’était donc cela mourir ? Ce n’était pas trop désagréable…

Brusquement quelqu’un la secoua, l’arrachant de cet état d’hébétement et de plénitude. Elle émit un petit gémissement de protestation et entrouvrit ses yeux qu’elle avait clos. Là, juste devant elle se tenait le visage baigné de larmes de Severus, auréolé par l’incendie qui les entouraient.
-Pardonne moi ; voulut-elle dire mais les mots se perdirent entre sa gorge et ses lèvres.
-Livia… Reste avec moi… Ne meurt pas… supplia son amant dont les larmes inondaient son visage.
-Laisse-moi partir Severus… chuinta t’elle faiblement.
-Non ! NON !
-Il est temps mon amour… C’est une belle nuit…
-Je t’en prie…Je t’en supplie, ne me laisse pas ! J’ai besoin de toi ! Je t’aime ! s’étrangla Severus, serrant plus fort encore le corps brisé de son amante contre sa poitrine.
-Tu vivras longtemps. N’oublis pas ta promesse de détruire le corps de… notre fils… Il ne doit pas renaître en temps que Vampire…
-Je ne peux pas ! Je ne peux pas ! Ne meurt pas ! Je vais te soigner ! Tu vivras ! sanglota l’homme.
-Non, laisse moi aller… Promet, je t’en prie…
-Tout ce que tu voudras mais reste…
Livia semblait avoir de plus en plus de difficulté à maintenir ensembles les particules qui composaient son corps. Elle gémit doucement, plaintivement.
-Pro…promet que tu veilleras sur… Har…ry…
Severus jeta un œil sur l’enfant qui pleurait au milieu du carnage, près du corps de son propre fils. Etais-ce juste que ce soit lui qui soit en vie alors que lui perdait tout ce qui lui était cher ? Une haine véritable naquit en lui pour l’héritier des Potter mais il murmura tout de même.
-Je te le promets…
Livia laissa retomber sa tête avec un soupir las et ferma les yeux.
-Je… t’aime… Severus…
Une légère brise vint soudain caresser le corps sanglant de la jeune femme et elle se dispersa dans la nuit en un millier de particules lumineuses qui s’envolèrent comme une brume scintillante vers les étoiles lointaines qui brillaient plus fort que jamais comme pour accueillir en leur sein la plus belle de leurs enfants.


Ivan eut un rictus cruel et, se métamorphosant, disparut dans la nuit.


Severus resta prostré à terre, ivre de chagrin et de souffrance, plus mort que vivant, son cœur venant de s’éteindre en même temps que disparaissait à jamais celle qu’il avait connue et aimé.

Il était seul au milieu du brasier qui semblait s’étendre au monde entier, seul avec son indicible tourment, seul au milieu du chant funèbre de la terre qui pleurait la mort de l’enfant des ténèbres amoureuse de la lumière ; la douce Livia.




°°¤°°FIN°°¤°°

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Mar 14 Juin - 17:26

et voilà, le tome 1 est fini!! Maintenant je vous livre mon tit tome 2 d'amouuuuuuuuuuuur: "la toile des songes"!!!
Celui-ci se passe du temps de Harry et lors de sa 6eme année. désolée si le temps de parution des chapitres est longs mais je ne l'ai pas encore fini alors bonne lecture!!


Préface :

« La haine. La haine et la douleur sont les deux sentiments qui s’imposent à mon esprit.
Ceux de jadis vont s’éteindre, cela a déjà commencé.
A l’aube des grands bouleversements, il est temps pour moi de sortir de mon long sommeil.
Au cœur de la guerre, je renais de mes cendres afin d’achever mon œuvre et détruire celui qui m’a terrassé.
Tant que palpitera mon cœur, par delà les âges, je suivrais sa trace et l’un de nous devra succomber.
Le combat entre Immortels va bientôt commencer… »

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Mar 14 Juin - 17:26

Chapitre 1 : Les braises sous la cendre :






-LIVIA !
L’homme ouvrit brutalement les yeux, de la sueur coulant sur son front moite. Sa main tâtonna fébrilement sur le lit deux places mais il ne rencontra que le vide et la fraîcheur des draps.
Comme toujours.
Saisissant sa baguette, il alluma les torches fixées au mur de sa chambre. Puis, reposant l’objet, il se mit sur son séant, appuyant ses longs doigts blafards sur ses tempes fiévreuses.
Cela faisait quinze ans qu’il faisait des cauchemars, depuis quinze ans il espérait que sa main rencontre la forme jadis familière de sa femme endormie, signant par ce contact la fin de l’horreur. Malheureusement, jamais cela ne s’était produit.
Jamais.
Sa vie continuait malgré tout. Malgré l’indicible souffrance qui irradiait son corps, malgré la solitude et la peur.
Severus Rogue se reprit à songer à son rêve de cette nuit. Etrangement, celui-ci n’était pas comme les autres.



Il marchait péniblement dans une profonde forêt, n’écartant qu’à grande peine les ronces et les fourrés touffus qui gênaient sa progression. La lune était pleine mais elle l’éclairait à peine à cause de la hauteur des arbres, c’était à peine s’il voyait où il posait les pieds. Tout à coup, une éclaircie lui dévoila une forme spectrale, se mouvant sans difficultés au travers des taillis.
Son cœur fit une brusque embardée. C’était son fils qui avançait là, son petit corps d’enfant rendu presque translucide par la lumière lunaire. Le fantôme de son enfant.
-Attends-moi ! cria t’il tendit que l’apparition s’éloignait déjà au travers de la forêt.
Se dépêtrant difficilement du roncier qui l’entravait, il se mit à courir derrière le petit Eric dont le rire spectral tintait doucement dans ses oreilles.
Trébuchant, tombant mais se relevant toujours, Severus le suivit le plus vite qu’il pouvait, s’égratignant, se meurtrissant les bras et les genoux néanmoins il n’abandonnait pas.
Il finit par débarquer au cœur d’une clairière. Là, son fils le regarda un instant avec un sourire enfantin puis son corps se dispersa en une douce brume argentée qui effleura la joue humide de larmes de son père.
Severus passa sa manche sur ses yeux.
Il se trouvait maintenant dans une sorte de crypte, à l’entrée d’une pièce circulaire assez vaste sans vraiment savoir comment il était parvenu en ce lieu.
L’endroit était un modèle d’architecture. Le sol était revêtu de dalles taillées dans une pierre étrange, noire avec de légers reflets carmins. Des colonnes de marbre blanc veiné d’argent suivaient la courbure des murs des même matériaux que le sol.
Les piliers de marbre se rejoignaient au sommet de la voûte cumulant à plus de 6 mètres au-dessus de la tête de Severus, figurant les racines d’un arbre gigantesque. Seule une ouverture avait été pratiquée au centre de la voûte de manière à ce que la lumière nocturne tomba au cœur de la pièce.
En ce point, le sol se surélevait peu à peu à l’aide de trois marches de pierre noire et sur lesquelles reposait un sarcophage de façon identique aux colonnes.
Severus s’avança, son pas raisonnant en échos derrière lui. Il gravit les quelques marches menant au tombeau. Il frôla subtilement le couvercle ouvragé qui s’ornait de l’image statufiée d’une femme d’une grande beauté, représentée endormie, les mains croisées sur sa poitrine.
Il était tombé en arrêt devant cette statue d’un marbre d’une extrême finesse, aussi doux qu’une peau humaine. La belle dormeuse semblait réelle, des cils fins avaient même été taillés, chaque infime détail comme les ondulations de la chevelure éparse ou les légers plis de sa peau.
Peu à peu, le disque plein de la lune était apparut dans l’ouverture ménagée dans le toit jusqu’à y apparaître entièrement, illuminant à cet instant toute la salle.
Aussitôt, les filins d’argent incrustés dans le marbre se mirent à étinceler, une vive lumière blanche jaillit de la statue comme une source montant vers la lune.
Severus tomba à la renverse, le choc sourd de son corps sur la pierre glaciale le réveillant en sursaut.



Ce rêve avait une signification, il le sentait, mais laquelle ?
Il repoussa avec colère les couvertures et s’habilla. Il était stupide d’accorder tant d’importance à un simple songe.



****



La créature cligna des paupières, éblouie par la lune au-dessus d’elle. Ses yeux mirent longtemps à s’habituer à voir de nouveau. Une brise paisible caressait son corps étendu. Des fourmillements couraient dans son corps à la peau parcheminée. Le réseau de ses veines s’était resserré, le sang l’ayant déserté depuis bien longtemps.
Elle n’était plus que l’ombre d’elle-même, hideuse avec ses yeux qui semblaient deux globes perdus dans le cratère de ses orbites.
Une faim terrible l’animait, la rongeant comme un poison.
-Enfin… Tu renais enfin… murmura une voix masculine près du sarcophage.
La créature s’agita péniblement.
Soudain, ses sens exacerbés perçurent l’odeur du sang. Une goutte carmine s’écrasa sur ses lèvres craquelées, suivit d’une autre, puis d’une autre.
Tout un fleuve.
Elle ouvrit une bouche avide, plantant ses canines démesurées dans la chair d’un poignet palpitant. Dieu ! Que c’était délicieux. Des images floues tournoyaient dans son esprit, les souvenirs de l’autre créature qui l’abreuvait de ce liquide merveilleux. Elle sentait la vie ranimer son corps mort, irriguer ses cellules desséchées. Un sentiment de plénitude l’envahit brusquement, lui faisant quitter le sol, s’élever vers la voûte de son tombeau, vers la lune douce dont la lumière la caressait comme une main aimante.
« Mon enfant. » Semblait murmurer le vent dans les feuilles des arbres. La nature entière s’animait, la berçant de sa voix de velours, poignante et belle, tandis que battait le cœur de l’Autre, infatigable, délicieusement présent contre le sien.
Le temps s’étirait infiniment, tissant dans les airs une toile cristalline. Toutes les voix du monde montaient à ses oreilles, l’étourdissant. La douleur, la peur, plus rien n’existait.

Brusquement, le poignet quitta ses lèvres redevenues douces et la créature soupira, mi de bonheur, mi de regret et ouvrit doucement les yeux, plongeant sans préavis dans deux lacs d’améthyste.
-Ma reine, mon amour… chuchota la voix de l’autre créature, dure et douce à la fois, effrayante et apaisante.
Une main à la blancheur de la craie caressa sa joue.
-Qui suis-je ? Qui es-tu ? Demanda la femme du tombeau.
-Tu te nomme Ombeline. Tu es ma compagne. Je m’appelle Ivan et nous sommes des Vampires. Je t’ai créé.
Ivan la détailla avidement. Des cheveux d’ébène mi-longs, une peau d’une blancheur telle qu’elle reflétait la lumière, un corps fin et délié comme une liane souple et des yeux magnifiques, à l’éclatante teinte émeraude.

Il avait réussit.

-Je veux encore du sang ! exigea Ombeline.
-Tu en auras, ma beauté, plus que tes veines pourront en contenir mais le jour va se lever. Nous allons dormir ensemble, ici, dans ton tombeau.
-Je ne me souviens de rien avant cette nuit.
- C’est parce qu’il n’y a rien à se souvenir. Ne pense pas.

Ivan se glissa dans le sarcophage, refermant le couvercle sur eux, plaqué sur le corps glacé de sa belle Immortelle. Ses lèvres prirent brièvement possession de la bouche de miel de sa compagne avant que tous deux ne sombrent dans leur lourd sommeil diurne.



****



Harry ferma les yeux, regroupant ses genoux entre ses bras. Assit sur le rebord de la fenêtre de la petite chambre de Privet Drive, il observait le soleil se lever avec mélancolie. Les nuages se tintaient de pourpre et d’or, éclaboussant de leur lumière les façades des maisons. Observer le ciel demeurait son seul réconfort depuis qu’il avait tout perdu.
Sirius était mort.
Mort.
C’était étrange comme ce simple mot pouvait plonger un être dans le pire désarroi. Sirius était tout pour lui. Sa famille, un ami, un frère, quelqu’un à qui se raccrocher. Et pourtant, comme ses parents avant lui, il était partit à jamais. D’abord, il n’avait pu y croire, c’était inconcevable puis il avait fini par comprendre même s’il ne se résignait pas encore.
Le jeune garçon leva la tête vers la forme pâlissante de la lune et murmura dans un souffle.
-Et toi Sirius, est-ce que tu me regarde ? Je n’ai rien pour me raccrocher à ton souvenir, pas même une tombe.
Pourquoi allait-il que toutes les personnes qui lui étaient les plus chères finissent par souffrir ou même mourir pour lui ? Pourquoi fallait-il que Voldemort se soit intéressé à lui plutôt qu’à l’autre garçon de la prophétie ?
De nouveau Harry soupira. Au moins il n’avait pas trop mal dormi pour la première fois depuis un mois. Le rêve qu’il avait fait était juste un peu bizarre mais comment en serait-il autrement lorsqu’on est un Sorcier et que l’on est Celui Qui A Survécu ?
Plus il essayait de repenser à son rêve, plus celui-ci lui filait entre les doigts. Il se souvenait juste qu’il y avait Rogue, à son grand étonnement. Rêver de Rogue ? Beurk ! Et aussi du regard d’une femme, un regard d’un vert intense. Sa mère, pensait-il.
Harry s’arracha à la contemplation du ciel et se leva en entendant son cousin Dudley dévaler l’escalier avec la force d’un rhinocéros. Si seulement il pouvait être avec ses amis, à Poudlard ou ailleurs mais partout sauf ici, chez son oncle et sa tante qu’il abhorrait.
D’ailleurs il restait en permanence dans sa chambre, ne descendant que pour manger s’il y pensait. Hedwige, sa chouette postale, lui apportait son courrier dans sa chambre. Il s’était de nouveau abonné à la Gazette du Sorcier car depuis que Voldemort était de retour il espérait pouvoir se tenir au courant des faits majeurs qui secouaient le monde sorcier. La semaine dernière, il y avait eu trois agressions de Moldus à Londres.
Perdu dans ses pensées, Harry ne vit pas sa chouette s’engouffrer par la fenêtre et déposer une enveloppe parcheminée sur son bureau. Il ne la remarqua que lorsque Hedwige vint se poser sur son épaule. Caressant sa chouette, il ouvrit la lettre et reconnu avec plaisir l’écriture de Remus Lupin avec lequel il correspondait depuis le début des vacances.

« Cher Harry ;
Tout d’abord comment vas-tu ? Ici nous sommes débordés pour empêcher les Mangemorts de faire trop de victimes. J’espère que tes cauchemars ont cessé. Au fait, j’ai une nouvelle qui va sûrement te décevoir. Tu ne pourras pas aller ailleurs que chez ton oncle et ta tante cette année comme tu m’en posais la question dans ta dernière lettre. Je suis vraiment désolé pour toi mais tu n’es pas en sécurité ailleurs que dans cette maison. Je répète mon avertissement, ne la quitte sous aucun prétexte. Je comprends que cela doive être dur pour toi cependant nous ne voulons prendre aucun risque.
Avec toute mon amitié ;
Remus.
PS : fait toujours attention au contenu de tes lettres, si le courrier était intercepté, cela serait une catastrophe ! »

Harry replia la lettre. Il était de mauvaise humeur. Comme toujours, c’était les autres qui prenaient des risques pendant que lui restai de côté. Si seulement il avait pu aller se battre aux côtés de l’Ordre du Phénix. Lui aussi voulait protéger ceux qui lui étaient cher. Malheureusement, jamais personne ne voulait qu’il risque quoi que ce soit. Lui aussi voulait se défendre au lieu de se terrer lâchement dans son trou comme un rat.

La lettre avait définitivement chassé son rêve mais si Harry en avait eut conscience, il aurait tout fait pour s’en souvenir.



****



La femme courut à perdre haleine, bondissant par-dessus les fourrés et les haies. Derrière elle, la forme lointaine de sa maison s’éloignait déjà. Elle s’arrêta un instant pour souffler, serrant sa baguette dans son poing. Il fallait qu’elle arrive au village, qu’elle prenne un Portoloin et qu’elle file à Londres.
Depuis quinze ans qu’elle avait disparu du monde Sorcier, elle devait y retourner, au plus vite. Elle le savait. Elle devait trouver quelqu’un, Remus Lupin, Albus Dumbledore, Severus Rogue même. N’importe qui. Elle ignorait s’ils étaient encore en vie mais elle devait les trouver, quel que soit le moyen.
Elle regarda autours d’elle. Des champs s’étendaient à l’infini et elle estima qu’il lui restait près de deux kilomètres à parcourir. Elle ne pouvait transplaner au village où elle se rendait. C’était plein de Moldus partout et seul un petit pub enclavé dans une ruelle discrète était un point de ralliement pour les Sorciers.

Elle ne s’y était rendu que très rarement, fuyant le plus possible les contacts avec ses semblables depuis la Catastrophe.

Néanmoins elle devait cesser de fuir le passé. L’heure était venue d’affronter le passé.


Les braises sous la cendre seraient bientôt ranimées.

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Mar 14 Juin - 17:27

Chapitre 2 : Pour une âme :

Le pub du village de Wedming était un endroit miteux, fréquenté par d’étranges personnages vêtus de capes, s’exprimant étrangement. Les habitants de la région l’évitaient avec soin, dérangés par l’ambiance glauque qui régnait en ces murs. L’endroit n’inspirait aucune confiance. La lourde porte de chêne grinçant entourée d’une arche de vieilles pierres grises s’ouvrait sur une vaste salle sombre dont la monotonie des murs n’était coupée seulement par quelques candélabres qui diffusaient une lumière malsaine, jaune et mouvante, créant des ombres démesurées à chaque chose, même la plus anodine. Ce jour là, une jeune femme solitaire était assise dans un coin reculé, absorbée par la contemplation de son verre où tournoyait une liqueur verte pâle. Ses cheveux havane lui tombaient devant les yeux, frôlant la table poisseuse. Un pli d’inquiétude barrait son front, creusant un fin sillon dans un visage marqué par la souffrance. Elle avait été belle autrefois mais sa peau striée de cicatrices, même discrètes, rebutait. On aurait dit qu’elle avait été griffée sur chaque centimètre de chair, imprimant une marque plus claire et lisse que le reste de la peau. Elle portait une longue cape de simple façon, d’un bleu presque noir, un peu élimée vers le bas. Personne ne semblait la voir.

-Ange ! Ca alors ! Tu cesses enfin de te terrer dans ton maquis ?

La femme releva lentement la tête.

-Elwin… murmurât-elle avec un petit signe de tête.

-Ca faisait un bail qu’on ne t’avait pas vu ! continua un homme d’environ trente ans, solidement bâtit, aux yeux rouge sang, avec des cheveux coiffées en pics tirant sur un beau pourpre et dont la peau pâle s’ornait d’une croix noire renversée sur la joue droite.

Ange reporta son attention sur son verre, ignorant la remarque de son compagnon. Elle ne reparla que lorsque le bruit d’une chaise qu’on tire pour s’asseoir la tira de ses pensées nébuleuses.

- Qu’est ce que tu me veux ?

-Rien, juste causer un peu.

-Je ne veux pas te parler, laisse-moi tranquille. Ne te conduis pas comme avec une amie, j’ai cessé de l’être il y a six ans.

-Je me suis dit que tu pourrais avoir besoin de moi… répondit Elwin, stoïque malgré le ton cassant de la femme.

-Tu ne peux rien pour moi. Va-t’en !

-Vraiment ? Tu n’as même pas besoin d’un Portoloin pour Prés-au-Lard ? Ou même Londres ? Au 12, square Grimault plus précisément. Peut-être y retrouveras-tu ce passé que tu veux fuir sans jamais y parvenir pourtant.

Ange le dévisagea, soutenant le regard sanglant de son interlocuteur. Elle détestait lorsqu’il lisait en elle et encore plus lorsqu’il exprimait tout haut ce qu’elle refusait de s’avouer à elle-même.

-Tu veux revoir ton Sirius, pas vrai ? Tu sais qu’il s’est évadé d’Azkaban. Tu y pense tout le temps, sans vouloir te l’avouer. Tu veux savoir la vérité. Qui a vraiment trahi les Potter, qui a tué Livia ?

-Assez ! Tais-toi ! Ne parle pas de lui ! s’emporta Ange en collant ses mains sur ses oreilles, refusant d’en entendre d’avantage.

Elwin se tut, fixant la Sorcière d’un regard énigmatique. Celle-ci finit par chuchoter :

-Tu aurais ce Portoloin ?

L’homme sourit et tira de sa poche un vieux ticket de métro.

-Il se déclenchera à quinze heures précises.

Puis il se leva et s’en alla sans même un regard en arrière, masquant un air de profonde jubilation.



***



Lorsque le soleil disparut derrière les montagnes, Ivan fit coulisser le couvercle du sarcophage. Ombeline n’avait pas encore émergé de son sommeil de Vampire. Lui se levait toujours très tôt, parfois même lorsque le soleil n’avait pas encore totalement déserté les cieux. Ses pas résonnèrent sur le sol, bientôt suivit par un second bruit de pas. Ivan laissa sa compagne entourer sa taille de ses bras et appliquer sa bouche sur sa jugulaire.

- J’ai soif.

-Alors il te faudra me suivre ma démone. Utilise tes pouvoirs et métamorphose toi. Suis-moi.

Ombeline obéit docilement à l’injonction de son créateur et pris la forme d’une chauve-souris au pelage fauve. Ivan fit de même et tous deux s’élancèrent vers la ville la plus proche. Ivan et Ombeline reprirent forme humaine dans une rue déserte de Londres. Sur une poubelle, un chat tigré borgne les observait en feulant avec colère. Ivan eut un petit rire en attrapant l’animal par la peau du cou.

-Tes transformations sont de plus en plus misérables mon pauvre Elwin. Tu régresses ?

Sitôt eut-il prononcé ces mots, que le félin coléreux céda sa place au bel homme du pub de Wedming dont Ivan tenait toujours la nuque entre ses doigts puissants.

-Moins que toi, Ivan, maudit bâtard ! Cela fait trois heures que je t’attends.

-Navré, mon cher, de n’être qu’un simple Vampire, tout le monde n’a pas « l’immense privilège » d’être un démon. Je ne peux pas me téléporter, moi. Et puis je suis venu accompagné… répliqua le vampire en désignant Ombeline d’un gracieux geste de la main.

-Oh, mais tu ne m’as pas présenté cette délicieuse enfant…

-Elle s’appelle Ombeline et elle…

-Est parfaitement capable de se présenter seule ; intervint la femme. Bonsoir monsieur le démon.

-Bonsoir. Appelez-moi plutôt Elwin, je préfère cela.

Ivan, dont la main tenait toujours le cou de son ami lui lança une œillade entendue. Ce signe discret avait sans doute une signification pour le démon car il esquissa un rictus. Il se détacha finalement de l’emprise du Vampire et fit quelques pas dans la rue.

-Alors ? Pourquoi m’attendais-tu ? s’enquit tout à coup Ivan, comme assailli soudain par une impression désagréable.

-Elle est sortie de son monde. Elle va essayer de rejoindre les derniers survivants. Elle est la seule à avoir interprété le premier signe et elle va tenter de retrouver celle qui a succombé.

-Débrouille-toi pour l’arrêter.

-Elle n’a plus foi en moi, Ivan. Elle est déjà en chemin.

Ivan paraissait contrarié. Il fronça les sourcils tout en faisant les cent pas sous le regard désintéressé et de plus en plus affamé d’Ombeline. Cette dernière finit par s’éloigner vers des rues plus fréquentées, poussée par la faim, laissant les deux antagonistes se disputer.

-Fais appel à tes pouvoirs ! Elle ne doit pas retourner dans cette maudite école. A aucun prix ! rugit Ivan.

-Non. C’est trop tard. Je n’ai pas le pouvoir d’influer sur les prophéties et j’ai assez joué dans les méandres des destins. La machine est en marche et ce, que tu le veuilles ou non. Son compagnon poussa un véritable rugissement de colère et de frustration.

-MAIS TU CONTROLES LES AMES ! TU PEUX LUI FAIRE OUBLIER ! TU L’AS DEJA FAIT !

Tout à coup, Elwin saisit le Vampire à la gorge, le soulevant de terre. Une rage sourde rendait sa voix pareille à un grognement rauque.

- J’ai payé assez cher cet acte de folie. Je n’avais pas mesuré le risque et cela est la cause de ma déchéance. Cette fille t’a rendu fou, Ivan, depuis la première nuit. Elle t’a changé, elle t’a fait oublier qui tu étais, ce que tu étais. Elle t’a fait oublier ce que JE suis. Et pourtant regarde tout ce que tu as obtenu : elle ne sait même plus son propre nom ! Elle est vide ! Tu lui as enlevé son âme et j’ai été assez sot pour t’y aider par amour de toi. Maintenant que le destin est sur le point de récupérer ses droits, tu es impuissant et tu as horreur de ça. L’histoire va se répéter encore et encore car l’âme que tu as relâchée dans la nature va chercher à rejoindre son corps. Par tous les moyens…

Lâchant Ivan, Elwin laissa échapper un murmure triste :

-Dans ta folie, n’oublie pas que je suis toujours près de toi. N’oublie pas… nous deux…

Puis il soupira doucement, presque imperceptiblement et disparut dans une légère détonation après un dernier regard vers le Vampire.





Non loin de là, Ombeline savourait l’animation nocturne de la capitale. Elle marchait paisiblement le long des façades de maisons et de magasins, ne prêtant pas d’attention aux regards dégoûtés que lui jetaient les passants qui la croisaient. Il fallait bien dire qu’elle ne portait qu’une vieille robe de laine, presque en lambeaux, couvrant à peine sa nudité. Soudain, elle arrêta ses pas devant la vitrine d’un petit magasin discrètement engoncé parmi les autres. Des vêtements masquaient le comptoir derrière lequel on distinguait à peine le dos d’un homme. Ombeline parut prendre conscience de sa tenue repoussante et poussa la porte de la petite échoppe, l’odeur du sang du marchand la prenant à la gorge, lui faisant tourner la tête. Le carillon au-dessus de la porte fit se retourner le gros homme dégarni.

-Bonsoir… susurra t’elle en s’avançant, belle et démoniaque, ravissante plante carnivore.

Le propriétaire des lieux voulu dire quelque chose mais le déhanché sensuel de la jeune femme le fit taire aussitôt. Celle-ci entoura le cou rougeaud de ses bras blancs et plongea sans préavis ses canines démesurées dans la jugulaire si tentante qui laissa couler en elle un véritable nectar.

Elle laissa le cadavre glisser au sol comme une grosse poupée de chiffon et entreprit de trouver une tenue digne d'elle. Un moment plus tard, elle avait jeté son dévolu sur un pantalon moulant noir, un débardeur de la même couleur et un long manteau de cuir noir, cintré à la taille et qui lui tombait sur les chevilles. Elle compléta sa tenue par des bottes de cuir sanglées de larges lanières entrecroisées, assorties à ses vêtements et une paire de boucles d’oreille composées d’un filin d’argent terminé par une pique du même métal. Son reflet dans le miroir lui renvoya l’image troublante de la Mort avec un visage humain. Cela la plongea dans ses pensées. Qui était-elle vraiment ? Avait-elle toujours été ainsi ? Elle glissa ses doigts dans ses cheveux noirs pour les démêler. Qui était-elle ? Elle avait donc jamais vécu avant ? Un nom cependant demeurait vivace, comme une blessure dans son esprit : Lord Voldemort. Qui étais-ce ? Pourquoi est-ce qu’elle pensait sans cesse à ce nom et puis cette image obsédante d’un château près d’un lac… Que signifiait-elle ?

Ombeline ne sourcilla même pas lorsque la main d’Ivan se glissa autours de sa taille.

-Pourquoi ? murmura t’elle.

-Quoi donc ma beauté ?

-Ce mot : Voldemort ; je ne peux le détacher de mon esprit.

Le Vampire parut soudain mal à l’aise.

- J’ai l’impression que ma place n’est pas ici ; continua Ombeline, comme pour elle-même. Quelque chose m’appelle en ce château que je vois en moi.

-Tu ne peux pas connaître de château ; déclara violemment son compagnon. Tu n’es jamais allé dans un château.

-Peut-être… Mon passé…

Ombeline posa lentement sa main sur le miroir qui la reflétait, son regard perdu dans le vague.

-Mon passé… répéta t’elle, comme en transe.

Enfin, elle se tourna vers Ivan comme si de rien n’était et ils sortirent prendre possession de la ville qui s’offrait à eux. Le passé surgirait peut être de l’endroit le plus inattendu.

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Mar 14 Juin - 17:28

chapitre 2: suite

***



Harry se sentait sur le point d’exploser, comme l’orage qui se préparait dans le ciel encombré de lourds nuages. Jamais être au 4, Privet Drive ne lui avait parut plus insupportable. Il aurait tellement voulu être avec d’autres Sorciers. Mais non. Il fallait assurer sa sécurité. Toujours SA foutue sécurité ! Alors que des gens mourraient sans qu’il puisse faire quoi que ce soit. Il haïssait Dumbledore, il haïssait les membres de l’Ordre du Phénix, il haïssait les Dursley et par-dessus tout, il se haïssait de rester là les bras croisés. Depuis que Maugrey Fol-Œil avait menacé son oncle, les trois Moldus le laissaient faire ce que bon lui semblait sans jamais lui adresser directement la parole. Ce qui était, somme toute, encore plus déprimant. Il entendit la voix nasillarde de la tante Pétunia appeler à table et il descendit de mauvaise grâce. Son oncle et son cousin étaient assit à table, enfournant machinalement ce qui se trouvait dans leurs assiettes, les yeux rivés sur la télévision qui déversait quelques âneries.

-Vernon, dis à l’autre de se laver les mains! ordonna sèchement la tante Pétunia.

-Laves-toi les mains ; grogna l’oncle d’Harry, sans quitter des yeux le petit écran.

Harry s’exécuta en soupirant d’agacement. Il en avait plus qu’assez d’être traité en parasite.

-On dit « s’il te plait » quand on est poli ; marmonna t’il en passant devant sa tante.

Tout à coup celle-ci sembla exploser :

-Mais qu’est ce que tu crois ? Nous te gardons ici par simple charité ! Que savent les gens de ton espèce de la politesse ?

Le sang d’Harry ne fit qu’un tour, il répliqua vertement en fixant la femme droit dans les yeux :

-Les gens de mon espèce connaissent plus la politesse que vous !

-Je t’interdis de parler ainsi ! rugit l’oncle Vernon, arraché à son émission. Nous t’avons recueilli alors que tu n’étais qu’un bébé.

-PARCE QUE VOUS N’AVIEZ PAS LE CHOIX !

-ASSEZ ! JE N’EN SUPPORTERAIS PAS PLUS !

-TRES BIEN ! hurla Harry, depuis l’escalier qu’il venait de gagner en quelques pas rageurs.

C’était décidé, il allait s’en aller. Il ne savait pas pour aller où mais nul autre endroit aurait pu être pire à ses yeux. Il s’engouffra en trombe dans sa petite chambre, réunit ses affaires éparpillées, jeta le tout dans sa malle et se saisit de sa baguette et de la cage d’Edwige. Il dévala l’escalier, passant sous le nez des Dursley.

-REVIENS ICI TOUT DE SUITE ! vociféra son oncle.

Mais Harry ne l’entendait plus, il n’entendait plus rien. Il courut dans la rue, chargé de sa malle qui commençait à peser sérieusement lourd. Au bout de quelques rues, il s’arrêta pour réfléchir, le cœur battant la chamade. Il ne pouvait plus faire qu’une seule chose. Il agita sa baguette et aussitôt un grand bus à impériale violet apparut sur la route dans un bruit de pétard. Un jeune garçon en descendit d’une démarche nonchalante. On pouvait lire son nom sur un badge : Stan Rocade.

-Bonjours, bienvenu à bord du Magicobus, transport pour sorciers et… Oh ! Harry ! Qu’est-ce que tu fais là ?

-Top secret. -Je vois… Et où est-ce qu’on te dépose ?

-Au Chaudron Baveur, à Londres. -Ben ne reste pas planté là, monte !

Harry confia sa malle au garçon et monta dans le bus avec un immense soulagement. Payant sa place, il s’installa le plus sûrement possible, ayant déjà expérimenté les démarrages en trombe de l’engin. Malgré cela, il se retrouva projeté en arrière sur une couchette. Quelques minutes plus tard, le bus ralentit jusqu’à s’arrêter dans une ruelle déserte de Londres.

Harry descendit en remerciant Stan et se retrouva de nouveau seul. Il allait pousser la porte du célèbre pub Sorcier quand un mouvement discret plus loin dans la rue attira son attention. Il s’avança dans cette direction, brandissant sa baguette devant lui, scrutant l’obscurité. Tout à coup, il aperçut une forme sombre, haute silhouette humaine, à l’écart de la lumière sordide du seul lampadaire des environs.

-Qui est là ? fit Harry, sentant sa voix trembler.

La silhouette s’avança vers lui jusqu’à pénétrer entièrement dans la lumière et le jeune homme resta bouche bée. Une jeune femme sublime le dévisageait de son regard de jade, ses cheveux noirs couvrants ses fines épaules. Harry se sentait incapable de détacher ses yeux de cette apparition, plongé dans un état de semi-somnolence plus agréable que tout ce qu’il avait pu connaître auparavant. La femme avança lentement vers lui, ses lèvres s’étirant en un rictus.

-HARRY !

Le dénommé secoua la tête, tiré de sa torpeur par la voix puissante qui avait crié son nom.

La femme s’arrêta, tourna la tête de gauche à droite comme pour chercher l’origine de ce cri. Puis, soudain, elle rebroussa chemin en courant, plus silencieuse qu’une ombre et disparut à la vue du Survivant.

Celui-ci vit tout à coup apparaître Remus Lupin et Maugrey Fol-Œil qui couraient vers lui et il pressentit que ses ennuis ne faisaient que commencer.

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Mar 14 Juin - 17:29

Chapitre 3 : maudit, je suis maudit…






Assit devant une tasse de chocolat chaud, la gorge pourtant trop nouée pour le boire, Harry retenait à grand peine ses larmes. De l’autre côté de la table, Remus Lupin et Maugrey Fol-Œil le dévisageaient l’un avec compassion, l’autre avec sévérité.
Le garçon était incapable de les regarder en face et le fait de se trouver dans la maison des Blacks n’arrangeait rien. La dernière fois qu’il s’était retrouvé en ces lieux, Sirius était encore…
Harry renifla pitoyablement.
-Pourquoi as-tu fait ça ?
C’était Remus qui avait parlé et sa voix lasse était teintée de déception. Harry voulu répondre mais les mots se perdirent entre ses cordes vocales et ses lèvres.
-Vous nous décevez beaucoup Potter ; continua Maugrey. Vous enfuir ainsi avec tous ces Mangemorts déchaînés à vos trousses… VIGILANCE CONSTANTE !
Pourtant habitué, Harry sursauta mais, une nouvelle fois, aucun son ne franchit la barrière de ses lèvres.
Il sentait qu’il aurait été de bon ton qu’il s’excuse mais trop d’émotions contradictoires explosaient en lui sans qu’il puisse les dominer ; de la colère, de l’angoisse, de la tristesse aussi. Tout cela se bousculait dans ses amygdales, l’empêchant de souffler mot.
-Alastor… murmura Remus en posant sa main sur le bras de son ami. Peux-tu nous laisser s’il te plait.
L’ancien Auror obéit de bonne grâce et referma la porte de la cuisine derrière lui.

Harry n’avait pas quitté sa tasse des yeux. Il entendit Remus soupirer doucement.
-Je comprends ce que tu peux ressentir ; dit-il après un silence qui parut durer une éternité.
Harry leva les yeux vers lui. Leur profonde détresse frappa le loup-garou au cœur.
-Alors dites-moi pourquoi moi ? Pourquoi suis-je toujours obligé de rester dans mon coin pendant qu’on risque sa vie pour moi ?
Remus prit le temps de réfléchir un moment avant de répondre :
-Parce que tu es le seul qui puisse vaincre Voldemort. Ce serait une catastrophe si tu mourais.
-Alors c’est juste pour ça… Je ne suis donc qu’une future machine à tuer, une arme dans la main de Dumbledore ?
-Non, Harry ! Tu es mille fois plus que cela. Tu es un être humain avant tout et un être cher pour pas mal d’entre nous. Nous t’aimons tous beaucoup et c’est surtout pour cette raison que nous veillons sur toi.
Harry soutint le regard de son interlocuteur, le fixant avec intensité. Parler avec lui le soulageait.
-Moi aussi je vous aime et je ne veux pas que d’autres meurent pour moi comme…
Il ne put continuer, une boule d’angoisse et de chagrin nouant sa gorge.
-Comme Sirius ? Oui, je sais. Cette perte est très dure pour toi comme pour moi. Mais il n’aurait pas voulu qu’on le pleure. Tu sais, je vais te raconter quelque chose. Ce matin j’ai reçut la visite d’une femme qui était sa petite amie à l’époque où nous étions à Poudlard, en septième année. Elle s’appelle Ange Barton. Elle a rompu tout contact avec le monde de la magie depuis que Sirius à été enfermé à Azkaban. Elle vivait avec lui à l’époque et Sirius me parlait de plus en plus de mariage. Seulement, quand ton père et ta mère ont été tués, elle n’a pas cru à son innocence. Alors elle a voulu l’oublier quand on l’a arrêté et elle s’est réfugiée dans un village Moldu pour ne plus jamais entendre parler de son passé. J’ignore ce qu’elle à fait pendant ces quinze ans, elle ne me l’a pas dit, mais elle est arrivée ce matin et a demandé à voir Sirius… J’ai eu la lourde tâche de lui apprendre ce qui c’était passé. J’ai été très étonné car elle m’a regardé longtemps avant de déclarer que Sirius était peut être mort à mes yeux mais qu’en fait il vivait toujours…
Remus s’interrompit pour boire une gorgé de la boisson qui fumait dans le verre face à lui.
-Où ça ? s’enquit Harry, soudain inondé d’un espoir inespéré.
-Dans notre cœur, Harry. Et il y résidera jusqu’à ce que tu l’oublie.
Harry hocha lentement la tête, comprenant. La pensée que Sirius était dans son cœur le réconfortait un peu.
-Et où est cette femme maintenant ?
-Ange ? Et bien elle s’est rendu à Poudlard après que nous ayons un peu parlé. Elle a décidé de faire partit de l’Ordre du Phénix. Elle va sûrement aller voir Dumbledore.
Le jeune garçon bu un peu de chocolat, se sentant un peu mieux. Remus l’observait avec tendresse.
-Remus…
-Quoi donc, Harry ?
-Je vais devoir retourner chez les Dursley, n’est ce pas ?
-Je l’ignore, j’ai envoyé un courrier à Dumbledore. Tout dépendra de sa réponse. En attendant finit ton chocolat, c’est ce qu’il y a de mieux pour le moral.
L’homme lui fit un clin d’œil puis se leva et sortit de la pièce.

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Mar 14 Juin - 17:29

Chapitre 3: suite



***



Ombeline laissa Ivan l’embrasser doucement sur les lèvres. Elle devait lui dire maintenant. Quand il avait le ventre plein, le Vampire avait un caractère plus aimable. Elle posa sa tête sur les genoux de son compagnon, confortablement calé dans un sofa de couleur ocre, absorbé dans un roman. Ils avaient décidé, d’un commun accord – ce qui était plutôt rare – d’emménager dans un hôtel particulier luxueux où ils avaient laissé des consignes strictes pour qu’on ne puisse les déranger durant leur sommeil diurne. De plus en plus souvent, et ce malgré les moments où il était capable de la plus grande bonté, Ivan se montrait très froid avec la jeune Vampire, l’empêchant constamment de s’éloigner de lui ou même de sortir sans le prévenir. Ombeline, qu’un besoin de liberté taraudait, vivait mal cet attachement forcé car, même si Ivan était le seul Vampire qu’elle eût connu, elle ressentait la nécessité de chercher ses origines, ses racines et surtout l’envie de connaître d’autres Immortels. Et puis il y avait ce château dans ses rêves…

-Ivan…
-Mmh ?
-Je voudrais partir d’ici…
Le Vampire posa le livre sur ses genoux et toisa la femme avec dureté.
-Pourquoi donc ? Cet endroit n’est finalement pas assez luxueux pour toi ?
-Non, ce n’est pas ça… Je veux dire partir, moi…
-Et où iras-tu ? Tu n’as aucun endroit où aller.
La voix d’Ivan s’était chargée de colère et Ombeline frotta doucement sa joue sur le ventre de son créateur, voulant l’apaiser.
- J’aimerais me rendre dans ce château dont je t’ai parlé. Quelque chose m’appelle là-bas…

Dans un geste de rage, Ivan l’agrippa par les cheveux, la forçant à lever la tête. D’un brusque mouvement, il lui saisit les deux poignets et la coinça sous lui. Ses longs cheveux acajou caressaient le visage de la jeune femme dont le regard s’était fermé brusquement.
-Vraiment ? grinça t’il. Mais ma pauvre, tu aurais beau ratisser cette fichue planète pendant des siècles que tu ne trouverais pas ce château. Il n’existe que dans ta foutue caboche alors écoute-moi bien : tu n’iras nulle part temps que je serais là. C’est clair ?
Ombeline le détailla avec nostalgie, sa voix devenant plus douce, un peu étouffée.
-Je ne comprends pas pourquoi tu m’enfermes. De quoi as-tu peur ?
-Je n’ai peur de rien ! répliqua t’il hargneusement.
-Alors laisse moi chercher. Si ce lieu n’existe, comme tu le dis, que dans mon imagination, tu ne risque rien à me permettre de m’en aller ; répliqua t’elle avec patience.

Ivan la scruta et la colère fit place à la douleur. Elwin avait raison, tout recommençait. Seulement… Il l’aimait. Il l’aimait même plus qu’il ne voulait se l’avouer. Il refusait de la laisser partir pour cette raison. Il aurait voulu le lui dire, le lui expliquer mais sa fierté, sa maudite fierté, le bâillonnait. Si seulement elle avait pu comprendre…
-Ivan… susurra une nouvelle fois Ombeline, toujours coincée sous le corps de l’Immortel.
Celui-ci ne répondit pas, glissant une main affectueuse dans les cheveux de geais, faisant couler entre ses doigts le soyeux de cette chevelure. Deux émeraudes venaient se mélanger dans l’améthyste de ses prunelles. Il voyait la poitrine harmonieuse de la jeune femme tendre légèrement le tissu qui couvrait son buste au rythme de sa respiration. Il caressa d’un doigt sa joue, ses lèvres, ses paupières. Il aurait tout donné pour qu’elle soit pleinement à lui, avec lui mais toutes ses tentatives se soldaient par des échecs d’autant plus douloureux que croissait son désir. S’il pouvait lui dire combien il pouvait l’adorer, juste une seule fois, peut être qu’elle serait à lui, enfin. Cependant les mots lui faisaient défaut.
Ombeline se sentait perdue soudain. C’était si rare lorsqu’il était doux envers elle et elle adorait cela. Là, dans ses bras sécurisants, plus rien ne l’atteignait. Un seul mot aurait pu la dissuader de s’en aller. Un seul mot lui ferait se moquer de son passé.
Jamais il ne l’avait prononcé, même ébauché…

La bouche qui se posa contre la sienne fit battre son cœur comme un petit oiseau affolé.
Il ne disait toujours rien.
La langue qui quémanda l’accès à la sienne l’affola.
Mais ce qu’elle attendait était tut.
La main qui effleura sa poitrine, sa taille, les crocs qui glissèrent sur sa peau sans la blesser lui firent oublier qui elle était.
Toujours aucun de ces mots qu’elle voulait ne venait.
Les canines qui se plantèrent entre ses seins la firent chavirer.
Elle aurait tellement aimé qu’il lui dise juste une seule fois…
Le sang qu’elle aspira par le poignet de son créateur l’emmena au paradis.
Lorsque leurs sangs fusionnèrent dans les veines d’Ivan, il gémit le nom d’Ombeline, un feu d’artifice explosant dans sa tête.
Puis ce fut tout.

Les deux corps se séparèrent et Ivan soupira, une puissante blessure striant son cœur.
-Tu partiras.



***



Severus montait sans se presser l’escalier menant au bureau de Dumbledore. Le directeur de Poudlard l’avait convoqué pour une raison qu’il ignorait.
Il se sentait d’humeur irritable à cause de ce maudit rêve qui revenait sans cesse à son esprit. La perte de son fils était déjà assez douloureuse sans qu’en plus il fallut en rajouter.
Le directeur l’accueillit avec son éternel sourire chaleureux que Severus soupçonnait de n’être là qu’en façade. Il salua d’un signe de tête son aîné avant de prendre place dans le fauteuil que celui-ci lui indiquait.
-Comment allez-vous mon cher Severus ?
-Venons-en au fait Monsieur ; dit le Maître des Potions, une pointe d’agacement dans la voix.
Il détestait lorsque les gens tournaient autours du pot.
-Très bien. Je vous annonce donc qu’à partir d’aujourd’hui vous allez avoir une assistante pour vos cours.

-Je vous demande pardon ?
Le ton de l’homme était froid, limite polaire mais cela ne fit pas fondre le sourire affable de Dumbledore.
-Vous avez bien entendu. Une jeune femme est arrivée cet après-midi et comme le poste de Défense Contre les Forces du Mal est déjà pris…
-Comment ça, le poste est déjà pris ?
Un cauchemar, c’était un cauchemar…
-Oui, une autre femme est venue me voir à midi, c’est l’une de nos anciennes élèves et elle était suffisamment qualifiée pour ce poste. Vous n’ignorez pas les difficultés que nous rencontrons pour trouver des personnes correctes...
-Je le sais ! déclara Severus avec impatience. Mais pourquoi m’imposer une assistante ? Je n’ai besoin de personne !
Le vieil homme farfouilla dans son bureau et en sortit un bonbon au citron qu’il savoura tranquillement avant de répondre.
-Je pense que cette personne vous sera très utile, vous savez. Et puis, vous aurez quelqu’un à qui parler, d’autant plus qu’elle logera dans vos appartements pendant quelque temps.

-QUOI ?
Cette fois-ci le redouté professeur frôla l’apoplexie. Ca ne pouvait pas être réel ! Le vieux fou se moquait de lui !
-Voyons, Severus, c’est la moindres des choses et puis ce n’est que le temps que nous préparions ses propres quartiers privés. Et peut-être que cela permettra que vous renouiez quelques liens avec l’extérieur.
-Monsieur le directeur, je ne vous connaîtrais pas aussi bien je penserais que vous tentez de me faire oublier Livia…
-Voyons Severus, je ne ferais jamais une chose pareille…

Cependant l’éclair de malice qui étincela derrière les lunettes en demi-lune du directeur ne rassura pas du tout le pauvre Severus.


-Maudit… Je suis vraiment maudit… pensa t’il tout en redescendant du bureau de son cher et, ô combien, adoré supérieur.

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Mar 14 Juin - 17:30

Chapitre 4 : Naaline :



C’est d’une humeur massacrante que se réveilla Ivan ce soir là. Le cercueil à côté du sien était vide.
Horriblement vide.
Depuis qu’Ombeline était partie, il ressentait la cruelle morsure de la solitude au plus profond de lui. Il détestait par-dessus tout être seul. Il l’avait été trop longtemps, rejeté par les siens en tant que Mortel puis en tant que Vampire, il ne supportait plus l’absence des autres.
Le Vampire prit sa tête entre ses mains et laissa des larmes silencieuses glisser sur ses joues, maculant le col immaculé de sa chemise d’une large tâche de sang.

Une main affectueuse vint se poser sur le haut de son crâne, caressant ses cheveux avec lenteur.
-Pourquoi penses-tu que tu es seul, Ivan ? Ne suis-je pas là, moi ?
Ivan releva la tête vers Elwin qui le fixait avec compassion.
-Si, mais… sans vouloir t’offenser c’est elle que je voulais…
- C’est donc comme cela que tu me considère ? Que penses-tu réellement de notre relation, Ivan ? Je sais déjà tout mais je voudrais l’entendre par ta bouche car moi je t’aime et tu le sais. Quelle ironie, n’est-ce pas ? Un démon voleur d’âme amoureux de celui qui l’a conjuré…
Ivan baissa les yeux avec douleur.
-Si seulement ça pouvait être aussi simple pour moi…
-Pourquoi cela ne le serait pas ?
-Parce que j’aime Ombeline ! Et parce que je t’aime aussi.

Le démon s’accroupi près du cercueil, posé à même le sol et essuya du bout des doigts le sang qui coulait toujours des yeux du Vampire.
-Jamais je ne te laisserais, Ivan. Jamais…

Lorsque Elwin attira la tête de son épaule, celui-ci ferma les yeux, laissant ses larmes tarir, totalement abandonné, savourant la chaleur qui se dégageait du démon.
Les lèvres douces et tièdes vinrent se poser sur la joue froide du Vampire et une langue mutine lécha tendrement les traînées de sang sur sa joue.
Ivan laissa échapper un soupir de bien être et entrouvrit ses lèvres en une invitation au baiser. Baiser qui ne tarda pas. Les deux bouches avides se pressèrent fortement l’une contre l’autre, les deux langues s’entremêlaient furieusement et leurs mains brûlantes de passion contenue exploraient chacune le corps de l’autre.

Elwin avait fermé les yeux. Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas embrassé cette bouche, caressé cette peau blafarde. Si longtemps…
Il se sentait vivant, brûlant, ivre d’un désir fou pour ce Vampire auquel il avait lié son destin.
Sa souffrance était sa souffrance et ses larmes étaient siennes.
Lorsque le baiser fut rompu, il répéta une nouvelle fois dans un souffle :
-Je t’aime.
Ivan ne répondit pas.
Elwin avait prononcé les mots qu’il rêvait de pouvoir dire un jour.



***



Severus grimpa le long escalier menant au bureau du directeur avec une mauvaise volonté évidente. Le directeur avait convoqué tout le personnel de Poudlard dans le but de présenter les deux nouvelles recrues.
A cette pensée, Severus se renfrogna plus encore – si c’était possible.
L’une des deux allait l’envahir pour quelque temps, approchant sa vie privée, ce qui le faisait bouillir de rage contenue. Dire qu’il était opposé à l’arrivée de cette femme aurait été un doux euphémisme.


-Ah ! Severus ! Nous n’attendions plus que vous !
La vue du sourire du directeur donna au Maître des Potions l’irrésistible envie de commettre un meurtre. Son regard fut soudain attiré par les fameuses nouvelles enseignantes, le faisant décrocher du discours de bienvenu de Dumbledore.

L’une des femmes avait un aspect un peu effrayant avec sa peau marquée entièrement de cicatrices sur le visage et dans le cou. On avait l’impression qu’elle avait gardé sur sa chair les marques de ses draps, créant de fins sillons inégaux et traçant d’étranges dessins sur sa peau mate. Elle portait un pantalon noir, un tee-shirt à manches longues assortit et une cape d’un vert moussu un peu délavé. Severus remarqua, non sans un certain étonnement qu’elle portait des gans noirs, masquant ainsi chaque parcelle de derme à l’exception de son visage.

Tout à coup, sentant un regard posé sur lui, Severus tourna la tête et ressentit un violent coup au cœur.
Deux yeux, d’un vert magnifique, le dévisageaient avec curiosité. Des yeux tellement familiers, tellement rêvés, qu’il n’osa y croire.
Et il fit bien.

D’emblée, il détesta cette femme… Elle ressemblait un peu à Livia.

Elle avait des cheveux mi-longs, noirs et brillants comme l’onyx, une peau de marbre délicatement veinée de bleu et un corps tout en longueur et en finesse avec des formes à donner le vertige.
Severus aurait été incapable de lui donner un âge. Le temps semblait ne pas l’avoir touché.
Elle avait une peau parfaitement lisse, un fin visage ovale presque aristocratique à la fois enfantin et adulte. Seuls ses yeux étaient ceux d’une femme mûre. Elle était un être à la fois merveilleux et effrayant par son intemporalité et cela le mettait mal à l’aise.

Inconsciemment, Severus se mit à prier pour que ce ne soit pas cette femme parfaite – trop parfaite – qui soit sa future assistante.
Mais évidemment…
-Je vous présente donc mademoiselle Ange Barton qui assurera les cours de Défense Contre les Forces du Mal à partir d’aujourd’hui et mademoiselle Ombeline qui sera affectée auprès de Severus en tant qu’Assistante.



***



Ombeline regarda tour à tour chacun des professeurs rassemblés avec un intérêt flagrant. Elle avait enfin trouvé le château qui peuplait ses rêves après une semaine de recherches acharnées. Par chance, elle n’avait eu aucun mal à y pénétrer et à se faire embaucher par le directeur après avoir appris de la bouche d’une commerçante du village voisin qu’il s’agissait d’une école de sorcellerie. Pour le moment la bonne fortune lui souriait.

Son regard se posa sur un homme un peu à l’écart des autres. Il était grand, vêtu tout de noir, la peau pâle et les cheveux de la même couleur que son habit.
Il aurait pu être séduisant en affichant un air moins rébarbatif et en se lavant les cheveux.
C’était un homme comme tous les autres cependant, quelque chose attira son attention.
Une sorte de brume argentée l’entourait, palpitant étrangement, un peu à la manière d’un cœur. Elle semblait être la seule à l’apercevoir et même l’inconnu ne paraissait pas avoir conscience de cette chose autours de lui.


La brume, comme si elle avait perçut le regard de la jeune Vampire, se scinda soudain en anneaux concentriques qui se mirent à tourner autours de l’homme de plus en plus vite, élargissant de plus en plus leur circonférence jusqu’à venir frôler Ombeline.
Lorsque la chose l’effleura, la jeune femme eut soudain l’impression d’être touchée par de l’eau tiède, l’impression qu’elle connaissait cette créature, comme si elle faisait partie d’elle-même.
Ombeline leva les yeux vers l’homme et croisa soudain son regard dur. A cet instant, la brume l’engloba tout entière, lui faisant l’effet d’un cœur battant près du sien puis Ombeline rompit le fil qui reliait ses prunelles à celles de l’homme en noir et la substance se rétracta brusquement, imprimant un sentiment de manque au plus profond de l’âme de la Vampire.
Une petite sphère plus brillante que jamais était apparue devant la poitrine de son propriétaire.
Tout à coup, la sphère s’étira, se transforma jusqu’à devenir une sorte de chat magnifique.
Il semblait composé de particules de lumière agglutinées en une forme spectrale laissant voir au travers d’elle.

La créature ne reflétait pas la lumière, elle était la lumière.

La queue de l’animal était composée de quatre longs filins lumineux et se terminant chacun par une longue plume de lumière argentée.
Entre les deux yeux dorés du chat, une petite pierre polie noire en forme de larme palpitait lentement.

Abasourdie par cette soudaine apparition, Ombeline remarqua à peine que Dumbledore avait fini son discours. Tous les professeurs discutaient maintenant entre eux dans un joyeux brouhaha, pressant de questions Ange qui leur répondait de bonne grâce.
Ombeline vit l’homme en noir rejoindre le directeur et échanger quelques mots avec lui. Visiblement, il n’était pas ravi d’être là. Puis, le directeur entraîna son subordonné vers Ombeline. Celle-ci remarqua que la créature qu’elle était la seule à voir s’était perchée sur l’épaule du sorcier et avait fermé les yeux, se laissant bercer par les pas de son perchoir.


-Severus, je vous présente Ombeline, votre assistante. Ombeline voici le professeur Rogue.
La jeune femme sourit à l’homme et lui tendit la main.
-Enchantée de vous rencontrer ; dit elle.

Severus jeta brièvement un œil sur la main tendue de la femme et la dédaigna délibérément, se contentant d’un bref signe de tête. Ombeline lui lança un regard vexé mais n’osa rien dire à cause du directeur. Celui-ci eut un soupir résigné et décréta :
-Severus, je vous charge de montrer le château à notre nouvelle recrue ainsi que ses appartements provisoires.
Severus se contenta de nouveau d’un simple signe de tête affirmatif. Il n’aimait pas cette femme, même sans la connaître et il aimait encore moins le regard de Dumbledore.

Si ce vieux fou s’imaginait qu’il allait oublier Livia, il se mettait le doigt dans l’œil.

Le chat de lumière sur l’épaule de Rogue lui coula un regard endormis et referma les yeux, se laissant porter par le maître des potions.
-Suivez-moi ; invita Severus d’un ton peu aimable à l’adresse de la jeune femme.



En les regardant sortir de la pièce, Ange eut un petit sourire satisfait en avisant l’épaule de Rogue. Cela faisait bien longtemps qu’elle ne s’était pas autant amusée. Dire que tous ignoraient ce qui se tramait…

-Bien, elle a enfin choisit sa forme. L’histoire est sur le point de se répéter. Finalement j’ai bien fait de partir précipitamment de chez moi, les évènements vont devenir très intéressants… pensa t’elle.


Elle caressa discrètement quelque chose d’invisible sur son bras avec un petit rire avant de se servir une coupe de champagne sur le buffet que venait de faire apparaître Dumbledore.

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Mar 14 Juin - 17:31

Chapitre 4: suite


***



Harry s’étira longuement et bailla, sortant à regret d’un sommeil réparateur.
Depuis une semaine, il logeait dans l’ancienne maison de son parrain, en compagnie de Remus. De temps en temps, quelques membres de l’Ordre du Phénix venaient les rejoindre.
Harry coulait des jours tranquilles en ces murs car, même si Sirius n’y était plus, Remus lui tenait compagnie.

Le jeune garçon s’habilla sans hâte après avoir savouré les bienfaits d’une douche fraîche.
Remus était sortit et il décida d’explorer quelques pièces inconnues.

Il monta avec précaution un long escalier en colimaçon dont les marches grinçaient horriblement et il arriva devant une porte dont le bois semblait avoir été lacéré de coups de griffes.
Harry déglutit et leva prudemment le loquet rouillé, s’attendant confusément à ce que quelque chose se jette sur lui pour l’attaquer mais il n’en fut rien et il put entrer sans difficulté.
Il se trouvait sur le seuil d’une vaste pièce plongée dans la pénombre dont seul une fenêtre crasseuse brisait la noirceur. Une couche impressionnante de poussière s’étendait sur toute une série de meubles brisés et d’objets cassés. Sans doute était-il dans un grenier oublié par les occupants de la maison.

Tout à coup, quelque chose craqua sous son pied et il s’aperçut avec effrois que le sol était jonché de carcasses de rongeurs. Soit un très bon chat vivait là, soit une autre créature plus dangereuse s’y terrait.

Harry préférait sans conteste l’hypothèse du chat.

Brusquement, un bruit à la limite entre le feulement et le rugissement le fit bondir en avant et brandir sa baguette magique. Se retournant lentement, Harry tenta de percer les ténèbres qui dissimulaient la créature. Tout à coup, celle-ci apparut dans l’une des raies de lumière qui filtraient par la seule fenêtre et le garçon retint un cri de surprise.

C’était Buck, l’hyppogriffe qu’il avait sauvé d’une mort certaine avec l’aide d’Hermione et grâce auquel son parrain avait pu s’enfuir de Poudlard où il risquait la mort.
L’animal avança vers lui avec un gémissement plaintif. Il n’avait plus que la peau sur les os et les plumes de sa moitié aigle étaient tombées par plaques, lui donnant l’air d’un vieux poulet à moitié plumé.

Depuis combien de temps l’avait-on oublié là ?
Harry s’avança vers lui et murmura :
-Mon pauvre Buck, tout le monde t’a oublié là. Mais, avec la mort de Sirius, trop de choses se sont passés… Je suis désolé de ne pas avoir pensé à toi.

L’hyppogriffe émis de nouveau ce petit gémissement et se coucha dans la poussière, juste aux pieds de Harry.
Les restes d’une corde pendaient à son cou et le sorcier s’empressa de lui enlever ce triste collier.
-Allez, viens Buck, je vais t’emmener en bas, tu auras à manger et ça ira mieux.
L’animal resta inerte, gémissant toujours pitoyablement.
Harry s’agenouilla près de sa tête, torturé de remords.
-Sirius te manque, hein ?
Buck hocha faiblement la tête, comme s’il comprenait.
-Je comprends. Il nous manque à tous mais il faut que tu viennes maintenant. On va s’occuper de toi, Remus et moi.

La créature mi-oiseau, mi-cheval se redressa avec difficulté et se remis sur ses pattes.
- C’est ça, viens !
Marchant à reculons, Harry le conduisit jusqu’au seuil de la porte, priant pour qu’il puisse passer dans l’escalier tortueux.
L’animal le suivait avec lenteur, la tête basse.

La descente des escaliers s’avéra beaucoup plus facile pour Buck qu’Harry ne l’aurait cru.
Arrivés dans la cuisine, Harry farfouilla dans les placards et dénicha finalement assez de viande crue pour le nourrir.
Buck se jeta voracement sur la nourriture, remplissant son estomac resté vide trop longtemps.
Harry s’assit après avoir fait couler de l’eau dans un grand saladier et l’avoir remplit à chaque fois que Buck le finissait.



Lorsque Remus rentra dans la cuisine, il eut un hoquet de surprise en voyant la créature couchée sur le carrelage.
-Buck ? Oh mon dieu ! Où était-il ?
-Dans le grenier ; répondit Harry avec fraîcheur.
Il en voulait à l’homme de l’avoir oublié lui aussi.

Remus se laissa tomber à genoux près de l’animal qui ne lui accorda qu’un regard vide tandis que le Sorcier s’activait pour essayer de trouver un quelconque endroit où Buck aurait put s’être blessé. Cependant, même s’il était très affaibli, il ne souffrait d’aucune blessure et Remus soupira de soulagement.

- J’espère qu’il me pardonnera ; dit-il avec tristesse. Sirius l’aimait beaucoup et moi je l’oublie dans un grenier !

Harry ne répondit rien et observa l’hyppogriffe dormir sur le sol avec un profond sentiment de culpabilité. Retrouver cet animal c’était un peu comme retrouver Sirius car tous les deux étaient liés par la même histoire. L’âme de Sirius vivait encore près de son ami.



***



Ombeline se laissa mener par Rogue à travers le château, prenant connaissance des lieux avec un émerveillement d’enfant.
Severus ne se montra pas très chaleureux – voir pas chaleureux du tout – et finit par conduire la jeune femme jusque dans ses appartements.
-Vous allez rester ici le temps que le directeur vous prépare vos appartements ; déclara Rogue d’un ton amer.
-En somme, nous allons devoir cohabiter…
Le ton d’Ombeline n’était pas plus aimable que celui de Rogue.
La perspective de devoir partager l’intimité de quelqu’un d’aussi irascible l’ennuyait sincèrement.

S’effaçant tout de même devant la belle Vampire, Rogue la fit entrer dans son bureau où la malle d’Ombeline les attendaient déjà.

-Vous dormirez sur le canapé ; jeta le Maître des Potions avec froideur. La salle de bain est derrière la porte à côté de la fenêtre.
La jeune femme acquiesça distraitement, occupée à observer la pièce carrée sobrement meublée. Des étagères remplies de bocaux avec des ingrédients pour les potions et de vieux livres poussiéreux s’alignaient le long des murs. Coincée entre une étagère et une armoire se trouvait la cheminée de pierres brutes face à laquelle avait été installé un canapé et une petite table basse en ébène.
Le centre de la pièce était occupé par le large bureau de chêne massif où traînaient des plumes et des parchemins.

-Comme vous ne resterez, je le souhaite, que peu de temps, je ne vous propose pas d’armoire pour vos affaires ; affirma Severus d’un air las. Débrouillez-vous.
Puis il sortit de la pièce sans se retourner, plantant là Ombeline qui se retint de le gifler pour le ton qu’il employait.

Se laissant lourdement tomber sur le canapé, elle pesta intérieurement contre la malchance qui voulait lui faire supporter cet homme.

-Il n’est pas méchant tu sais ; fit une voix dans sa tête.

Tournant brusquement la tête, Ombeline aperçut le chat, couché sur le canapé, tout près d’elle. Il avait une voix troublante, bruissante comme les feuilles des arbres s’agitant dans le vent, claire comme l’eau d’une source coulant sur les rocher, vieille et jeune à la fois.

- Qu’est ce que tu es ? demanda Ombeline, perdue.
-Peut importe ce que je suis. Peut être ne suis-je qu’une chimère, peut être que non. Je ne sais quel est mon rôle, je ne sais quel est mon destin mais tu peux m’appeler Naaline.
-Pourquoi es-tu avec Rogue ? Et pourquoi te montres-tu à moi et pas aux autres ? Comment as-tu fait pour apparaître comme ça et…
-Trop de questions sont nuisibles lorsque l’on veut obtenir des réponses. Je suis la protectrice de Severus et seuls des yeux aguerris peuvent m’apercevoir. Incapables de détecter ma présence sont les Mortels et le destin seul peut m’appeler à prendre forme car je suis tout et rien à la fois, messagère de l’au-delà et d’ici, mon corps est la lumière et mon esprit la terre.

Naaline soutint le regard éberlué de la Vampire avec un léger mouvement de ses quatre queues puis sauta sans le moindre bruit à bas du canapé et disparut par la porte du bureau.

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Mar 14 Juin - 17:32

Chapitre 5 : Rêve révolu :



Ange s’installa confortablement dans le lit à baldaquin de sa nouvelle chambre. Elle était heureuse d’être de retour dans ces lieux qu’elle avait tant aimé lorsqu’elle n’était encore qu’une élève de la prestigieuse école de sorcellerie.
En enfouissant voluptueusement son visage dans le moelleux de l’oreiller, elle songea combien sa vie avait changé depuis cette époque lointaine.
Lointaine et pourtant…
Tout portait à croire que le destin réunissait à présent les derniers survivants d’une époque révolue.
Elle repensa à tous ceux qui avaient trouvé la mort sous le règne si sombre de Voldemort.
Cela avait commencé par James, Lily, Livia et le jeune Eric. Harry, quant à lui, avait mystérieusement survécu, terrassant même le Seigneur des Ténèbres.
Puis il y avait eu Sirius…
Des larmes aussi douloureuses que fugaces humidifièrent le coussin. Ange eut envie de revoir cet homme quelle avait aimé et qu’elle aimait d’ailleurs toujours mais c’était impossible.

Un sanglot plus brusque lui arracha un frisson.

Tout à coup, un oiseau de la taille d’un merle, entièrement constitué des même particules lumineuses que Naaline, l’étrange chat de Rogue, et au front duquel brillait une lune d’améthyste, sautilla sur l’édredon. La créature lança quelques trilles d’une douceur inouïe, dont la sonorité d’un autre monde était comme un liquide chaud et réconfortant, touchant au plus profond du cœur des humains.

Ange releva la tête et tendit la main vers l’oiseau, le laissant se percher sur sa paume.
-Merci Silmaria ; chuchota t’elle en caressant la tête immatérielle.
-Ta peine est ma peine.
-Je sais.
-Dans ce cas ne pleure pas. Du moins pas encore. Nous avons de nombreuses choses à accomplir ici, notre rôle est loin d’être achevé.

La femme ne répondit rien. C’était inutile.
Elle ne savait que trop qu’elle revenait à Poudlard pour affronter des démons plus terribles que tous ceux qu’elle avait put croiser.
Cela n’allait pas être une partie de plaisir. Cependant, elle avait été heureuse de revoir Remus, de connaître enfin le fameux Harry Potter et même de retrouver l’irascible Severus.
Et puis il y avait Ombeline.
Un sourire éclaira son visage dans la quiétude assoupie de ce tranquille soir d’été.
Une chouette hulula quelque part dans le silence et Ange finit par sombrer dans le sommeil aussi brusquement qu’une enfant, la joue pressée contre la tiédeur aqueuse de Silmaria.



***



Ombeline s’approcha sans bruit de l’étagère où son collègue rangeait ses bocaux d’ingrédients à potions.
Les divers êtres, tordus, mutilées ou simplement difformes, baignant dans un liquide jaune orangé, exerçaient sur elle une fascination morbide.

Un bocal qu’occupait un œil de la taille d’une balle de tennis attira son attention. Elle contempla la pupille à jamais fixe, l’iris violacé et se demanda à quelle créature il avait pu appartenir.
Quel monde avait vu cet œil ? Avait-il aperçut la personne qui l’avait arraché à son milieu puis enfermé dans ce bocal comme un objet de collection ?

Toutes ses créatures bizarres, ces morceaux d’êtres lui faisaient prendre conscience de la fragilité d’une vie.
Il suffisait de si peu de choses pour qu’elle soit détruite, cette vie à laquelle tous se raccrochaient.
Un geste, un mot ou même un soupir pouvait l’anéantir.

En contemplant une salamandre aux couleurs jadis éclatantes, elle sentit une peine indicible s’insinuer au plus profond d’elle-même.
Est-ce qu’elle serait-elle aussi un jour condamnée à devenir cette chose morte et boursouflée ?
Elle était une Immortelle mais tout était si fragile dans ce monde déchiré par la folie humaine...



Rogue avait déjà regagné sa chambre, sans même un bonsoir, une heure auparavant mais malgré sa lassitude et la nuit déjà bien avancée, elle ne parvenait guère à l’imiter.
Une profonde nostalgie de la saveur du sang sur sa langue la maintenait éveillée. Elle commençait à s’interroger sur son choix.
Etais-ce vraiment une bonne idée que de venir dans ce château ? Elle espérait y retrouver son passé mais était-il bien là ?
« Il n’y a rien à se souvenir » lui avait dit un jour Ivan.

Peut-être étais-ce vrai…


La fatigue et la solitude la rendaient amère.
Elle n’aimait pas du tout le Maître des Potions.
Il lui semblait dénué de toute amabilité, de toute bonté. Il n’était même pas cruel malgré ses paroles cinglantes, ce qui aurait pu le rendre sympathique aux yeux de la belle Vampire.
Après tout, elle était une tueuse, un prédateur et n’était pas opposé à la compagnie de quelqu’un qui partagerait son caractère, sombre, secret et rongé par la haine.

Mais sans même la connaître, elle le savait tourmenté par la douleur, hanté par ses propres fantômes dont il n’arrivait pas à se défaire.
Ce n’était qu’un être faible, sans aucun intérêt.



Ombeline rejoignit le canapé qui lui servirait de lit, presque avec regret, remonta la couverture jusqu’à son menton, lovée en chien de fusil, sachant pourtant qu’elle ne trouverait pas le sommeil.
Ses yeux d’émeraude brillaient dans la pénombre que trouaient les dernières flammes du feu de la cheminée. Sa main s’accrocha à la petite amphore de verre que lui avait offert Ivan pour contenir la potion qui lui permettait de vivre le jour comme n’importe quel Mortel.
Son créateur lui manquait cruellement et elle regrettait sa présence.
Peut-être irait-elle le retrouver lorsqu’elle aurait trouvé ce qu’elle cherchait.

Elle ferma les yeux et soupira, se préparant à une interminable nuit.



***



Remus était assis dans un fauteuil de velours vert, un peu élimé, tourné face à Harry.
Celui-ci examinait avec attention l’échiquier qui les séparaient pour jouer à son tour.
Le loup-garou contempla le visage las de l’adolescent, ses prunelles tristes, les cernes qui soulignaient ses yeux et la pitié emplie son cœur.
Il était si jeune et déjà menacé par la mort, son visage reflétait déjà la même détermination que celui d’un homme et semblait pourtant encore tellement apeuré que Remus eut envie de le serrer dans ses bras comme un enfant.


Sentant ce regard scrutateur sur lui, Harry releva la tête et rencontra les yeux compréhensifs de son ancien professeur.
Ils étaient seuls dans la maison séculaire, à l’exception de Buck qui dormait sur le sol, roulé en boule et émettant une sorte de ronronnement léger.
-Remus… commença timidement Harry, parlant à voix basse comme s’il avait peur de briser le silence.
L’interpellé l’interrogea du regard et le jeune homme se lança :
-Vous savez, la femme qui est venue aujourd’hui, Ange c’est ça ?
-Et bien ?
- D’où viennent toutes ses cicatrices ?
-Je l’ignore, Harry. Je ne lui ai pas demandé ; répondit Remus avec délicatesse.
-Quel genre de créature pourrait faire ce genre de marques ? Il faudrait qu’elle soit terriblement cruelle.


Remus mis Harry en échec, prenant son temps avant de répondre.
-Tu sais, il existe des êtres pires que ce que tu pourrais jamais imaginer, même dans tes pires cauchemars.
Harry ne jugea pas utile de lui signaler que ses cauchemars étaient habités par Voldemort lui-même.

Devant le regard curieux du garçon, Remus poursuivit :
-Même Voldemort n’est rien face à eux. Ce sont des entités aussi vieilles que le monde, chargées de haine et de colère envers les Humains. Peut-être en as-tu déjà entrevu ou entendu parler : ce sont les Démons.
-Je ne savais pas que ça existait ! s’exclama Harry, interloqué.
-Ca ne m’étonne pas car ils sont habiles à se mêler à nous pour mieux nous piéger. Ils sont plus cruels que les plus cruels des humains. Ce sont des machines à tuer et nul ne peu espérer leur échapper lorsqu’ils décident de traquer l’un de nous. Les seules créatures qu’ils épargnent sont les Vampires. Ils s’allient même parfois avec eux.

Fasciné, Harry eut soudain envie de mieux connaître ces créatures.
-Comment sont-ils apparus ?
-On raconte que les Vampires, ceux du tout début des temps, les ont invoqués à leur service, ce qui expliquerait leur cohabitation. Les plus vieux des Démons sont les Voleurs d’Âmes. Ils sont aussi les plus dangereux. Ils sont capables de percevoir n’importe quelle pensée, même les plus intimes et la magie ne peux rien contre eux.
-Pourquoi les nomme t’on ainsi ?
-Parce qu’ils peuvent retirer l’âme de ceux qu’ils choisissent pour cible, un peu à la manière d’un Détraqueur sauf qu’eux ne l’absorbe pas, ils la relâchent dans la nature. Lorsque ton corps et ton âme sont séparés, cela leur permet de te conditionner, de pouvoir faire de la personne la plus douce et gentille un monstre de haine et de rage, sans le moindre scrupule.
-Voldemort a dû être victime de l’un d’eux ; dit Harry.
Remus pris un air grave.
-Malheureusement non, il est comme cela naturellement. Les Démons ne sont pas les seuls à être impitoyables, tu sais…


La discussion s’arrêta là et, lorsque Harry se retrouva dans son lit, il mit longtemps à s'assoupir, repensant à tout ce que le loup-garou lui avait raconté.

Il aurait bien aimé en savoir encore plus et il se promit de questionner encore Remus sur le sujet. Il se demandait si les Démons seraient capables de s’allier à Voldemort…


Sur cette terrible hypothèse et il s’endormit profondément.



***



Naaline fixa ses yeux de lumière sur le corps de Rogue, profondément plongé dans des rêves tourmentés. Elle s’attrista de devoir lui faire encore plus de mal au travers des rêves qu’elle allait déclencher. Severus méritait une vie heureuse mais elle savait que c’était impossible. Elle devait mener les Cinq à leur destinée, peut importaient les conséquences.

Tous dormaient, c’était le moment.

La pierre sur son front se mis à briller faiblement, puis de plus en plus au fur et à mesure qu’elle se concentrait.
Peu à peu, cinq filins rouge sang jaillirent de la larme noire. L’un des deux se posa sur le front de l’homme endormis tandis que les quatre autres disparaissaient à une vitesse phénoménale hors de la pièce.

Alors, tout doucement, elle commença à chanter, les paroles tissant la toile qui allait guider les rêves des cinq élus.





Une petite fille était sagement assise au milieu de sa chambre, jouant avec des poupées, se racontant ses histoires comme savent si bien le faire les enfants.
Son père et sa mère discutaient dans le salon et elle entendait leurs voix rassurantes qui montaient à travers le plafond.

Elle regarda sa poupée et décréta que sa robe bleue ne lui allait pas bien finalement.
Elle aurait été beaucoup plus belle en rouge.
Aussitôt avait-elle décidé cela que la couleur du tissu se modifia, passant de l’indigo à un beau rouge lie de vin, faisant sourire la petite fille.
Elle poussa les boucles dorées qui tombaient sur ses yeux d’un vert aux méandres changeants, d’une pureté et d’une innocence propre aux jeunes enfants.
Elle décida d’aller montrer la belle robe de son jouet à ses parents dont les voix continuaient de s’élever en bas.


Ouvrant doucement la porte de sa chambre, elle descendit le grand escalier de bois.
Lorsqu’elle arriva dans l’encadrement de la double porte du salon, elle s’immobilisa, tendant l’oreille, poussée par la curiosité.

Les deux adultes parlaient d’elle.
-Tu diras ce que tu voudras mais il y a quelque chose de pas normal en elle ; disait son père, un homme d’une trentaine d’années, grand et solidement bâtit, dont les yeux verts rappelaient ceux de sa fille et aux cheveux noirs coupés courts.
-Je le sais bien, Jean. Mais ce n’est peut-être pas une si mauvaise chose, non ?

La mère de la petite fille avait une voix douce et apaisante, de beaux cheveux châtains très clairs, légèrement ondulés. A peine plus petite que son époux, il se dégageait d’elle une impression d’autorité paisible et de bonté.
-Pas une mauvaise chose ? ! Sa maîtresse m’a dit l’autre jour qu’elle avait attaqué un garçon de sa classe sans même le toucher. Il avait trois entailles béantes sur la joue !
-Tu sais, à l’école, tout le monde la met à l’écart et ses camarades ne se privent pas de lui faire mal… quand ils y arrivent.
-Mais bon Dieu ! Essais un peu de comprendre ! Elle serait capable de tuer si elle le voulait vraiment ! Elle est dangereuse.
-Je t’interdis de dire cela. C’est ta fille et elle n’a que six ans ! Ce n’est pas sa faute s’il se passe d’étranges choses. Je ne veux pas que tu la blâme pour quelque chose qu’elle ne peut changer.
-Le jour où elle deviendra incontrôlable, tu ne pourras pas dire que je ne t’aurais pas prévenu !


La petite fille n’entendis pas la suite de la discussion, elle était déjà remontée à toute allure dans sa chambre, pleurant à chaudes larmes.
Elle se réfugia dans son lit et sanglota bruyamment.
-Papa et maman ne m’aiment plus ! se dit-elle au milieu de ses plaintes. Je suis méchante !


Tout à coup, quelque chose tapa contre sa vitre.
Relevant la tête, elle aperçut un homme avec des cheveux et des yeux rouges qui la fixait. Une croix noire renversée occupait sa joue droite.
D’un geste de la main, l’inconnu ouvrit la fenêtre et entra dans la pièce.

-Qui tu es, toi ? demanda la petite en reniflant.
L’homme ne répondit rien et se pencha pour ramasser la poupée qu’elle avait jetée à bas du lit dans sa peine.

Il la lui tendis et s’accroupi pour que son visage pâle soit à sa hauteur.
-Ne pleure pas petite Livia. Un grand destin t’attend, tu verras.

Sur ces mots, il disparut par là où il était entré après un dernier sourire.
L’enfant se précipita vers la fenêtre, scrutant la nuit mais l’homme avait disparu. Elle sera fort sa poupée et resta longtemps dans la même position, debout face à l’obscurité jusqu’à ce que sa mère vienne la prendre dans ses bras et la glisser dans son lit.

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Mar 21 Juin - 23:30

Chapitre 6 : Sad Day :



Severus se réveilla en larmes. Le rêve qu’il avait fait avait été si… poignant.
Voir l’enfance de sa femme qu’il adorait l’avait profondément remué.
Il aurait aussi bien pu ne pas porter foi à ce rêve, cependant, il pressentait au fond de lui que cela avait vraiment eut lieu. Quelque chose le tracassait tout de même.
Les parents de Livia qu’il avait vu en rêve étaient très différents de ceux qu’il avait rencontrés lors de sa septième année. Et puis, il y avait cet homme avec une croix noire sur la joue.
Livia avait-elle connu cet individu ? Il ne l’avait jamais vu n’y n’en avait même pas entendu parler.
Il aurait tellement voulu en débattre avec sa défunte femme mais il savait pertinemment que c’était impossible.
Elle n’était même pas un fantôme.
Elle n’était plus qu’un souvenir ineffaçable.

Il essuya ses pleurs, s’en voulant de toujours se mettre dans de tels états même après quinze ans.
Il s’habilla hâtivement de l’une de ses éternelles robes noires qui étaient pour lui une manière de porter discrètement son deuil. Il portait un peu de couleur avant, lors de ses débuts de professeurs. Malheureusement, la vie l’avait condamné à porter la couleur de la souffrance.
Il sortit sans bruits de la pièce sans voir ou même sentir Naaline se percher d’un bond souple sur son épaule.
Il n’avait pas faim aussi décida t’il de continuer la préparation de ses cours pour préparer la rentrée qui avançait à grands pas.

En entrant dans son bureau, il repéra immédiatement la forme endormie d’Ombeline.
Il entendait à peine sa respiration profonde et paisible, voyant seulement la couverture suivre ce rythme régulier. Ses cheveux en bataille couvraient l’accoudoir de velours, faisant comme une nappe d’encre sur le tissu. Severus eut un instant de remord en pensant qu’il ne lui avait même pas prêté d’oreiller.

A cet instant, il sentit l’irrépressible envie d’embrasser cette bouche tentante, de tenir la jeune femme dans ses bras et de la serrer contre lui à la briser comme pour garder en lui l’empreinte de ce corps superbe.
Il ne se rendit pas compte que ses pas légers le portaient près d’elle.
C’était étrange comme elle pouvait ressembler à Livia.
Il se dégageait d’Ombeline ce même parfum de mystère à jamais irrésolu, ce même pouvoir attractif presque effrayant par son intensité.
Et puis il y avait sa peau d’une blancheur nacrée comme l’intérieur d’un coquillage, ses yeux étrangement verts et jusqu’à sa taille, ni trop petite, ni trop grande. Tout cela la rendait si troublante, si belle, comme une image oubliée de sa femme que Severus craignait de ne pouvoir résister à ses charmes.
Il la détestait de le détourner ainsi du vœu qu’il avait fait, celui de ne plus jamais toucher aucune autre femme à part Livia. Mais celle-ci aurait-elle approuvé un tel sacrifice ? Il n’en savait rien mais il refusait à trahir de la sorte celle qui avait été sa vie et son premier et unique amour.
Cependant, sa nouvelle assistante était si belle, si désirable…

Brusquement les yeux d’Ombeline s’ouvrirent et Severus prit conscience qu’il se trouvait maintenant penché sur elle, par chance encore assez loin du visage de la belle.
Récupérant aussitôt son masque hostile, il se redressa avec raideur.
-Ah ! Enfin ! J’ai bien crut que je n’arriverais jamais à vous réveiller ! Ce n’est pas un hôtel ici et j’ai du travail pour vous ! lança t’il d’un ton cassant.
-Ouais, c’est bon ! lâcha Ombeline, non sans une certaine aigreur, en se redressant et frottant ses yeux encore lourds de sommeil.
Severus lui jeta un regard noir mais alla s’installer à son bureau, les lèvres pincées, afin de commencer son travail, tournant le dos à la femme.

Profitant que le Maître des Potions avait le dos tourné, Ombeline avala d’un trait la potion ambrée de son pendentif tout en bénissant le professeur d’avoir un bureau sans fenêtres.
Elle finit par demander avec humeur :
-Je peux utiliser votre salle de bain, au moins ?
Un grognement à mi-chemin entre l’approbation et l’exaspération lui répondit et elle s’empara de quelques affaires dans sa malle avant de disparaître derrière la porte de chêne.

Ombeline fit choir ses vêtements sur le carrelage bleu sombre avant d’entrer en un mouvement onduleux dans la cabine de douche.
L’eau tiède lui faisait du bien, la réveillant tout à fait. Elle réfléchissait au rêve qu’elle avait fait cette nuit.
Il avait été si étrange, si réel qu’elle avait presque l’impression que cela avait réellement eut lieu.
Des questions sans réponses tournoyaient dans son esprit embué.
Qui était cette petite-fille blonde qu’elle avait vu en songe lors de sa courte nuit ? Elle avait la vague impression de l’avoir déjà vu, de la connaître intimement sans jamais l’avoir rencontré. Quel lien avait-elle avec cette enfant ?
Et puis il y avait le démon dont elle avait fait la connaissance avec Ivan le soir de sa première sortie depuis son réveil dans le tombeau.
Elle ne comprenait plus rien.
Les relations entre les personnes étaient plus complexes que ce qu’elle pouvait imaginer.
Son esprit dériva peu à peu vers son ténébreux collègue et étrangement, elle sentit son cœur s’accélérer.
Avait-elle imaginé l’expression de son regard lorsqu’elle avait ouvert les yeux ou bien la détaillait-il avec… envie ? Désir ? Amour ?
Quoi que cela ait put être, son visage c’était fermé dès qu’il l’avait vu éveillé.
Peu à peu, à l’eau qui coulait sur sa peau nue se mêla bientôt quelques perles salées.
Ivan lui manquait tellement que ça en devenait presque insoutenable.
Elle désespérait loin de lui, pourtant c’était elle qui était partie mais elle avait tant besoin de savoir…
L’eau chaude qui parcourait sa peau de nacre réchauffait à peine son corps perpétuellement glacé. Ombeline coupa l’eau et s’enveloppa dans une grande serviette. Elle n’avait même pas froid au contact de l’air et de l’eau sur sa peau nue. Les seuls moments où la chaleur l’envahissait c’était lorsqu’elle s’abreuvait du sang de ses victimes, le liquide de vie lui procurant un bonheur indicible.
Une fois habillée d’un simple pantalon noir et d’un débardeur de la même couleur, elle rejoignit le professeur Rogue.

Celui ci était toujours penché sur son travail mais lorsque la jeune femme fit son entrée, il aboya abruptement :
-Vous en mettez un temps ! Vous n’êtes pas ici pour vous reposer que je sache ! Vous allez prendre les ingrédients qui sont sur la petite table là bas et les mettre dans les bocaux.
-Et je n’ai même pas le droit à un petit déjeuner ? répliqua Ombeline avec colère, son ventre commençant à crier famine depuis le temps qu’il était privé de toute substance nourricière.
-Il ne fallait pas traîner ! Vous déjeunerez plus tard ! Mettez-vous au travail !
Ombeline poussa un soupir exaspéré et jeta à son collègue un regard terrible de noirceur.
-Un s’il vous plait, ça vous écorcherait la bouche ?
-Probablement oui ! Alors dépêchez-vous, ma patience à des limites !
-Ah, parce que vous avez de la patience, vous ? fit la jeune femme, narquoise avant d’exécuter une révérence ironique. Très bien Monsieur le grand Maître des Cachots, je me mets au travail comme cela plait à Son Excellence ! !
Rogue sera les poings en réprimant sa haine mais se retourna vers ses notes après un dernier soupir d’agacement.
La jeune fille réfréna son envie de se jeter sur lui… Pour le vider de son sang bien sûr !



Sur la petite table basse face au canapé, trônaient toutes sortes d’ingrédients repoussants ainsi que des bocaux de formol encore vides.
Ombeline s’empara d’un cœur de dragon et observa le sang noir et presque coagulé, tâcher ses mains.
Comme la veille, les ingrédients à potions exerçaient sur elle un attrait mystérieux. Elle avait l’impression malsaine de n’être que l’une de ses choses mortes et putrides.
Tellement de choses lui échappaient. Pour quelle raison était-elle venue dans ce château et pourquoi avait-elle l’impression de connaître si intimement les lieux et les personnes qui s’y trouvaient ?
Et surtout : pourquoi donc était-elle au bord des larmes dès qu’elle se disait que Rogue devait vraiment la détester ?


Peut être que Naaline saurait lui expliquer malgré qu’elle ne parle que par énigmes…


Au bout d’un moment, le Maître des Potions sortit de la pièce et Ombeline put souffler un peu.
Elle détailla d’un air sombre ses mains couvertes de sang séché et de substances poisseuses et cela lui donnait l’impression d’être en train de se décomposer comme un quelconque cadavre.
C’était fascinant. Morbide mais fascinant.
Les tâches dessinant d’abstraits motifs la captivaient. Elle darda une langue prudente et goûta le mélange des substances corporelles qui lui souillait les mains.
Cela avait un goût fort de viande faisandée et plutôt âcre.
Malgré qu’elle n’y eut goûté que du bout de la langue, une saveur amère lui resta en bouche et cela avait exactement la saveur de son amertume morale.


Elle aperçut du coin de l’œil Naaline s’approcher d’elle mais elle ignorait si la créature pouvait lui être d’un quelconque réconfort et encore moins lui apporter la moindre réponse claire.
-Il ne faut pas lui en vouloir, Ombeline.
-Ah oui ? Pour quelle raison je te prie ?
-Parce qu’il souffre perpétuellement. Lorsqu’on souffre tellement, on devient irritable.
-Je pense pour ma part que tout le monde à ses petits problèmes et que s’il n’est pas capable de gérer les siens sans embêter les autres et bien c’est qu’il est vraiment plus stupide que ce que je croyais.


Plus stupide ? Elle ne savait pas… Alors pourquoi avait-elle le cœur si triste de le voir la traiter si rudement ? Au fond, c’était peut-être elle qui était stupide…

Naaline n’avait rien répondu, consciente que la Vampire n’avait pas tort. Elle se contenta de secouer doucement la tête avec lassitude et d’agiter ses quatre queues en un mouvement gracieux.

Elle allait encore devoir torturer le pauvre Severus car ce qui était oublié devait renaître au grand jour et les cinq élus devraient reconstituer le puzzle dont elle seule détenait la clé.



***



Harry se réveilla tôt, troublé par un rêve qu’il ne comprenait pas. Qui était donc cette fillette blonde, cette dénommée Livia ? Il n’avait jamais rencontré qui que ce soit qui se nomme ainsi…
Etrange… Etais-ce Voldemort qui lui tendait un nouveau piège à travers de ses rêves ? Mais alors, si c’était lui, où voulait-il en venir ?
L’esprit préoccupé, il descendit rejoindre Remus dans la cuisine, guidé par la bonne odeur des toasts grillés et des œufs au plat.



Le loup-garou était penché au-dessus de la cuisinière, afféré mais préoccupé comme en témoignait le léger pli qui barrait son front.
-Bonjour ; dit Harry en s’installant devant un copieux petit déjeuner.
-Salut, bien dormis ?
Harry acquiesça de la tête, remplissant son estomac affamé de toast à la confiture.
Lorsque son aîné s’assit face à lui, Harry remarqua son air un peu mélancolique, comme plongé dans des pensées bien tristes.
-Remus ? Que se passe t’il ?
L’interpellé soupira sans répondre avant de prendre sa tête dans ses mains.
-Remus ?
-Ce n’est rien, Harry, j’ai dû accumuler un peu trop de fatigue ; dit doucement l’homme en tentant un sourire qui ressemblait plus à un rictus.
-Vous savez, vous pouvez vous confier à moi quand vous allez mal. Vous le faites tellement souvent pour moi…
Son compagnon lui jeta un coup d’œil reconnaissant.
-J’ai rêvé de quelqu’un à qui je tenais beaucoup et ça m’a juste replongé un peu dans le passé.
-Qui donc ?
-Pardon ?
-A qui avez vous rêvé ? répéta Harry, curieux.
-A Livia, une très vieille amie.

Harry, songeur, appuya son menton sur sa main. Il remarqua avec étonnement que l’homme face à lui avait eut les yeux soudain brillants en prononçant ce nom. Cette personne devait être importante pour le loup-garou.

-J’ai rêvé d’une petite-fille qui s’appelait ainsi cette nuit.
-QUOI ?
L’exclamation de Remus fit sursauter le garçon.
-Oui, elle était blonde, avec des yeux verts et puis il y avait ses parents et un drôle d’homme avec une croix renversée sur la joue. Il me semble que les parents de la fille se disputaient…


Remus semblait complètement retourné par cette nouvelle.
-Harry, nous avons fait le même rêve !
-C’est étrange… Au début, j’ai cru que c’était Voldemort mais je ne pense pas, finalement, vu que vous l’avez fait aussi.
-Je t’avoue que je ne comprends pas non plus. Ce rêve était si spécial… C’était un fragment de l’enfance de Livia alors que d’habitude je ne rêve que du temps où je l’ai connue.
-Vous l’aimiez ?
-Hein ?
-Cette fille, vous l’aimiez, n’est ce pas ? Vos yeux brillent quand vous en parlez.

Remus resta sans voix. Le jeune homme était perspicace. C’est vrai qu’il avait aimé Livia, plus que n’importe qui, mais cela ne l’avait pas empêchée de se marier à un autre…

Il finit par répondre d’une drôle de petite voix, un peu étranglée, comme celle du garçon d’autrefois, maladroit et intimidé, qui avouait son amour à la plus jolie d’entre toutes :
-Oh oui… Plus que ma propre vie… Plus que… tout.



***



Ange fut sortit d’un sommeil bienfaiteur par les rayons du soleil filtrant entre les rideaux du lit à baldaquin. Elle bailla et s’étira avec délice.
L’oiseau de lumière, Silmaria, s’approcha d’elle en sautillant sur l’édredon.
-Tu as l’air bien joyeuse, Sil’ ; fit Ange.
-Tu sais pourquoi je le suis.
Ce n’était pas une question et la femme répondit tout de même, un feu brûlant dans ses prunelles :
-Evidemment. Elle a enfin déclenché les premiers rêves à la veille que les cinq soient réunis. L’histoire, notre histoire Silmaria, se met en place. Les acteurs montent sur scène, le premier acte est déjà annoncé…

Silmaria lança un trille joyeux et pur qui résonna longuement dans la pièce silencieuse.
Ange se leva souplement et entreprit de se préparer.
-Inutile de traîner au lit par une si radieuse journée… Que dirais-tu d’aller à la rencontre de notre collègue Ombeline ?
-Excellente idée ; approuva l’oiseau.
-Tu dis cela parce que tu avais la même ; la taquina Ange.
-Normal, je suis toi… Enfin… La part raisonnable de toi-même !

Ange éclata d’un rire franc.
-Toi, raisonnable ? Tu ne l’es par les circonstances même de ton apparition !
-Comment oses-tu, Humaine ? s’offusqua faussement Silmaria.
-Ne te vexe pas, je pourrais culpabiliser ; renchérit la femme. Allons, ne me retarde pas plus, je m’en voudrais de ne pas prendre par à notre destin.

Ange sortit de la pièce, Silmaria sur son épaule, invisible pour tout œil humain autre que celui de son amie.
-Il est temps que les âmes fassent partit du jeu ; pensa l’oiseau.

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Jeu 30 Juin - 14:39

Chapitre 7 : L’œil et la flamme



Ange était attablée dans la Grande Salle, seule encore pour quelques minutes avant que n’arrivent les autres professeurs, et déjeunait paisiblement, Silmaria perchée sur son épaule.
La porte s’ouvrit et la femme vit entrer une Ombeline à l’air furieuse – et affamée. La nouvelle venue s’assit près de sa collègue et entama son repas comme si c’était la première nourriture qu’elle recevait depuis des mois, après un vague bonjour à l’adresse d’Ange.
Cette dernière étouffa un petit rire qui fit relever la tête d’Ombeline.
- Qu’y a t’il ? demanda t’elle avec une once d’agressivité.
- C’est juste que vous mangiez avec un air tellement rageur que s’en est presque comique ; dit doucement Ange.
-Oh ! Vraiment ? Et bien sachez que j’ai mes raisons ! Si cet imbécile de Rogue ne m’avait pas empêché de prendre un petit déjeuné, je serais sûrement moins en colère.
La réplique avait été glaciale, dépourvue de toute chaleur et Ange songea distraitement qu’affamer la belle Vampire était un acte suicidaire !
Sans se formaliser du ton de sa compagne, elle entama la conversation :
-Je m’appelle Ange Barton, et vous ?
-Ombeline. Vous êtes professeur de Défense contre les Forces du Mal, non ?
-Oui. Ce n’est pas trop dur de travailler avec ce Monsieur Rogue ? Son caractère taciturne et agressif est légendaire.
Ombeline poussa un soupir las et plus qu’agacé.
-Ce n’est pas une légende ! Il EST taciturne et surtout vraiment idiot !
-Je pense qu’il est intelligent mais pas dans les relations humaines… dit Ange d’un air amusé.
-Justement je ne suis pas humaine ; pensa brièvement Ombeline.
Un silence s’installa entre les deux femmes. On n’entendait plus que le bruit des couverts s’entre choquant et cela résonnait fortement dans les oreilles sensible d’Ombeline. Sa tête lui faisait mal. Elle avait tant besoin du sang chaud d’une victime. C’était décidé, dès qu’elle en aurait l’occasion, elle s’en procurerait. D’un geste mécanique, elle toucha la petite amphore de verre qui contenait sa potion et songea aux paroles d’Ivan sur le sujet.

« Le Philtre de Lune à été un peu amélioré récemment – amélioré pour nous j’entends. Il nous permet de vivre comme des Mortels durant la journée et de nous nourrir comme l’un d’entre eux mais la potion perds son effet beaucoup plus tôt, vers vingt-trois heures au lieu d’une heure du matin. Il nous permet aussi de garder nos pouvoirs intacts durant la journée comme notre ouïe ou notre vue surdéveloppées. On peut aussi faire apparaître ou disparaître nos canines à volonté, ce qui veut dire, et c’est là la plus grande amélioration, que nous pouvons tuer durant la journée. »

Un sourire carnassier s’attarda un instant sur ses lèvres fines. Elle ignorait qu’Ange avait suivit le moindres de ces gestes.


Leur repas fini, Ange proposa :
-Voulez-vous que nous allions profiter du beau temps dans le parc ? Nous pourrions nous détendre un peu.
-Pourquoi pas ? répondit Ombeline, une part d’elle-même craignant tout de même un peu de s’exposer à l’astre du jour, dans un réflexe vampirique.

Elles sortirent d’un pas neutre et s’assirent près du lac dont la surface était presque argentée sous les rayons solaires. Les arbres de la Forêt Interdite couvraient le sol de leur ombre fraîche, faisant un rempart à la chaleur estivale. Pas une feuille ne bougeait dans l’air un peu moite et lourd.
Ombeline observa le profil de la femme près d’elle et se demanda comment elle avait pu être ainsi recouverte de cicatrices et surtout quelle créature aurait pu lacérer ainsi sa peau sur chaque centimètre. Elle savait que ces marques couvraient le corps d’Ange vu la manière dont celle-ci le dissimulait.
Elle portait toujours ses gants noirs.

-Vous vous demandez comment sont apparu ces cicatrices.
Ce n’était pas une question et Ombeline tourna les yeux, gênée d’avoir peut-être été impolie.
Ange sourit avec douceur et compréhension. Lentement, elle retira ses gants et exposa ses paumes au regard de la Vampire.
La paume droite était traversée de part en part par un étrange signe, formé de deux traits entrecroisés et d’une flamme stylisée tracée par-dessus. Le signe était d’un noir de geais, rougeoyant un peu dans la lumière.
Quant à la gauche, elle abritait le dessin d’un œil à l’égyptienne d’où s’échappait une larme noire.
Le reste des mains était également couvert par les même cicatrices que sur son visage.
Ombeline était intriguée et ne saisissait pas la signification de ces dessins. Toujours sans un mot, Ange fit apparaître dans sa main droite une longue flamme qui crépita un instant sur le symbole sans jamais brûler la peau et disparut lorsque la femme referma ses doigts sur elle. Ombeline remarqua qu’une goutte de sang avait coulé sur l’herbe.
-Vous comprenez maintenant ? demanda Ange avec un air étrangement triste.
-Oui… souffla sa camarade. Enfin, pas tout mais l’essentiel, je crois. Que…
Elle s’interrompit, ne voulant pas sembler trop curieuse.
-Oui ?
-Que fait le second symbole ? dit-elle finalement.

Ange se mura une seconde dans le silence avant de répondre par une autre question :
-Vois-tu Naaline, le chat de lumière aux quatre queues terminées par une plume ?
-Oui, je la vois. Elle est apparue tout à coup, lorsque Dumbledore nous a accueillies, elle reste perchée sur l’épaule de Rogue mais elle m’a parlé.
-Bien. Sais-tu ce qu’elle est ?
-Non, je n’avais jamais vu une telle créature auparavant.
-Elle est une Ame.
-Pardon ?
-Tu as bien entendu, c’est une Ame.
-Mais… Mais…
Ange la coupa d’un geste de la main et poursuivit :
-Chaque être humain, Sorcier ou Moldu, possède une Ame. C’est comme si ce que tu es réellement au plus profond de toi se personnifiait sous la forme d’un animal, plus ou moins imaginaire. Seulement personne ne peut voir sa propre Ame et encore moins celle des autres. Pourtant elle est toujours près de nous, à nous suivre fidèlement et à veiller sur nous même si elles peuvent être de mauvais conseil. Seule une poignée de personnes dans le monde savent les voir. J’en fait partit. C’est la marque dans ma main qui le prouve. Maintenant je peux voir Silmaria.
-Silmaria ? répéta Ombeline, un peu hébétée par toutes ces informations qui lui arrivaient en bloc.
-Mon Ame. Nous pouvons converser toutes les deux et je peux la voir.
-Quelle est sa forme ?
La femme ne répondit rien – peut être étais-ce trop personnel comme question ; pensa Ombeline.
Comme elle semblait perdue dans de sombres pensées, Ombeline la relança :
-Alors Naaline est une Ame ? Mais pourquoi puis-je la voir ?
-Parce qu’elle à choisit de se montrer à toi. Cela arrive parfois, seulement dans le cas où la personne n’aurait pas d’Ame… Autrement dit, lorsqu’elle n’est pas humaine.

La dernière phrase de sa compagne résonna aux oreilles d’Ombeline et elle se leva d’un bond, ses prunelles se hérissant de dangereux éclairs de fureur. Il lui semblait qu’on avait percé sa carapace et elle détesta cette sensation.
-VOUS RACONTEZ N’IMPORTE QUOI ! hurla t’elle en disparaissant dans le château comme une furie.


-Là tu as mis les deux pieds dans le plat… soupira Silmaria.
-Bien sûr. Il est temps qu’elle sache ; dit Ange d’un air parfaitement calme et détendu. J’ai piqué sa curiosité. Elle voudra en savoir plus.
Silmaria s’envola quelques secondes et se posa dans l’herbe rase avec grâce.
-Pourquoi est-ce que tu ne peux pas t’empêcher de provoquer les créatures de la nuit ?
-Ca doit être mon petit côté rebelle ; plaisanta Ange avant de se lever et de rentrer dans le château.


***


Severus se servit un verre de brandy, la liqueur le réchauffant de l’intérieur. Ce n’était pas encore ce midi qu’il allait manger. Peut-être ce soir…
La voix de sa conscience lui reprochait de se tuer peu à peu sans Livia pour veiller sur lui mais il s’en moquait.
Il se laissa tomber devant la cheminée, dont le feu était toujours allumé dans ces parties glaciales du château.
Il avait toujours fait froid dans les cachots, quel que soit le temps, un froid pernicieux qui s’introduisait dans les cœurs jusqu’à les geler.

Pourtant Severus se moquait de cette inquiétante particularité de ses appartements. Après tout, c’était en ces murs que Livia avait été confinée lorsqu’elle n’avait plus eut de Philtre de Lune et qu’il avait dû en refaire. C’était aussi là qu’ils avaient échangé leurs premières confidences, leur tendresse toute neuve et leur premier baiser.
Les cachots ne gèleraient pas le cœur du Maître des Potions car celui-ci était froid même au soleil, la plus grande chaleur ne pourrait faire fondre la pellicule de glace qui le recouvrait car il était mort lorsque sa reine avait été assassinée.

Il ferma un instant les yeux pour éviter de se noyer une nouvelle fois dans ses souvenirs morbides.
Soudain, il poussa un léger cri de surprise.
La marque sur son avant bras le brûlait, meurtrissant sa peau. Il releva sa manche et vit avec horreur la Marque des Ténèbres devenir plus noire que l’encre. Voldemort appelait ses serviteurs.



***



Dumbledore expira profondément. Quant Voldemort allait-il enfin être détruit définitivement ? Cela pressait car, de jour en jour, le Mage Sombre se faisait plus meurtrier, ses sbires n’agissant même plus dans l’ombre, attaquant sans répit.
Il observa d’un œil fatigué le parchemin que venait de lui apporter Fumseck.
« Attaque de Mangemorts prévue sur Laydinbourg via la Forêt Interdite. Prendre les mesures nécessaires au plus vite. »

Laydinbourg était un village Moldus juste derrière la Forêt Interdite et l’un des quartiers généraux de l’Ordre du Phénix. Voldemort devait vouloir frapper un grand coup et instaurer la peur dans les rangs ennemis. Heureusement que Dumbledore disposait de nombreux espions.
-Tom doit se dire la même chose, après avoir appris que nous étions aussi basé dans ce village… songea tristement le vieil homme.



***



Lorsque Remus reçut un hibou de Dumbledore, il poussa un cri de stupeur et d’angoisse mêlée.
Tous les membres de l’Ordre devaient contre attaquer les troupes de Voldemort avant que celles-ci fassent un carnage parmi la population et les membres présents à Laydinbourg.

Remus se rua dans la cuisine, se saisit d’un bocal contenant de la Poudre de Cheminette, en jeta une pincée dans les flammes avant de se précipiter dans l’âtre et d’annoncer d’une voix claire mais affolée :
-13, Garden Place. Laydinbourg.
Un tourbillon de flammes vert émeraude l’emportèrent à l’adresse indiquée.

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Jeu 30 Juin - 14:39

Lorsqu’il apparut dans la cheminée du 13, Garden Place ; il remarqua qu’un nombre important des membres était déjà là. Il y avait quelques têtes inconnues, remarqua t’il en s’installant autours d’une longue table ovale.
Il eut un instant de stupeur en reconnaissant Ange, assise à côté d’une jeune fille – il ne lui donnait que dix-sept ou dix-huit ans – aux cheveux noirs coupés courts et aux yeux verts.
Dumbledore, assit à une extrémité de la table, se leva et commença :
-L’heure est grave. On nous a signalé qu’une attaque de Mangemorts aura lieu ici même et ce d’une minute à l’autre. Je ne m’étendrais pas de peur de perdre un temps précieux. Il va falloir que nous fassions face à la garde rapprochée de Voldemort, sûrement ses éléments les plus dévoués et les plus meurtriers. Ils arriveront par la Forêt Interdite et passeront par la grande rue pour arriver directement ici. Nos espions m’ont indiqué qu’il ne devait y avoir aucun survivant alors à nous de les repousser comme nous pouvons. Ce ne sera pas facile même si nous avons à compter aujourd’hui sur deux nouvelles recrues : Ange Barton et Ombeline.
Sur ce, je vous souhaite une bonne chance et beaucoup de courage.



Remus avait le cœur serré lorsqu’il se posta à la lisière de la sombre forêt, tout près d’Ombeline et d’Ange. Les deux femmes avaient le visage fermé et regardaient droit devant elles.
Ombeline se concentrait au maximum afin de percevoir avant tout le monde, la rumeur d’une attaque. Elle était ici par hasard, ayant surpris une conversation entre Dumbledore et Rogue. Ce dernier avait l’air fou de rage de la voir mais le directeur avait pris la femme à part, lui expliquant très brièvement la situation et ce qu’était l’Ordre du Phénix. Celle-ci s’était tout de suite rangée aux côtés de Dumbledore, guidée par son seul souvenir, autre que celui du nom « Poudlard », qui lui faisait haïr le nom de Voldemort.

Ce fut Ombeline la première qui se retourna et qui découvrit avec une horreur sans borne que les silhouettes encagoulées des Mangemorts n’arrivaient pas par la forêt mais par l’opposée.
Les sorts mortels fusaient des baguettes des sorciers sombres, tuant tous ceux qui se mettaient en travers de leur chemin.
Des hurlements montaient des maisons des villageois que visitaient les Mangemorts et la Vampire sentit soudain sa colère s’embraser et elle poussa une sorte de rugissement avant de se précipiter vers le premier ennemi venu. Elle avait une baguette magique mais celle-ci ne lui servirait pas. Elle usa de sa vitesse surnaturelle pour se jeter sur l’un des attaquants. Celui-ci tomba au sol sous le choc et il lutta un moment contre un adversaire trop fort pour lui avant de s’affaisser comme une poupée de chiffons, vide de son sang.

Ange lançait des sorts en tout sens, se défendant comme une lionne, poursuivant ses adversaires avec une véritable fureur qu’attisait en elle le fait de voir mourir tous ces innocents, ces femmes, ces enfants…
Tout à coup, elle se retrouva acculée par trois des assaillants. Des ricanement s’échappaient des cagoules cachant les visages de ses démons humains et ils levèrent leurs baguettes d’un même mouvement et trois jet de lumière verte fusèrent vers la femme mais celle-ci retira en un éclair le gant de sa main droite et un dôme de flammes se forma autours d’elle, la protégeant des sorts. Lorsque la protection magique disparue, les trois Mangemorts eurent un mouvement de recul.
Ange était entourée d’une flamme puissante qui crépitait tout autour de son corps, le brasier se reflétant dans son regard plus dur que jamais. Elle fit un geste de la main vers le premier des hommes et une boule enflammée fondit sur lui, le tuant sur le coup. Le second subit le même traitement et le troisième fut atteint par un sort mortel lancé au hasard de la bataille en essayant d’échapper à la terrible femme.

Ombeline régnait en maîtresse sur le carnage, fondant sur ces proies comme un ange apocalyptique, fauchant les vies avec une férocité sans égale. L’odeur du sang et de la mort excitait la Vampire, la rendant plus terrible et belle que jamais. Elle avait put étancher sa soif grâce au chaos qui régnait autours d’elle, dissimulant ses meurtres et elle n’attaquait maintenant que pour apporter le trépas.

Remus tuait chaque ennemi avec une colère sourde grondant en lui. Le loup-garou emprisonné dans son corps envahissait le cerveau de l’humain, l’emplissant de haine et de désir de mort.
Il avait vu déjà deux membres de l’Ordre mourir de la main de Mangemorts et des maisons du village brûlaient, les Moldus courant en tout sens en hurlant, paniqués par ce combat entre êtres surnaturels. Nombre d’entre eux avaient déjà péris soit par les flammes, soit par les hommes du Seigneur Ténébreux, emplissant le cœur de Remus d’une profonde tristesse, ce qui décuplait encore sa rage et son désir de vengeance.



Au milieu du champ de bataille, Ange, devenue une véritable machine à tuer, repoussait les restes des troupes ennemies à grand renforts de sortilèges. Un long filet de sang coulait de sa main droite, gouttant sur le sol déjà imbibé du liquide de vie.
Peu à peu, les combats cessèrent, le calme revint un peu tandis que les derniers Mangemorts transplanaient en désordre vers leur base.
La femme en avait la nausée. Tous ces corps qui jonchaient les rues, ces corps à l’odeur insupportable… Tant de gens avaient péris aujourd’hui.
Tant de morts, tant d’innocents, tant de vies brisées, de familles décimées…

Ombeline s’approcha doucement des restes de l’Ordre, frissonnant, son odorat sensible empli des effluves de cette bataille. Les Sorciers jetèrent des sorts d’eau sur les maisons pour arrêter le brasier qui s’étendait dans le village.
La plupart des villageois avaient fui, terrifiés par ces choses qu’ils ne comprenaient et ne s’expliquaient pas.
Sûrement, l’Ordre du Phénix allait devoir jeter à chacun d’entre eux des sortilèges d’amnésie.
La Vampire était repue, réchauffée de l’intérieur par le sang qui coulait dans ses veines.
Elle se laissa tomber sur un banc à moitié brûlé avec un soupir fatigué. Elle avait besoin de dormir mais malheureusement, elle ne le pourrait pas encore avant la nuit prochaine.
Elle vit Ange s’approcher d’elle et s’asseoir à côté d’elle.
-Deux membres ont péris ; annonça t’elle. Mais les pertes dans les rangs des Mangemorts sont plus cruelles.
Sa compagne se mura dans le silence, à nouveau agacée de savoir que cette femme était capable de la percer à jour sans qu’elle puisse en faire autant. Elle pouvait sentir une odeur de sang provenir du gant de sa main droite, celle où elle avait ce signe bizarre avec une flamme et elle se demanda si c’était son sang ou celui de ceux qu’elle avait tués.
Elles regardèrent sans un mot les autres s’affairer à regrouper les corps, tout aussi lasse l’une que l’autre.



***



Severus se dépêcha de retourner à Poudlard et plus précisément dans ses appartements.
Fermant la porte derrière lui, il soupira de soulagement et retira la longue robe noire à capuchon, trempée de sang avant de se laisser glisser dans un bain chaud, lavant son corps de tout ce sang.
Il était épuisé, écœuré et n’aspirait plus qu’à se laisser mourir ici, dans cette eau si chaude qui le délassait.
Il se dégoûtait de devoir répondre aux appels de Voldemort pour assurer son rôle d’espion et de tuer pour le Mage Noir qu’il haïssait.
Cette fois-ci il avait pu rester un peu en dehors des combats mais il était bien obligé de jouer le jeu pour éviter de devenir la cible du courroux de son ancien mentor. Lucius le surveillait aussi, sûrement sous ordre du Maître.

Il avait vu sa nouvelle assistante se battre dans les rangs de l’Ordre ainsi que le professeur de Défense Contre les Forces du Mal.
Il avait été exaspéré par la vision d’Ombeline mais il n’avait pu nier qu’elle faisait du bon travail. Elle avait tué de nombreux Mangemorts, de manière très étrange d’ailleurs. Elle ne s’était pas servie de sa baguette une seule fois, tuant à main nues et avec une force surnaturelle chacun des ennemis qui croisaient sa route.

Il n’y avait qu’une seule sorte d’êtres qui pouvaient faire preuve d’une telle adresse et d’une telle férocité ; les Vampires.
Cependant, il ne voulait pas arriver à des conclusions trop hâtives et risquer de se tromper.
Il devrait la prendre sur le fait.
Il devait la démasquer car si un Vampire c’était introduit à Poudlard, c’était sans aucuns doutes pour n’apporter que des problèmes et pire encore au sein de l’Ordre du Phénix.

Il la surveillerait et la démasquerait pour mieux l’avoir sous son talon. Elle était décidément bien trop semblable à sa chère Livia….


Un rictus cruel déforma ses lèvres pâles et il se glissa un peu plus dans l’eau chaude.

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Dim 24 Juil - 17:17

Chapitre 8 : la marche du destin :



Remus se laissa tomber sur le canapé du salon de l’ancienne maison des Blacks. Sa tête bourdonnait sourdement et une large plaie s’étendait sur son front. L’odeur âcre du sang l’écœurait.
Il voulait dormir. Il était épuisé, aussi bien moralement que physiquement mais il savait qu’il ne pourrait trouver le sommeil. Le souvenir de l’attaque des Mangemorts ne s’imposait que trop à son esprit.
Il ferma les yeux et expira longuement.

Une voix un peu tremblante et hésitante le sortit du demi-sommeil qui l’avait surpris.
-Remus ? Ca va ?
Les yeux bleus de l’homme se tournèrent vers Harry, en pyjama, qui l’observait avec un mélange de crainte et d’interrogation bien visible sur son visage.
-Ca va, ce n’est rien ; répondit l’interpellé d’un air las avec un sourire qui se voulait rassurant mais qui sonnait faux.
-Vous mentez mal ; insista le garçon en s’approchant de son compagnon. Il y a eut quelque chose de grave ?
Capitulant, Remus dit d’une voix où perçait sa fatigue et son désarroi :
-Les Mangemorts ont attaqué l’un de nos quartiers généraux près de Poudlard. Ils ont massacré la population et tués deux membres de l’Ordre, Elphias Doge et Hestia Jones. Nous avons réussi à les mettre en fuite, heureusement.


Harry se tint coi quelques instants, assimilant ces graves informations.
-Pourquoi Voldemort a t’il attaqué maintenant ? Pourquoi pas à la rentrée ?
-Dumbledore pense que c’était un avertissement. Beaucoup de Moldus sont morts ce soir. Nous avons dut jeter des sortilèges d’amnésie aux survivants. C’était un véritable carnage.
La voix de Remus s’éteignit à ce mot et il réprima tant bien que mal un léger sanglot.
S’apercevant de l’état peu glorieux de son ancien professeur, Harry s’assit près de lui, le dos collé au torse de Remus.
-A chaque fois que quelque chose de ce genre à lieu, je ne peux pas m’empêcher de penser que c’est de ma faute. Il n’y aurait pas autant de problèmes si je n’étais pas là, si Voldemort m’avais tué. Je ne peux même pas aider lorsque des attaques ont lieu alors que je voudrais tellement protéger tous ceux qui risquent leur vie pour battre ce monstre de Voldemort… Je n’ai même pas pu aider Sirius… Qu’est ce qu’il dirait s’il me voyait terré dans un coin pendant que tous se battent ?

Remus entoura la taille du jeune homme dans un mouvement presque paternel et parla sur un ton plus que sincère qui toucha ce dernier au cœur :
-Ne dis pas des choses pareilles. Sirius a toujours été fier de toi et il t’aimait beaucoup. Crois-moi, il n’aurait pas voulu que tu risques ta vie. Et si tu étais mort étant bébé, la situation serait mille fois pire ! Voldemort contrôlerait sûrement tout et nous n’aurions même pas une seule étincelle d’espoir. Qui donc a permis d’officialiser le retour de Voldemort ?
-…
-Toi, Harry. Qui le tient en échec depuis cinq ans ?
-M… Moi ?
-Exactement. Sans toi, ce n’est pas ce village Moldus qu’aurait attaqué Voldemort mais Poudlard lui-même !
-Oui mais Sirius…
-Serait mort aussi ; le coupa Remus. Il devait mourir, c’était ainsi. C’était son destin.
-Il n’était même pas jugé innocent…
Le ton d’Harry avait été si triste, si plein de regrets que Remus se redressa malgré la douleur des contusions qui rendaient son corps moins mobile et posa ses mains sur les épaules du garçon pour le regarder droit dans les yeux.
-Là où il est tous sont innocents. La mort efface tout et quand le calme reviendra, lorsque Voldemort ne sera définitivement plus de ce monde, nous ferons en sorte de faire réviser son procès pour qu’il soit déclaré innocent. Ainsi justice sera faite.


Harry acquiesça et se laissa serrer dans les bras de Remus, il se sentait plus en paix avec lui-même. Il allait tout faire pour battre Voldemort et montrer au monde sorcier que Sirius était innocent.



***



Elwin sortit du manoir à pas feutrés, nulle oreille humaine aurait put l’entendre tant sa démarche était silencieuse. Il rejoignit une silhouette sombre adossé à une colonne. Autours d’eux s’étendait une grande cour intérieure où des massifs de roses trémières au parfum entêtant s’épanouissaient dans la nuit. De hautes colonnes formaient une arche de marbre noir s’élevant haut au-dessus de leurs têtes. Du bout des doigts, Elwin caressa les pétales veloutés de l’une des fleurs, s’arrêtant un instant pour admirer sa couleur rouge sombre, tirant sur le noir.
Il aimait les roses pour leur beauté pourtant parée d’épines. Il prit la fragile plante entre ses longs doigts délicats et la serra soudain dans son point avec rage, arrachant les pétales et les éparpillant au sol.


Deux bras vinrent entourer le torse du démon et celui ci se raidit en sentant contre sa jugulaire le souffle chaud de l’homme encagoulé.
- C’est bien mon Elwin… Tu as été… parfait.
-Je n’aime pas quand tu me demande ce genre de choses, Ivan. Je n’aime pas du tout ça ; répliqua sourdement le démon.
Ivan laissa tomber son capuchon sur ses épaules et se frotta contre le dos de son compagnon tout en lui susurrant à l’oreille :
-Moi j’aime ça. J’aime obtenir ce que je veux. Mais ce que j’aime encore plus c’est semer la mort et la destruction…
Le Vampire déposa un baiser mutin dans le cou d’Elwin, ce qui fit se crisper plus encore le beau démon. Les mains affolantes d’Ivan couraient sur son torse, le caressant ou le chatouillant au gré de son humeur et Elwin laissa échapper un léger soupir de désir.
-Ivan, a… arrête ; balbutia t’il, perdant peu à peu tout contrôle.
-Oh non… Il y a encore une chose que j’aime, c’est te rendre fou…
Un long gémissement sourd sortit de la bouche d’Elwin qui abandonnait maintenant tous ses reproches envers son bourreau lorsque la main de celui ci s’attarda plus bas.

Chacun des baisers dans le cou que lui prodiguait son partenaire était comme une décharge d’électricité. Les dents du Vampire caressèrent la chair brûlante de son démon et il le mordit avec délicatesse, n’aspirant pas de sang mais faisant jouer ses canines effilées contre cette chair qui lui faisait envie.
-I… Ivan …
-Oui mon cher ? s’amusa le dénommé tout en poursuivant ses caresses osées.
-Si Voldemort…
Il ne put continuer, la bouche d’Ivan venant de se coller à la sienne. Lorsque ce dernier rompit le baiser, il lança d’un ton sans réplique :
-Je me moque de ce Mage Noir. Il ne sert que mes intérêts. Et s’il nous voit, comme tu le crains, cela n’aura aucune importance.
-Oui, mais nous sommes…
-Dans son manoir ? le coupa à nouveau Ivan avec un petit rire. Aurais-tu peur, mon petit démon ?
-Non, je n’ai pas peur ; mentit Elwin d’un air offensé.
-Bien. Si un de ces stupides Mangemort nous voit, nous n’aurions qu’à l’inviter à ce joindre à nous ; ricana le Vampire.
-Hé ! protesta son amant. Je refuse !
Se retournant, Elwin plaqua le Vampire contre l’une des colonnes qui délimitait la cour intérieure et l’embrassa avec sauvagerie et possessivité.
-Je t’interdit de tripoter qui que ce soit d’autre que moi !
-Compte là dessus ! répliqua Ivan avec un air cruel avant de reprendre le dessus de la situation en plaquant à son tour Elwin contre la colonne et entreprenant de glisser sa main sous ses vêtements.
Elwin le prit par le col et colla sa bouche sur celle du Vampire, savourant la froideur de ses lèvres et entreprit de le réchauffer de ses mains. Il se laissa bientôt renverser sur l’herbe et se laissa aimer, profitant de la furtive étreinte intime.


Cachés par le massif de roses, Elwin murmura, rompant le silence qui s’était instauré entre Ivan et lui :
-Pourquoi est-ce que tu t’allies avec ce Voldemort ? Moi je ne l’apprécie pas du tout.
-Je ne l’apprécie pas plus que toi.
-Dans ce cas, quelles sont tes raisons ?
-Je veux récupérer Ombeline.
Le regard d’Elwin se fit plus dur à l’entente de ce nom et il sentit la jalousie prendre possession de son esprit.
-Il n’y en a que pour elle ! Toujours et cela depuis près de dix-huit ans ! Je commence à me lasser de t’entendre en parler continuellement. D’autant que je ne suis déjà pas fier de ce que j’ai fait… Tu l’aimes trop, ça t’aveugle.

Sur ces mots, il se redressa et alla s’asseoir sur un banc de pierre, tout près des roses. Il se sentait furieux et triste à la fois ce qui le faisait brûler intérieurement.
Ivan vint s’asseoir à côté de lui et dit d’un air un peu penaud :
-Excuse-moi, Elwin, je ne voulais pas te vexer. C’est compliqué tout ça… Mes sentiments…
-Parlons en de tes sentiments ! s’écria le démon avec humeur. J’ai l’impression de te servir uniquement pour assouvir ton besoin de compagnie.
-Tu te trompes. J’adore être avec toi…
-Mais tu aimes aussi cette fille.
-Oui ; avoua Ivan d’un air un peu triste.

Elwin laissa échapper un soupir et se leva, fixant ses prunelles écarlates dans le regard améthyste de son amant.
-Ecoutes moi bien maintenant. Tu m’as invoqué pour faire ton petit trafic afin de t’assurer la présence de cette fille qui se refusait à toi. J’ai accepté parce que, comme un idiot, je suis tombé amoureux de toi. J’ai violé au moins la moitié des lois démoniaques pour tes beaux yeux et j’ai quitté ma caste et ce, toujours par amour pour toi. Je vis en reclus dans un coin et ne sors que pour accomplir tes quatre volontés et tout ce que j’obtiens c’est le droit d’assouvir ton besoin de te faire câliner lorsque tu es trop seul et t’entendre causer de cette fille si extraordinaire à longueur de nuits. Même là, je me suis mis au service d’un vulgaire semi-Mortel – en violant toujours les lois de ma caste – parce que tu le voulais afin de ramener vers toi ta chère dulcinée. Mais je commence à en avoir vraiment par-dessus la tête de tes magouilles vampiriques. Je te préviens, Ivan, si tu continue, je romps notre contrat et je vais voir ailleurs.
A ces mots, le démon toisa le Vampire avec rage avant de s’envoler grâce aux deux majestueuses ailes de chauve souris qui venait d’apparaître dans son dos.


Son compagnon partit, Ivan pris sa tête dans ses mains et pleura doucement.
Quoi qu’il fasse, il perdait tout le temps ceux à qui il tenait.

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Dim 24 Juil - 17:18

***



Dumbledore, assit à son bureau, fixait d’un air fatigué l’échiquier de marbre qui trônait dans un coin de la pièce. Face aux pions d’ivoire, la reine d’ébène avait bougé pour la première fois depuis quinze ans. Dans les rangs des pièces blanches, deux pions avaient disparu et cela fit de nouveau soupirer le vieux sorcier.
Le roi d’ébène était plus menaçant que jamais pour les pièces face à lui.
-Quand est-ce que tout ceci se finira enfin, Tom ? murmura Dumbledore avant de se lever pour caresser Fumseck.



A des centaines de kilomètres de là, le dénommé Tom, alias Voldemort, éclata d’un rire macabre en contemplant l’échiquier. Tout se déroulait suivant ses plans.




***




Ombeline poussa la porte des appartements du professeur Rogue et, jetant un coup d’œil furtif dans la pièce, réprima un soupir de soulagement avant d’aller se laisser tomber sur le canapé où elle avait dormit la nuit précédente.
Elle avait de la chance, le Maître des Potions n’était pas là et elle pourrait peut être se reposer un peu ou prendre une douche afin de délasser ses muscles éprouvés par le combat contre les Mangemorts.
Elle ne chercha même pas à savoir où était Severus, trop heureuse d’avoir un peu de répit et décida de profiter de sa tranquillité pour se laver. Elle saisit au vol une robe de nuit propre et ouvrit la porte de la salle de bain.


Tout à coup, elle se figea sur place, la bouche légèrement ouverte dans une expression de surprise.
Dans l’eau du bain était étendu son sarcastique collègue, les yeux fermés et l’air profondément endormis.
Une vive rougeur colora les joues de la belle Vampire, qui se sentait étrangement incapable de détacher son regard de ce corps fin et pâle qui s’offrait à sa vue.
Elle avala péniblement sa salive et sortit le plus discrètement qu’elle pu, se laissant tomber dans le canapé, plus troublée que jamais.

Elle essaya de lire, de dormir, de tourner en rond mais rien n’y fit.

Elle ne réussissait pas à chasser de son esprit l’image de son collègue nu et abandonné dans une eau limpide, ni à calmer les battements de son cœur et la rougeur sur ses joues.

Elle tenta de se taper la tête contre le canapé pour s’en sortir toutes les idées perverses mais ça ne marcha pas plus.

Elle abdiqua finalement et s’allongea sur le divan, fermant les yeux.

Elle était triste. Triste de penser à son collègue qui la détestait. Triste de penser qu’elle était à nouveau toute seule dans ce grand bureau. Triste de se sentir si isolée.
Elle aurait voulu voir Ivan mais elle ne savait pas si c’était à cause de ce sentiment d’isolement ou une envie réelle.
Elle voulait pleurer, se faire consoler mais qui le ferait ?
Prenant sa tête dans ses mains, elle se laissa aller aux larmes de sang qui se pressaient derrière ses paupières closes.


Le bruit d’une porte qui s’ouvre fit sursauter Ombeline. Elle essuya rapidement ses yeux et se retrouva nez à nez avec Severus Rogue en personne.
Celui-ci la regardait d’une dôle de manière et Ombeline ne sut déchiffrer l’expression de son visage à cet instant.

Lorsqu’il prit la parole, c’était d’une voix plus douce qu’à l’habitude.
-Vous devez mal dormir ici. Il fait froid la nuit. Je vais vous mettre un lit dans ma chambre.
Surprise, Ombeline resta immobile lorsqu’il entra dans sa chambre.
La voix de Severus la fit sursauter.
-Si vous ne venez pas, vous resterez dormir sur ce canapé !
Elle obéit alors, incapable de la moindre pensée cohérente – sûrement à cause de la fatigue pensa t’elle.


Lorsqu’elle pénétra dans cette pièce inconnue, elle ne put s’empêcher de frissonner à la vue du grand lit à baldaquins verts sombres et aux draps de satin noir. Elle détailla rapidement le mobilier, constitué d’une grande penderie en chêne massif, d’une petite table de nuit et d’un grand coffre de bois noir sertit d’argent. Un grand tapis sombre couvrait le sol, pas loin d’une vaste cheminée au linteau gravé de gargouilles grimaçantes.
Son regard fut attiré par une photo encadrée au dessus de la cheminée, représentant une belle femme blonde aux yeux verts tenant un bébé dans ses bras qui agitait les mains avec un air joyeux. La femme semblait rayonnante et Ombeline la trouva très belle.
Qui cela pouvait-il être ? La sœur de Rogue ? Sa femme peut être…

Elle fut tirée de sa rêverie par Severus.
- J’aimerais que vous cessiez de fixer cette photo. Votre lit est prêt.
Le ton était suffisamment froid pour faire obtempérer Ombeline qui se tourna vers lui. En rencontrant les prunelles sombres de l’homme, elle se reprit à rougir en songeant encore une fois à son corps nu.
-Excusez-moi ; dit-elle sobrement. Merci pour le lit.
Rogue haussa les épaules et Ombeline s’assit sur le matelas installé à même le sol, dans le coin opposé à son propre lit, comme si le professeur avait craint qu’Ombeline lui saute dessus dans son sommeil si leurs lits avaient été plus proches.

Plus une parole ne fut prononcée et d’un geste de sa baguette, Severus alluma un feu dans la cheminée.
Au bout d’un moment, Ombeline se rendit dans la salle de bain et Severus resta seul.
Il s’approcha de la photo sur la cheminée et la contempla longuement avant de dire d’une voix nostalgique.
-Ne me blâme pas ma reine. Je veux juste la démasquer.

En s’asseyant dans son lit, il ne remarqua pas Naaline qui se faufilait hors de la pièce, un petit rire s’échappant de sa gorge de félin.

Lorsque Ombeline rentra dans la chambre, Severus était assis dans son lit et lisait tranquillement un livre de potion.
Elle s’installa à son tour pudiquement sous les draps afin de dissimuler sa courte nuisette rouge sang. Allongée, elle détaillait le visage impassible du Maître des Potions et le trouva en fait assez séduisant.

Elle s’endormis sur cette pensée.



***



Quelque part dans Poudlard Naaline retrouva Silmaria et toutes deux se saluèrent avant que la chatte ferme les yeux et que de son front parte les cinq filins argentés qui devaient relier les cinq élus dont le destin allait être de nouveau bouleversé.

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Sam 17 Sep - 20:21

héhé voici deux chapitres bien longs avec beaucoup de retard!! snif, pardoooon!!!


Chapitre 9 : Abandonés :




Elwin lança un violent coup de poing sur le mur derrière lui. Du sang noir se répandit sur sa main mais il n’y accorda aucune importance. Témoin involontaire de la rage qui consumait le démon, un chat partit se cacher derrière un bosquet en feulant d’indignation.
Elwin inspira à fond pour tenter de recouvrir son sang froid.

-Mais quel CRETIN !
Qu’est-ce qui lui prenait de faire une scène à Ivan ? Après tout ils n’étaient pas mariés ; le Vampire pouvait bien aimer qui il voulait.
-Oui, mais tout de même, de là à préférer cette fille… souffla une voix pernicieuse à son oreille.
-Non, il fait ce qu’il veut, ce n’est pas mon problème. Ce n’est plus mon problème ; répliqua t’il à la voix désagréable qui avait pourtant des accents de vérité.
-Après tout ce que vous avez partagé ?
-…
-Il dit t’aimer aussi mais s’il mentait pour te garder de son côté ?
-Non, il ne me ment pas !
-En es-tu si sûr ? Pense à tout ce que tu as sacrifié depuis ton invocation : ton rang de prince, tes alliés, l’estime de ceux de ta race… Et lui ? Que t’offre t’il en échange ?
-Son affection, sa tendresse et son amour ; défia Elwin.
-Vraiment ? Ce ne serait pas plutôt son besoin de ne pas être seul qui le pousse à ça ? répliqua cruellement la voix, reprenant les propres mots du démon.
-…
-Tu es maintenant hors la loi, sans alliés, solitaire et, pire que tout, amoureux ! Tout ça pour les beaux yeux d’un Vampire de seconde zone, incapable de mener à bien ses plans.
-Arrête ! Tais-toi ! supplia Elwin en plaquant ses mains sur ses oreilles et fermant les yeux.
-… Ce stupide Vampire qui ne sait rien des Grands Secrets et des Prophéties et qui te tourne la tête…
-Silence ! Ca suffit !
-… Qui ne fait que t’utiliser pour mieux te jeter…
-ASSEZ ! rugit le démon, ce qui fit taire l’horrible voix, à son grand soulagement.

Lorsqu’il put se concentrer sur autre chose que son débat intérieur, il remarqua pour la première fois où il se trouvait. Il s’était inconsciemment dirigé vers l’ancienne retraite d’Ange, celle qu’elle avait occupée pendant quinze ans après la mort de Sirius Black.


Il étira les longues ailes membraneuses qui couvraient son dos et les agita pour les dégourdir un peu. Il avait dut rester longuement dans la même position, tout occupé à ses pensées car la nuit tirait sur sa fin. Les ailes se résorbèrent doucement, comme si elles se fondaient à nouveau dans sa colonne vertébrale.
Pivotant sur lui-même, il observa la vieille maison dont les murs étaient entièrement recouverts de vigne vierge. On sentait que la fin de l’été approchait, les feuilles se tâchant d’or et de rouge par endroits.

Derrière de lointaines collines d’un bleu très sombre, le ciel commençait à peine à s’éclaircir, bien que la plupart des étoiles aient déjà déserté la voûte céleste.
Il savoura la fraîcheur de l’air sur son visage fatigué, laissant échapper un soupir. Il contempla les quelques nappes de brumes qui s’étendaient sur des champs de maïs s’élevant haut, des champs de blé déjà moissonnés et sur quelques parcelles boisées où des oiseaux commençaient à éveiller le monde de leurs chants.
Il aimait cette heure où la nuit n’était pas tout à fait enfuie et où le jour n’était pas encore levé.
Les couleurs étaient présentes mais étrangement ternies, voilées par la teinte grisâtre environnante et cela avait un côté mélancolique. C’était comme si les cieux hésitaient à laisser revenir la lumière.

Elwin resta là, debout, jusqu’à ce que le soleil soit complètement levé. Alors il pénétra dans l’ancestrale demeure, désormais à l’abandon, pour pouvoir méditer à son aise.

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Sam 17 Sep - 20:21

***



La petite fille blonde ferma les yeux très fort en serrant sa poupée contre son cœur, des larmes s’échappaient de ses grands yeux encore innocents. Elle sanglotait face à sa mère qui s’était agenouillée pour avoir son visage à sa hauteur.

-Ecoute ma chérie, le gentil monsieur et la gentille dame vont t’emmener chez eux et…
-Tu ne m’aimes plus parce que je suis bizarre ! pleura l’enfant.
La mère eut un regard triste et la pris dans ses bras, caressant les cheveux d’or et embrassant le front d’ivoire.
-Maman t’aime toujours, ma puce. Tu n’es pas bizarre, tu es juste différente et c’est bien. Cependant, il faut que tu fasses attention car si tu montres que tu as tous ces pouvoirs, les autres enfants seront jaloux et essaieront de te faire du mal, comme l’autre jour.
-Je ne voulais pas lui faire de mal mais il a voulu me faire manger une limace et m’a tapé. Je ne voulais pas…
-Je sais, mon ange. Mais tu dois aller quelque temps dans une autre école parce que les gens ne comprennent pas ça. Ils croient que tu as fait exprès de lui retirer tous les os du corps, même si tu ne l’as pas touché.
-A l’école, on m’appelle « sorcière… » continua de sangloter la belle enfant.
-Ils ne savent pas ce qu’ils disent. Tu n’es pas une vilaine sorcière, tu es un bel ange. N’oublie pas que tu as des pouvoirs qui sont capable de faire plein de choses merveilleuses. Je t’aime fort, seulement tu dois aller quelque temps avec Monsieur et Madame Wild pour que toutes ses histoires se calment. Quand nous viendrons te chercher, tu auras une belle surprise.
L’espoir fit scintiller les yeux de la fillette.
-Une surprise ?
-Oui, mais il faudra que tu sois très sage. Tu me promets ?
- D’accord, maman ! jura la petite fille, maintenant souriante. Tu viendras vite me chercher, hein ?
- C’est bien ma Livia. C’est très bien. Je te le promets.

En se serrant contre sa mère, Livia ne remarqua pas les yeux brillants de larmes contenues de cette dernière. Lorsque leur étreinte cessa, elles descendirent main dans la main dans le salon où le père de Livia discutait d’un air grave mais triomphant avec un jeune couple.
-Alors c’est entendu ? Vous la garderez ?
-Ne vous inquiétez pas, nous la traiterons comme notre propre fille ; dit la jeune femme, assise près de son époux.
Elle était très belle, grande avec de longs cheveux clairs et aux yeux vert sombre.
-Oh ! Et voici Livia, je suppose ? déclara t’elle en voyant entrer la petite fille.
Celle-ci renifla et se colla contre les jambes de sa mère, son regard exprimant la crainte.
-Et bien ? Tu as perdu ta langue ? lui lança durement son père.
Livia eut un sursaut et s’empressa d’exécuter une révérence maladroite.
-Bonjour Monsieur et Madame Wild ; dit-elle rapidement tandis que son paternel la fusillait du regard.
La femme et l’homme lui firent un sourire empreint de douceur et ils se levèrent.
-Ravis de te rencontrer, Livia. Je m’appelle Jack et voici ma femme, Lena. Tu viens avec nous ?
Livia hocha la tête en signe d’approbation.
-Bien. Nous allons vous laisser vous dire au revoir tranquillement. Nous allons attendre dans la voiture.


Lorsqu’ils furent seuls le père de Livia, s’exclama d’une voix glacée :
-Tu as intérêt à bien te comporter là bas, sinon…
-Il suffit, Jean, je lui aie parlé ; trancha la mère.
-Au revoir papa, au revoir maman ; murmura Livia, sentant des larmes recommencer à couler sur ses joues.
-Au revoir ma chérie.
Le père de l’enfant ne prit même pas la peine de lui répondre et se saisit de la malle contenant les quelques effets de la petite fille, qu’il traîna jusqu’à la voiture des Wild.



Installée sur la banquette arrière, Livia regarda longtemps ses parents disparaître petit à petit tandis que le véhicule remontait dans sa rue. Elle les perdit de vue à une bifurcation et pinça fort ses lèvres pour ne pas pleurer.
-Je t’attendrais maman, tu m’as promis…murmura t’elle.



***



Severus se mis à faire les cent pas dans son bureau.
Il n’était même pas cinq heures du matin et il venait de se réveiller en larmes à cause d’un rêve mettant en scène l’enfance de sa femme.
Il s’assit finalement sur le canapé, des plis soucieux apparaissant sur son front tandis qu’il fronçait les sourcils.
Il ignorait ce qui lui arrivait. Pourquoi rêvait-il ainsi de la vie de Livia ?
C’était si étrange… Elle ne lui avait jamais dit quoi que ce soit sur son enfance et voilà qu’il faisait ces songes très particuliers.

Il se sentait idiot d’accorder tant de fois à ces rêves, qui n’étaient sans doute que chimères. Alors pourquoi est-ce que cela semblait si réel, si plausible ? Et surtout, pourquoi cela commençait maintenant que Voldemort était de retour ?
Il avait souvent revu Livia dans son sommeil par le passé mais c’était surtout dans des bribes de souvenirs un peu flous avec, parfois, son enfant, Eric.
Il se sentait fatigué et perdu. Il voulait pouvoir en parler avec quelqu’un de confiance, quelqu’un qui le comprendrait, mais qui ?

Tout à coup, il étouffa une exclamation.
-Comment n’y ais-je pas pensé plus tôt ! Célia !


Aussitôt, il fit apparaître une plume et du parchemin et commença à rédiger une lettre de son écriture rapide et anguleuse.

« Chère Célia ;
Comment vas-tu ? Pour ma part je ne crois pas que cela aille très fort. Je fais de plus en plus souvent un rêve étrange où je vois Livia enfant. Elle ne m’a jamais parlé de son enfance, comme je te l’avais déjà dit. Tu n’as pas voulu le faire non plus en me disant que si elle ne m’en parlait pas c’était qu’elle avait de bonnes raisons. Je ne te demande pas de trahir ses secrets, je la respecte encore trop, même décédée (comme ce mot est dur à écrire), pour chercher à violer son jardin secret.
Cependant, il faut que je sache si ces rêves sont réels ou je sens que je vais devenir fou.

Cela doit te paraître étrange mais je suis perdu.
Lena était-elle vraiment sa mère biologique ? A t’elle vécut avant dans une autre famille ? Apparemment, elle aurait retiré tous les os du corps d’un camarade de classe parce qu’il se moquait d’elle et ses parents l’ont fait adopter par ta mère suite à cette histoire.
Je ne fais que te raconter ce que j’ai vu dans mon rêve cette nuit. Désolé si cela s’avère faux.
J’ai également vu, dans mon premier rêve, un étrange homme avec des yeux et des cheveux rouges et une croix noire sur la joue. Il lui parlait comme s’il la connaissait, lui disait qu’elle aurait un grand destin.
Elle ne n’a jamais évoqué cet homme et je me demande si tout cela est vrai ou si j’ai définitivement perdu la tête.
Sa mort nous a tous plus ou moins affecté mais il me semble que je suis le seul à être incapable de tourner la page. Tu sais à quel point elle m’était chère et, aujourd’hui, sa présence me fait cruellement défaut.
Tu-Sais-Qui est plus actif que jamais et les tueries se multiplient. Y participer me rends malade. Je crois que je suis à bout de force.
Dumbledore vient d’engager une femme pour être mon assistante cette année. Elle ressemble de façon tellement troublante à ta sœur que j’ai peur de ne pouvoir tenir le vœu que j’ai fait à la mort d’Eric et de Livia.
Oh ! Je sais ce que tu diras ! Que Livia n’aurait pas voulu que je me laisse dépérir.
Je ne peux malheureusement pas me sortir son image de la tête et je me prends parfois à espérer qu’elle ait survécu et qu’elle attende son heure quelque part. Après tout, elle était Vampire et une sorcière hors normes…
Je suis navré de te déranger et de remuer toutes ces choses.
Bien à toi ;
Severus »

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Sam 17 Sep - 20:21

Lorsqu’il relut la missive, celle-ci lui parut stupide mais il se décida tout de même à l’envoyer. C’était sa seule chance de comprendre quelque chose à toute cette histoire.


Il sortit furtivement de son bureau et monta jusqu’à la volière, confia la missive à un hibou de l’école et le regarda disparaître dans le ciel encore sombre.
La réponse prendrait sûrement un peu de temps car sa belle-sœur vivait désormais au Canada où elle connaissait un succès phénoménal comme Rock Star dans les milieux Sorciers. Ses chansons passaient sur les ondes et on s’arrachait ses places de concert.
Il sourit à cette pensée, heureux que la jeune femme ait trouvé un exécutoire à sa tristesse et au vide que la mort de sa sœur avait laissé. Elle était fiancée avec le guitariste de son groupe, un homme de son âge, tatoué et percé de partout et elle-même avait un style un peu punk qui lui donnait un côté rebelle. Elle était loin de la petite fille discrète et réservée que Severus avait connu. La dernière fois qu’il l’avait vu, il ne l’avait pas reconnu tout de suite.

Il eut un petit sourire en repensant à cette rencontre et il souhaita pouvoir revoir bientôt la jeune femme qu’il appréciait.



Il entra dans sa chambre et s’assit sur son lit, incapable de se rendormir. Il s’empara du livre qu’il lisait en ce moment après avoir jeté un petit coup d’œil à la forme endormie d’Ombeline.
Il l’observa s’agiter un peu dans son sommeil et se demanda à quoi pouvais bien rêver sa collègue.
Apparemment, elle faisait un cauchemar car il l’entendis marmonner des propos incohérents où il ne capta que quelques bribes de mots.
Ombeline poussa un gémissement qui se mua en sanglot qui la fit frissonner tout entière et Severus sentit son cœur se serrer un peu.
Il se leva sans bruits et s’approcha du matelas où reposait la jeune fille.
Il vit son visage sans défauts se crisper sous la douleur et son corps fin s’arc-bouter quelques secondes au-dessus du matelas.
Quelques perles d’une sueur légèrement rougeâtre glissèrent sur son front et Severus sentit ses soupçons devenir de plus en plus réels.
Elle était un Vampire, il en était presque sûr. Cependant, il lui en fallait la certitude absolue pour la confondre et la tenir en son pouvoir.
Lentement, très lentement, il tendis la main et toucha le visage de glace d’Ombeline qui frissonnait toujours de manière incontrôlée.

Severus ressentit un pincement au ventre quand ses doigts rencontrèrent cette peau d’une douceur exquise.
Elle était si semblable à sa Livia… Tellement semblable…
Il approcha son visage de celui qu’il tenait entre ses doigts avec une affreuse lenteur.
Il fit glisser sa main dans l’ébène de cette chevelure étalée sur les coussins.
Ses lèvres, son corps entier était animé d’une vie propre et Severus eut un instant de panique.
Celui-ci passa dès qu’il rencontra deux yeux verts qui le fixait d’un air un peu hagard et effrayé.
Il promena sa main sur la joue d’Ombeline et se pencha pour lui chuchoter presque tendrement :
-Vous faisiez un cauchemar…
Severus se délecta de l’expression d’incompréhension qu’elle eut à cet instant.
La respiration d’Ombeline s’accéléra brusquement et ses pupilles dilatées trahissaient son émoi. Une vive rougeur colorait ses joues.
Elle se sentait incapable de prononcer le moindre mot. Elle détailla le visage du Maître des Potions, ses lèvres fines qui esquissaient un petit sourire amusé, ses yeux comme deux puits noirs qui semblait brûler à cet instant d’une flamme ardente, la chaleur de son corps contre son flanc et ses mains, longues, fines, délicates qui lui caressait le visage.

Elle ferma les yeux, se laissant faire, acceptant ce moment étrange, savourant la douceur qu’il lui offrait et qui contrastait avec la rudesse dont il n’avait pas cessé de faire preuve envers elle.

Severus eut un rictus lorsqu’il la vit s’abandonner. Il arriverait à la démasquer, il en était sûr mais avant de la dénoncer et de la faire tomber, il pourrait s’amuser avec elle…

Il ne put voir Naaline sauter sur son lit avec un soupir triste. La créature s’allongea et observa l’expression de Severus en dodelinant de la tête d’un air désapprobateur.
Elle regarda la photo au-dessus de la cheminée où Livia et Eric lui faisaient de grands signes et une larme qui semblait faite de lumière, à l’instar du corps de Naaline, glissa jusqu’au matelas où elle était installée. Là, elle brilla un instant avant de disparaître et la chatte sortit de la pièce, imprimant volontairement une douce mélancolie dans l’esprit de Severus.

Le regard de celui-ci changea du tout au tout, il se pencha un peu plus et ses lèvres vinrent caresser celles d’Ombeline pendant quelques instants magiques.
Puis il se redressa et alla s’installer dans son bureau, laissant derrière lui une Ombeline hagarde.


***



Remus et Harry se hâtaient pour rejoindre la gare de King Cross. Personne n’accompagnait le Survivant pour prendre le train cette année là, à l’exception du loup-garou.

La veille, Harry avait acheté ses fournitures sur le Chemin de Traverse et en était revenu d’humeur très maussade à l’image du ciel plombé par de lourds nuages.
Partout où il allait, chacun le pointait du doigt en chuchotant et, même s’il était habitué, cela l’avait agacé au plus haut point.
Maintenant que le retour de Voldemort était officiel, la communauté sorcière vivait dans l’angoisse et tout le monde se tournait vers le Sauveur qu’ils avaient pourtant été les premiers à dénigrer pendant toute une année.
La rancœur avait laissé un goût amer dans la bouche d’Harry et ce n’était pas son retour à Poudlard qui allait le dérider.
De toutes les vacances, il n’avait eut qu’une seule lettre de Ron et d’Hermione où ils lui disaient qu’ils passaient de super vacances au Terrier et qu’ils ne pouvaient malheureusement pas lui en dire plus.
Il en avait parlé avec Remus et celui-ci lui avait dit de ne pas s’inquiéter, que tout rentrerait dans l’ordre mais Harry n’arrivait pas à se débarrasser de l’impression de trahison qui couvait dans son esprit.
Pour ne rien arranger, une petite bruine se mis à tomber tandis qu’il marchait et il entendis Remus soupirer.
- Qu’y a t’il ? demanda Harry en tournant son regard vers son compagnon.
-Rien, je repensais à mon rêve de cette nuit… J’ai encore rêvé de l’enfance de Livia…
-Moi aussi ; dit simplement le jeune homme en fronçant les sourcils. J’aimerais bien comprendre pourquoi nous faisons ce rêve.
-Ange m’a dit que nous ne sommes pas les seuls à faire ce rêve. Elle le fait aussi, tout comme Severus. Elle sait pourquoi nous le faisons mais elle n’a pas voulu nous en dire plus.

L’homme fronça les sourcils, un peu irrité de ne pas avoir été mis dans la confidence.
-Bah ! Nous verrons bien ; dit Harry en haussant les épaules.
Les deux compagnons marchèrent en silence un moment.
Harry était perdu dans ses pensées.
Pour la première fois de sa vie, devoir retourner à Poudlard lui pesait. Il n’avait pas envie de se voir encore pointer du doigt chaque fois qu’il bougeait et il ne voulait même pas revoir ses deux meilleurs amis, leur en voulant de l’avoir laissé tombé cet été.
En plus, il sentait que Remus était malheureux. Ils s’étaient considérablement rapprochés durant le séjour d’Harry dans l’ancienne maison des Blacks et l’un comme l’autre avait besoin de réconfort suite à la mort de Sirius. Réconfort qu’ils avaient trouvé en discutant ensemble et en affrontant tous les deux cette épreuve.
Remus était toujours de bon conseil et arrivait à apaiser Harry. De son côté, ce dernier amenait un peu de vie dans cette grande demeure qui était maintenant presque toujours vide, l’Ordre du Phénix ayant changé de quartier général et mis à part Buck, Remus n’avait personne à qui parler.


Lorsqu’il passa par le passage entre les voix neuf et dix de la gare, Harry eut l’impression qu’on lui avait retiré le cœur et c’est le visage fermé qu’il longea le quai pour pouvoir monter dans l’un des wagons – le moins bondé.
Remus l’aida à hisser sa lourde malle et lui fit un petit sourire fatigué.
-Bon et bien… dirent-ils d’une même voix, ce qui les fit rire.
-A bientôt, Harry ! Sois prudent ; fit Remus.
-Au revoir ; j’espère que nous nous reverrons vite ; dit Harry avant de monter dans le train tandis que les autres élèves l’imitaient.


Harry regarda son ancien professeur disparaître avant de traîner sa malle jusque dans un compartiment vide, la cage d’Hedwige sous le bras.
Il se laissa tomber sur la banquette et s’abîma dans la contemplation du paysage.
Ron et Hermione devaient être dans le compartiment réservé aux préfets et cette pensée l’agaça.
Il espérait surtout pouvoir faire le voyage seul lorsque la porte du compartiment s’ouvrit, le faisant soupirer intérieurement.
Tournant la tête vers l’intrus, il rencontra le regard gris métallique de Drago Malfoy, dont la silhouette filiforme se dessinait dans l’encadrement de la porte.
-Tiens… Malfoy ! Tes gorilles t’ont laissés tombés ?
-Et toi Potty ? Je ne voix pas la belette et la Sang de Bourbe ; répliqua Drago d’une voix venimeuse.
-Si c’est pour ça que tu es venu, Malefoy, tu peux t’en aller.
La réplique d’Harry avait été dite d’un ton las et le garçon tourna la tête et se plongea à nouveau dans la contemplation du paysage.
Drago fut surpris par le manque d’agressivité dans la voix de sa Némésis et il entra complètement dans le compartiment, fermant la porte derrière lui et hissant sa malle dans le porte baguage, sous le regard surpris d’Harry.
-Je peux savoir ce que tu fais ? Les préfets ont un compartiment, non ? demanda le Survivant d’un ton peu aimable mais tout de même un peu curieux.
-Je ne tiens pas à passer tout le voyage avec ces imbéciles, Potter, et ton compartiment est le seul libre.
-Tu ne veux pas faire le voyage avec tes fans ? répliqua le brun.
-Je pourrais te retourner la question.
Le jeune homme blond s’assit à côté de la vitre, face à Harry qui le dévisageait d’un air de totale incompréhension.


Harry se résigna à la compagnie de son ennemi. Après tout, Drago était silencieux et ne le cherchait visiblement pas.
Il remarqua que le jeune homme avait bien grandi durant l’été et il était désormais presque aussi grand que lui. Par contre, il était toujours aussi mince et cette caractéristique associée à la pâleur de son teint lui donnait un air un peu maladif, presque fragile.

Harry secoua la tête. Depuis quand Malfoy avait-il l’air fragile ?

Il ignorait que son compagnon avait saisit son mouvement de tête et il ne vit pas le petit sourire qui se dessina un instant sur ses lèvres pâles.
Les deux garçons passèrent le voyage sans s’adresser la parole, chacun plongé dans ses propres pensées et ce calme leur fit du bien avant de devoir affronter la cohue extérieure.

Lorsque le train s’arrêta, Harry eut un pincement au cœur mais il n’en montra rien. Il débarqua sa valise et Hedwige sans un mot pour Drago.
La tête lui tournait un peu lorsqu’il monta dans l’une des diligences dont il voyait maintenant les chevaux et se laissa emporter vers Poudlard, déchiré pourtant entre la joie de retrouver ce lieu et sa colère envers tous ceux qui l’occupaient. Au moins, cette année, Hagrid était là.

En entrant dans la Grande Salle, il vit tous les visages se tourner vers lui en chuchotant et il serra les poings. A la table des Gryffondors, Ron et Hermione lui firent signe mais il fit mine de ne pas les voir et il s’installa tout en bout de table, à l’écart, dissuadant du regard tous ceux qui auraient pu vouloir s’approcher de lui.


Il jeta un coup d’œil vers la table des professeurs et repéra deux nouvelles têtes parmi les enseignants qu’il connaissait déjà.
Lorsqu’il regarda Dumbledore, une brusque explosion de colère résonna dans son esprit, l’ébranlant de l’intérieur et il choisit de regarder ailleurs.


Cette année allait être désespérément longue…

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Sam 17 Sep - 20:23

L'un de mes chapitres favoris, le 10eme!!


Chapitre 10 : Être ton ombre :




La cérémonie de Répartition commençait à peine pour les pensionnaires de Poudlard avec plus ou moins d’entrain pour certains.
Harry faisait partit de ceux qui en avaient le moins. Si on avait dû chiffrer son enthousiasme, il aurait sûrement été dans les négatifs, contrairement à sa colère qui, elle, bouillonnait furieusement en lui.
Par chance, les murmures le concernant s’étaient tut pour laisser place à la nouvelle chanson du Choipeau qu’il n’écouta pas pour la première fois en six ans. A quoi bon, maintenant que Voldemort était de retour ? Ce n’était pas l’unité qui risquait de sauver ces idiots ; pensa cruellement Harry. Lui seul était capable de vaincre le Lord Noir.

Tuer ou être tuer…

Cruel dilemme qu’on lui imposait là. Tout aurait été tellement plus simple si son ennemi avait réussit à le tuer par le passé. Il n’aurait pas à supporter tout ça pour des gens qui n’avaient pas eu une once de reconnaissance à son égard et l’avaient traîné dans la boue durant une année entière. Le monde était ingrat, jugea l’adolescent. Ingrat et pourri. A quoi bon…
Harry secoua la tête pour revenir au présent.
Il valait mieux éviter de penser à cela mais comment pouvait-il faire en étant au milieu d’eux ?

Les premières années avaient été réparties sans qu’Harry ne s’en rende compte mais il n’en eut aucun regret.
Personne n’avait osé s’asseoir près de lui, à son grand soulagement et, en tournant la tête, il aperçut Hermione et Ron qui s’embrassaient tendrement.
Cela acheva de le rendre fou de rage pour une raison qu’il ne s’expliquait pas bien.
Lorsqu’il eut mangé du bout des doigts, trop écœuré pour avaler quoi que ce soit, il vit Dumbledore se lever afin de prononcer son habituel discours.

-Mes chers élèves ! Bienvenu en ces murs pour une nouvelle année qui commence. Année qui risque d’être plus difficile encore que toutes les autres car Voldemort est toujours en vie et plus actif que jamais. Nombreux sont ceux d’entre vous qui ont déjà souffert de la perte d’un être cher, cependant, c’est en ces temps de trouble qu’il vous faudra rester fort et surtout rester unis. Vous pouvez avoir peur ! Celui qui ne craindrait pas cette situation serait bien fou mais il faut savoir que le plus grand des pouvoirs réside dans votre cœur. C’est votre cœur qui vous sauvera peut être alors ne le laissez pas être gangrené par la jalousie, la rancœur, la haine ou le désir de vengeance. Malgré le contexte bien triste de votre rentrée, ne perdez pas de vue votre réussite scolaire et laissez moi vous présenter nos deux nouvelles employées : Le professeur Barton qui assurera la Défense contre les Forces du Mal et Ombeline, employée comme assistante du professeur Rogue.

Quelques applaudissements polis retentirent dans la salle mais aucun élève ne semblait vouloir faire d’accueil plus enthousiaste aux deux nouvelles avant qu’elles aient fait leurs preuves.

Harry se sentit encore plus déprimé – si c’était possible – par le discours de Dumbledore. Comment pouvait-il ne pas ressentir de rancœur ou de jalousie ?
C’était pratiquement impossible.
L’aspect de la femme chargée d’enseigner la Défense contre les Forces du Mal ne lui disait rien qui vaille.


Vêtue d’une cape rapiécée et d’une robe de sorcier d’un noir délavé, elle faisait pâle figure à côté de la tenue impeccable des autres professeurs. Elle gardait des gants pour manger et n’avait pas levé la tête, même lors des quelques applaudissements. Elle se penchait de temps en temps vers sa voisine, l’assistante du professeur Rogue.

Harry se demanda quelle personne saine d’esprit pourrait vouloir assister Rogue dans ses préparations en connaissant son caractère. Repérant le Maître des Potions, il remarqua que celui-ci arborait un air songeur, caressant ses lèvres de sa fourchette, semblant ne voir personne et avoir oublié que la salle était pleine de monde. Le jeune garçon se demanda brièvement ce qui pouvait le tracasser à ce point
Peut-être était-il en train de calculer depuis combien de temps il ne s’était pas lavé les cheveux et cela prenait longtemps parce que ça remontait à des années; pensa méchamment Harry avant de reporter son attention sur la dénommée Ombeline.
Cette dernière était belle aux yeux du Survivant, avec ses cheveux sombres et sa peau qu’on devinait fine et presque parfaite, ses mouvements nourris d’élégance et de grâce.



Bientôt le dîner pris fin et les élèves commencèrent à remonter dans leurs dortoirs respectifs.
Pris par ses pensées, Harry ne vit que Drago Malfoy avait passé le repas tout aussi isolé que lui et qu’il était, à son instar, l’un des derniers à quitter la pièce.
Las, il décida de ne pas monter dans le dortoir ce soir et il se moquait des conséquences.
C’est ainsi qu’il se retrouva dehors, assit sous un arbre pour se protéger médiocrement de la petite pluie fine qui tombait toujours, plus tourmenté que jamais.



***



Ombeline ne souffla que lorsque le repas du soir cessa enfin. Elle avait un mal de tête atroce et chaque bruit résonnaient douloureusement à ses tympans.
Elle avait également passé sa journée à éviter Severus – à moins que ce ne soit lui qui l’avait fait – à cause du baiser qu’il lui avait volé ce matin même.
Durant tout le jour, elle avait tourné et retourné la situation dans tous les sens sans trouver de raison à cet acte singulier, ce qui la rendait folle d’incompréhension.

Elle se dirigea vers le parc d’une démarche silencieuse. La seule chose qui pourrait peut être la calmer un peu et apaiser sa migraine était du sang humain.
Elle devait s’en procurer quelque part et le plus tôt serait le mieux.
Prenant sa métamorphose habituelle, elle fila vers le nord, cherchant un village suffisamment éloigné de Poudlard et isolé.
Elle en trouva un à une heure de vol et se jeta avec soulagement sur la première proie potentielle qui passa, se rassasiant du liquide carmin, réchauffant ses membres et emplissant son esprit d’un bien être incomparable.


Lorsqu’elle fut de retour dans le parc du château, elle s’arrêta un peu pour réfléchir. Devait-elle parler à Severus ? La réponse était évidente, elle le devait. Seulement, que pourrait-elle lui dire ?
Ombeline se sentit soudain très fatiguée et aussi un peu stupide.
Elle aurait dut le repousser, lui crier dessus, le mordre ou n’importe quoi plutôt que se cacher durant toute la journée comme une adolescente effarouchée. Pourtant, elle n’avait pas eu le courage de le rejeter ; lorsqu’il l’avait embrassé, si fugacement, elle avait sentit son cœur exploser d’une sensation inconnue, délicieuse et douloureuse à la fois. Et maintenant, elle ne pensait plus qu’à une chose : qu’il recommence.
Les baisers d’Ivan n’avaient pas cette intensité, ce goût spécial comme un mélange doux-amer de haine et de désir.

Trop de questions se pressaient dans sa tête et elle savait qu’elle ne pourrait éviter éternellement de se retrouver seule avec lui. Une part d’elle-même espérait de tout cœur que ses appartements personnels ne seraient pas prêts avant longtemps…

Un bruit infime la sortit de ses pensées, la surprenant.
Elle pivota sur elle-même et repéra la cause de ce son incongru, ce sanglot. Elle vit un jeune homme aux cheveux en bataille, trempé par la pluie, assit sur la pelouse sa tête entre ses bras, recroquevillé sur sa douleur. Il n’était qu’à quelques pas d’Ombeline mais ne l’avait pas encore vu.
La Vampire hésita. Devait-elle le déranger ou bien rentrer se coucher comme si de rien n’était ? L’idée que Severus serait aussi dans la chambre, la fit pencher pour la première solution.
Elle s’approcha du garçon et murmura avec douceur, pour ne pas l’effrayer :
-Bonsoir.

Harry eut un mouvement de surprise et lorsque son regard rencontra celui de l’assistante de Rogue, il crut sa dernière heure arrivée.

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MessageSujet: Re: The dark side of the moon et la suite....   Sam 17 Sep - 20:23

Il allait sûrement avoir une retenue pour être dehors sans autorisation et devrait affronter ses camarades de maison pour avoir fait perdre des points à Gryffondor.
Son abattement devait se lire sur son visage car la jeune femme ne fit que s’asseoir près de lui, le guettant sans animosité.
-Vous semblez bien en peine… déclara Ombeline de sa voix toujours aussi calme et rassurante.
-Je… Non, ça va… mentit Harry, gêné par les yeux émeraude qui le fixaient.

Des yeux d’ailleurs très semblables aux siens… Elle était vraiment belle, maintenant qu’il la voyait de près. Elle était tout aussi trempée que lui et il se dit qu’elle devait avoir du chagrin pour rester, elle aussi, dehors par ce temps.
Ombeline eut un léger sourire. Ce garçon était plutôt mignon et timide. Elle repéra la fameuse cicatrice en forme d’éclair sur le front de son interlocuteur mais elle ignorait ce que signifiait cette singulière balafre.
-Je m’appelle Ombeline, et vous ?
-Harry Potter… Vous êtes l’assistante de Rogue, n’est-ce pas ? Pourquoi n’êtes vous pas professeur ?
Les questions du jeune homme firent se fermer le visage d’Ombeline mais elle y répondit en essayant de ne pas montrer son trouble à l’entente du simple nom de Severus.
-Oui, je suis son assistante. Je n’avais pas le choix, tous les autres postes étaient pris et j’avais grandement besoin d’un travail et le directeur s’est montré étonnamment enthousiaste lorsqu’il a créé cette fonction pour moi, je ne pouvais qu’accepter.
-Vous êtes contente de votre travail ?
Ombeline mis un moment avant de dire presque à regret :
-Oui.

Harry n’insista pas, visiblement la jeune femme ne voulait pas aborder le sujet.
Elle était mystérieuse… De plus, il avait l’étrange sensation qu’il l’avait déjà vue…
Soudain, alors qu’elle tournait la tête, il aperçut un très mince filet de sang à la commissure de ses lèvres, déjà un peu coagulé mais était tout de même frais et cela l’effraya un peu. Elle était inquiétante dans la quasi-obscurité de l’extérieur et il se demanda ce qu’elle avait fait avant de venir lui parler.

- D’où vient votre cicatrice ? demanda tout à coup Ombeline, curieuse par nature.
Harry resta un instant sous le choc. Personne jusqu’ici n’avait ignoré qui il était ni posé de question pour savoir ce qu’était cette cicatrice…
Bizarrement, cela lui réchauffa le cœur de savoir qu’on pouvait lui parler juste pour lui-même et pas en tant que sauveur du monde sorcier, alors il répondit :
- C’est Voldemort qui me l’a faite quand j’étais bébé…
Il eut un silence pendant lequel Ombeline parut fouiller au plus profond de sa mémoire. Puis elle dit simplement :
-Je crois que j’ai vaguement entendu Dumbledore parler de vous une fois. Une histoire selon laquelle vous auriez résisté au sort mortel lancé par Voldemort et que celui ci l’avait détruit, lui, et non vous comme prévu. Depuis vous n’arrêtez pas de le tenir en échec. Cependant je ne m’attendais pas à rencontrer quelqu’un d’aussi célèbre que vous en train de pleurer ici.
Harry sentit son cœur sombrer dans sa poitrine et il s’écria avec plus de véhémence qu’il ne l’aurait voulu :
-Vous croyez que la célébrité est bénéfique ? Je ne peux pas faire un pas sans que se soit rapporté dans toute l’école, dés que je parle c’est inscrit dans la Gazette, si je pleure, on me plaint, si je me révolte, on dit que je suis fou, si j’ai des visions à cause de ma cicatrice, on me traite de menteur ! Vous trouvez ça bien, vous ? Vous n’avez qu’à devenir célèbre si vous croyez que vous n’aurez plus jamais à souffrir ensuite !

-Là vous devenez agressif ; constata tranquillement Ombeline. J’ignore tout de la célébrité et ne vous connaissait pas avant ce jour. Alors excusez mon ignorance de votre histoire. Je me suis assise près de vous car vous faisiez simplement échos à ma propre solitude, pas parce que vous êtes célèbre ou je ne sais quoi.

Le Gryffondor se sentit tout à coup penaud, s’en voulant de s’être emporté contre Ombeline et il s’excusa d’une voix timide.
-Je suis désolé de vous avoir répondu ainsi, je suis un peu à cran…
-Voilà un bel euphémisme ! Je pense que vous êtes à votre point d’ébullition et que personne n’a remarqué votre détresse, vous faisant bouillir encore plus.
Harry resta coi, heureux que cette femme ait compris la vérité. Sa présence lui faisait du bien, le calmant, comme celle de Remus et il ne s’expliquait pas pourquoi.
Il avait une irrésistible envie de confier ses tracas intérieurs à Ombeline mais un peu de crainte le retenait.
-Vous avez raison ; avoua t’il. Vous, au moins, vous comprenez les autres…
Ombeline lui fit un grand sourire et Harry sentit son cœur rater quelques battements lorsqu’il vit les canines longues et coupantes qui dépassaient de ses lèvres rosées.
La Vampire parut s’apercevoir de sa bêtise car elle cessa de sourire, son regard désormais inquiet et redoutable, celui d’un prédateur acculé.


D’un bond Harry fut sur ses pieds, tenant d’une main ferme sa baguette magique pointée sur la poitrine d’Ombeline.
-Vous êtes un Vampire ! gronda Harry, hors de lui. Vous n’êtes là que pour tuer ! Vous essayiez de m’endormir avec vos sales paroles ! Je me rappelle maintenant où je vous ai vu, c’était dans la ruelle près du Chaudron Baveur et là aussi vous vouliez me tuer !
Il fut coupé par le rire d’Ombeline, déstabilisé de la voir rire et rire encore. Il ne baissa pas sa baguette, soupçonnant une ruse. Mais Ombeline se calma pour dire d’un air amusé :
-Tu es tellement peu perspicace comme Mortel ! Crois-tu que je discute avec mes proies ? Crois-tu que si je voulais te tuer, tu pourrais faire quelque chose ? Je suis immortelle et aucun de tes petits sorts ne peut m’atteindre.
-Même un sort de feu ? fit Harry avec un rictus, sûr de lui et prêt à en découdre.
-Même un sort de feu. Je bouge près de mille fois plus vite que toi, si je voulais, je serais quasiment invisible à tes yeux. Tu ne pourras m’atteindre.
-Que faites-vous à Poudlard ? Répondez !
-Je pourrais t’en parler mais dans une conversation plus aimable que celle-ci. Assis-toi.
-VOUS CROYEZ VRAIMENT QUE JE VAIS VOUS FAIRE CONFIANCE ? JE SUIS SÛR QUE VOLDEMORT VOUS ENVOIS ! VOUS N’ÊTES QU’UNE CREATURE MALEFIQUE !
Harry avait crié, ses nerfs malmenés depuis quelque temps venaient de lâcher brusquement, le mettant dans une fureur terrible. Une fureur telle qu’une grosse boule de feu violette sortit de sa baguette, fonçant droit vers la Vampire.
Mais celle ci avait disparut et le sort alla s’éteindre dans l’eau du lac.
Harry eut beau tourner la tête de tous les côtés, il ne parvenait plus à distinguer la présence de la femme. Brusquement il se mit à suffoquer, une main invisible serrant sa gorge et il sentit son dos heurter le bois du tronc d’arbre derrière lui, déversant une douleur sourde dans tout son corps, ses vertèbres craquant sous le choc.
Ombeline fut de nouveau visible, le tenant d’une seule main. Tout son être était comme transformé, la fureur déformant ses traits. Son visage n’était plus qu’une horrible grimace de rage et ses yeux s’étaient teintés de sang. Même sa voix avait changé, devenant grave, sourde, grondante comme celle d’un animal, une bête.

-Ecoute-moi bien, espèce d’imbécile ! Je ne suis pas au service de ce Voldemort et je ne cherche pas non plus à faire une orgie de sang dans cette école. Si tu veux bien cesser de m’attaquer je te raconterais mais si tu t’obstines, je te briserais la colonne comme du biscuit sec et je doute que tu puisses affronter Voldemort en étant paralysé à vie. Choisis et vite, je ne suis pas d’humeur !


Suffoquant, Harry capitula, réussissant à peine à faire sortir un « oui » étouffé par la pression sur sa gorge.
Ombeline le lâcha, le laissant retomber sur le sol meuble comme un tas de chiffons.
Son visage redevint lisse et paisible et elle s’installa sur le sol, croisant les bras autour de ses genoux, observant Harry qui tentait de se redresser tant bien que mal, la marque des doigts de la Vampire autours de son cou et de la boue plein sa robe de sorcier. Péniblement, il parvint à s’asseoir pas très loin d’elle, redoutant une autre attaque violente.
-Bien, au moins te voilà plus raisonnable. Tu ne m’as pas bien laissé le choix alors je vais te raconter mon histoire pour ne plus que tu m’attaques comme tu l’as fait.
Harry trouva qu’elle avait du culot, c’était elle qui l’avait attaqué le plus violemment mais il se prépara tout de même à écouter.

-Je me suis réveillée, il y a peu, un peu près un mois. J’ignore pourquoi mon corps était plongé dans la léthargie dans laquelle je me trouvais. Il faut savoir que nous autres Vampires sommes capables de nous endormir lorsque notre corps ou notre esprit a trop souffert. Cela nous permet de nous régénérer à l’abri du soleil et dans un endroit plus ou moins sûr. Souvent nous nous enterrons mais garde à celui qui nous déterre car, même plongé dans ce sommeil, nous tuons par réflexe quiconque nous met en danger. Lorsque je me suis donc éveillée, je n’étais plus qu’un monstre, déchirée par une soif qui dépassait tout ce que tu pourrais jamais imaginer. Il m’aurait fallut des semaines d’abreuvement quotidien avec du sang humain mais, par chance, mon créateur était là et son sang m’a rendu toutes mes facultés en quelques minutes. Cependant, il se trouve que je suis amnésique. J’ignore pourquoi. Je suis incapable de me souvenir ce qui a put détruire mon corps au point que je choisisse de tomber dans ce sommeil si proche de la mort. En creusant et retournant tout mon esprit, je n’ai réussit qu’à retirer deux lambeaux de souvenirs : ma haine pour Voldemort et le nom de ce lieu, Poudlard. Je suis sûre que mon créateur, Ivan, sais tout mais il se refuse à m’apprendre quoi que ce soit et il est bien trop puissant pour que je puisse pénétrer son esprit.

A ces mots, Ombeline eut une petite moue déçue et Harry se sentit soudain tout drôle.
Il voulait faire confiance à cette femme mais il ignorait s’il le pouvait vraiment. Il avait échappé à la mort tant de fois… On l’avait si souvent trahis…
Il voulu dire quelque chose mais éternua bruyamment et la Vampire rit un peu avant de lui dire gentiment :
-Tu n’aurais pas dû sortir sous la pluie. Je vais rentrer, tu ferais bien de faire de même.


Elle s’éloigna, un peu mélancolique d’avoir parlé de l’amnésie qui brouillait toujours ses souvenirs et intimidée par la discussion qu’elle devrait avoir avec Severus.




***




Le Maître des Potions était assis à son bureau, penché sur ses copies mais cela faisait longtemps qu’il ne travaillait plus, aspiré dans les limbes de son esprit.
Il ne se sentait pas très bien et avait envie de dormir et ne plus jamais penser cependant, il savait qu’il ne pourrait le faire avant un long moment.
Ombeline voudrait certainement lui parler de l’esquisse de baiser qu’il lui avait volé.
Qu’est-ce qui avait bien put lui passer par la tête ?
Il voulait, certes, la confondre en temps que Vampire seulement, il ne souhaitait pas aller si loin. Pas avec elle, pas après Livia…


Le bruit d’une porte se refermant le tira de ses pensées nébuleuses et il se vit une Ombeline trempée jusqu’aux os, comme imbibée de toute l’eau du ciel, qui le fixait d’un air étrange.
Elle avait l’air perdue, prête à pleurer et, bien que cela l’étonna, Severus désira la prendre dans ses bras et la consoler comme le matin.
La femme respirait vite, supportant mal tous les sentiments contradictoires qui se bousculaient en elle en la perdant un peu plus à chaque fois.
Elle n’avait plus qu’une envie : que l’homme tourné vers elle la serre fort contre lui mais elle savait qu’elle devait dire quelque chose, rompre cet horrible silence.
Severus ne semblait pas décidé à le faire alors elle commença, s’avançant d’un pas pour se donner du courage :
-P… Pourquoi ? Pourquoi m’avoir…

Elle fut incapable de prononcer le mot et Severus la dévisagea d’un air étrange, presque cruel pendant un instant avant de prendre un air plus doux.
Il se leva et s’approcha d’elle, se plaçant à quelques centimètres, la dominant d’une tête et se contentant de cela.
Ombeline crut que ses jambes allaient l’abandonner mais elle soutint les prunelles d’ombres de son compagnon.
Elle ne parvenait jamais à déchiffrer son regard si noir et cela la décevait. Elle se demandait s’il était aussi troublé qu’elle à cet instant. Elle tenta de sa reprendre un peu et dit d’une voix un peu chevrotante malgré ses efforts pour la rendre ferme :
-Répondez… S’il vous plait…
-Vous voulez savoir pourquoi je vous aie embrassé ?
Ombeline fit signe qu’oui.
-Disons simplement que j’en avais envie ; fit Severus d’une voix tranquille.

Il la tenait en son pouvoir. Encore un petit peu et il en serait sûr de la nature Vampirique de son assistante.
-Mais pourquoi ? clama cette dernière, profondément perturbée.
-Cela te dérange autant que cela ? demanda t’il en s’approchant un peu plus, son visage à quelques centimètres de celui d’Ombeline.
Celle ci démentit d’un autre mouvement de tête, incapable de parler.
Severus eut un sourire satisfait et murmura :
-Maintenant dis moi ce que tu veux…
Sa main glissa sur la peau douce du cou de la belle jeune femme, la caressant du pouce et Ombeline chuchota si bas que Severus l’entendit à peine :

-Laisse moi être ton ombre.


Puis elle franchit les quelques centimètres qui la séparaient encore des lèvres de Severus et se laissa transporter au-delà des étoiles par la chaleur de son corps et la tendresse naquit dans son cœur jadis impénétrable.

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